Match Point

Biographie

Amoral : (adjectif) qui est contraire aux mœurs, aux règles admises et pratiquées dans la société. Cela relève également de notre libre arbitre et de notre éducation, nous n’avons pas tous le même degré d’exigences et de justesse. 

Même les Monstres, de Thierry Ilouz

Match Point. C’est ce film de Woody Allen qui m’est venu en tête suite à ma première lecture de Même les Monstres. Pas tant dans le traitement de l’intrigue que sur la définition de la moralité, de l’amoralité. Nous sommes dans un tableau tout en nuances de ce qui est acceptable, de ce qui ne l’est pas. Loin d’une vision manichéenne, et donc simpliste,  des mœurs sociales.

Il y a quelques semaines, j’ai reçu une invitation de la part de la maison d’édition L’Iconoclaste, qui m’était encore inconnue jusqu’à ma lecture de La Vraie Vie, d’Adeline Dieudonné. J’étais conviée à assister à la lecture d’un ouvrage par l’acteur Charles Berling. Cet ouvrage, Même les Monstres de Thierry Illouz. J’ai accepté pour mon plus grand plaisir. Et me suis empressée de me procurer ce livre.

Mon côté scolaire et (autoproclamé) bonne élève ayant tendance à ressortir par moment, j’ai lu avec assiduité cette nouvelle sociale. Et j’ai découvert un auteur, Avocat au barreau d’Amiens, humaniste et humain. Une belle personne, qui part du postulat cher à ma Maman, qu’est celui de la bonté intrinsèque de l’Homme. La société, la famille, l’éducation, le milieu social, sont autant de vecteurs qui peuvent influer, qui peuvent faire basculer. Voici ce qu’en dit le quatrième de couverture : »«Je voudrais que l’on dise ce que vivent les gens, que l’on raconte les quartiers, les immeubles, l’argent qui manque, l’absence de reconnaissance. Je voudrais oser les mots ghetto, stigmatisation, relégation. Je voudrais appeler à la clémence, au doute. Je voudrais que l’on se soucie des abandonnés. » Il est avocat pénaliste depuis trente ans. Enfant des cités, sa vocation est née de son histoire. Et parce que la misère côtoyée par le passé est celle qui fabrique les monstres défendus aujourd’hui, Thierry Illouz lance un appel. Pour qu’enfin on regarde l’autre, dans le box des accusés. Celui qui nous effraie, celui que l’on condamne. Et qu’il est urgent de comprendre. »

J’aime son postulat que les monstres n’existent que dans les livres pour enfants, et qu’ils seraient somme toute trop simple de résumer à un mot les actes qui peuvent nous sembler les plus ignominieux. Je me suis aussi rappelé les mots de mon professeur de droit lors de mes études. Il nous avait expliqué que les cas les plus intéressants pour les avocats étaient aussi les plus amoraux.

J’ai apprécié hier la lecture de cet ouvrage par Charles Berling. C’est la première fois que je me prêtais à l’exercice et je dois dire que j’aimerais le réitérer. Une madeleine de Proust peut être de mes années de petite école, où l’on nous comptait l’histoire avec ferveur. J’ai aimé l’émotion et la pudeur de Thierry Illouz suite à l’écoute de son récit. Les mots justes qu’il avait pour qualifier des maux.

En bref, je vous invite à lire ou à écouter Même les Monstres de Thierry Illouz, ouvrage qui m’aura fait réfléchir et qui nous montre un univers peu connu, tout du moins pour moi, celui des avocats, des juges, de la justice, de l’injustice.

Belle lecture à vous !

Même les Monstres de Thierry Illouz est disponible aux Editions L’Iconoclaste.

 

Le renoncement dans tous choix

Feel Good

Renoncement : (Nom masculin) lorsque l’on cesse de prétendre à quelque chose, que l’on abandonne un droit sur quelque chose. Par choix ou par obligation, ce n’est jamais chose aisée. Surtout lorsque j’ai tâché de renoncer au sucre pendant un mois. Mais pourquoi tant de haine envers moi-même ?

Les femmes formidables à l’heure du choix, Alex Riva

Vous aussi, buvez votre café dans votre bibliothèque !

Tout choix est un renoncement comme se plaît à le dire mon cher Papa. Cette phrase a tendance à profondément m’énerver même si je sais qu’elle n’est malheureusement que trop vraie. Dans une époque du « j’ai vu, je veux, j’achète », du consumérisme et de l’immédiateté, il est toujours compliqué de se dire que rien n’est acquis, même si c’est nécessaire.

C’est dans cette optique que se trouvent nos cinq femmes formidables. Nous les avions laissées la tête pleine de projets et nous les retrouvons deux ans plus tard, à un moment de leurs vies que l’on comprend charnière. Je vous laisse le quatrième de couverture pour vous remettre les idées au clair : « Lorsque vous aviez fait la connaissance d’Emma, Alice, Andréa et Chloé, elles traversaient la fameuse crise de milieu de vie, fatiguées de tout gérer pour tout le monde tout le temps. Partir une semaine en Grèce avait été leur «grève des femmes formidables» et leur avait permis de mieux comprendre ce qui les avait conduites à cette situation, ce dont elles avaient envie et ce sur quoi elles pouvaient agir. À leur retour à Paris, l’imprévu avait décidé de s’en mêler. Pendant les mois qui avaient suivi, chacune avait tenté de mettre en place ses bonnes résolutions tout en intégrant Laurence à leur quatuor. Deux années se sont désormais écoulées, leurs vies ont évolué, pas toujours comme elles l’auraient souhaité, mettant à mal leur amitié et leurs projets. Toutes femmes formidables qu’elles sont, elles vont découvrir à leurs dépens qu’elles ne peuvent pas tout avoir et se retrouver à l’heure des choix. Choix conjugal, choix professionnel, choix familial, rien ne leur sera épargné! »

J’ai eu plaisir à enchaîner les trois romans d’Alex Riva, mais je dois avouer que j’ai eu une petite préférence pour ce dernier opus. Chaque personnage a pris de l’épaisseur et les caractères se font moins lisses, plus affirmés. J’ai toujours eu un faible pour les héros écorchés, ne m’en voulez pas.

A l’instar de L’imprévu s’en mêle, la vie continue à faire sa capricieuse et met à mal nos amies. J’ai beaucoup pensé à l’album La Superbe de Benjamin Biolay, et notamment à son titre Brandt Rhapsodie. Dans ce duo avec Diane Cheral, il nous livre en cinq minutes la rencontre, la passion, l’amour et la destruction d’un couple. Que j’aime ce titre si vrai, si ancré dans la réalité, qui résume bien ce qu’est et peut devenir un couple. La vie de nos héroïnes s’émaillent sur cette chronologie de l’amour désenchanté. Ces dernières vont être confrontées à des choix, qui pour certaines se révèleront devenir des non choix. Par peur de décider, par peur de vivre tout simplement. Je n’en dirai pas plus de peur de trop vous en raconter. Pas d’autres choix que de foncer chez votre libraire de fait !

Ainsi s’achèvent les aventures des femmes formidables à ce jour, mais quelque chose me dit que nous nous sommes simplement dit au revoir et que nous nous retrouverons bientôt.

Belle lecture à vous ! 🎈

Les Femmes Formidables à l’heure du choix, d’Alex Riva est disponible aux Editions Denoël.

Impromptu voire incongru

Feel Good

Incongru : (adjectif) Relatif à une personne ou un être vivant qui ne se comporte pas comme il le devrait. Ou quand la vie se décide à devenir facétieuse et de jouer au chamboule tout avec l’équilibre établi.

Quand l’imprévu s’en mêle, d’Alex Riva

Shokobons et thé detox, trouvez l’intrus !

Même si on essaie de tout prévoir, et de tout anticiper, il arrive que l’imprévu s’en mêle. C’est lorsque la vie est douce et qu’on se dit que rien ne peut nous arriver que souvent le pire nous surprend, comme si nous avions trop baissé notre garde. Que ce bonheur était volé, et que l’équilibre reprenait sa place naturelle.

Ne pensez pas que je sois une pessimiste patentée, car avec le temps, j’ai appris à voir, et surtout à apprécier le verre à moitié plein. Et je sais d’expérience que si les pires choses peuvent arriver au débotté, les meilleures ne sont pas en reste. Ces dernières nous rendront toujours la vie plus belle. Elles sont porteuses de l’espoir d’un lendemain plus rose.

Drôle de manière d’amorcer ma chronique me direz vous, mais cela annonce, grosses mailles, Quand l’imprévu s’en mêle, la suite des aventures des femmes formidables d’Alex Riva.  Et quoi de mieux que le quatrième de couverture pour vous rafraîchir la mémoire : « Après une semaine magique en Grèce, l’heure du retour à Paris et à la réalité a sonné pour Emma, Alice, Andréa et Chloé, nos quatre femmes formidables. Mais pas question pour autant de retomber dans les travers du quotidien. Leur séjour a été l’occasion de nombreuses remises en question, et chacune est bien décidée à reprendre sa vie en main. Pour leurs hommes aussi, cette grève a été l’occasion de réfléchir, et tous semblent prêts à prendre un nouveau départ. Pourtant, pas si simple d’appliquer ses bonnes résolutions lorsque l’imprévu s’en mêle… Nos héroïnes vont devoir modifier leurs plans, d’autant plus que l’une d’elles s’apprête à vivre une terrible épreuve. C’est le moment pour les quatre amies de se serrer les coudes. Et qui sait, l’imprévu, bon comme mauvais, leur réservera peut-être de belles surprises? »

L’imprévu. Cet inconnu dont on aimerait connaître les desseins, et qui a sauté sur nos héroïnes sitôt sorties de leur avion. Cette scène de l’aéroport m’a fait penser à Love Actually et ses scènes de début et de fin, où ce lieu est décrit comme un havre d’amour. Que voulez vous, les fêtes de Noël approchent à grands pas, et cela signe le retour de mon petit cœur de guimauve.

J’ai aimé la tournure qu’Alex Riva donne à ce second roman. La vie de ses héroïnes devient plus réelle, plus concrète. On quitte la parenthèse enchantée dans laquelle elles s’étaient lovées. Le retour à la réalité s’avère assez compliqué pour toutes. Les doutes s’installent à tous les niveaux,  professionnels, amoureux. Une cinquième larronne vient rejoindre notre joyeux quadrille. Ce quintet apporte plus de profondeur au roman, mais également plus de quiproquos.

J’ai, je crois, encore plus apprécié ce second opus, plus réaliste peut-être que le premier, et qui fait de l’amitié sans failles son fer de lance. Je dois le confesser, j’ai déjà bien entamé le troisième roman, Les Femmes Formidables à l’heure du choix. Je vous en reparle très vite !

En attendant, belle lecture à vous ! 🎈

Quand l’imprévu s’en mêle, d’Alex Riva est disponible aux Editions Denoël, et au format de poche aux éditions J’ai Lu.