Noël et contrariétés

Feel Good

Contrariété : (nom féminin) Ennui, dépit causé par l’opposition que l’on rencontre. Surtout si l’on se retrouve l’hôtesse de journée magique qu’est Noël, et que l’on souhaite que tout soit parfait. Comprendre, que chacun des invités aux gouts et personnalités variées voire même diamétralement opposées, soient réjouis des mets et autres décorations proposées. Que le casse tête commence.

L'accro du shopping fête Noël, Sophie Kinsella

Chaque année, je me réjouis de fêter Noël en compagnie de mes proches. D’un sapin joliment décoré et d’une table aux couleurs dorés. Je fais partie de ces grands enfants pour qui le réveillon est magique – je ne suis pas en mesure d’attendre le 25 pour ouvrir mes cadeaux -. Cette période est synonyme de chaleur et d’amour, et de mets raffinés qui me font prendre inexorablement une taille. Ma gourmandise me perdra.

Malgré cette année de merde 2020 qui vient de s’écouler, Noël sera magique, quoiqu’il advienne. Ne ce serait pour voir les yeux embuées des enfants au réveil, yeux qui vont s’émerveiller devant les paquets laissés aux pieds de ses souliers. Surement la dernière année en tant que fervents croyants du Père Noël et de ses lutins.. C’est ainsi que je piétine un peu plus chaque jour à l’ouverture du calendrier de l’avent. Il me tarde de me retrouver dans cette bulle déconnectée du réel. J’ai tout de même été spolié de mon fin chaud et accessoirement du marché qui l’accompagne.

Quand la torpeur de cette période, doublée d’une excitation non feinte de cette période m’enveloppent, certain cède à la panique et frise le burn-out. C’est le cas de notre accro du shopping préférée, Becky Bloomwood, qui voit la préparation de son Noël familial se transformer en véritable sacerdoce. « Notre accro préférée est dans tous ses états : cette année, Noël se fera chez elle ! Et la pression monte encore quand Becky comprend qu’elle va devoir composer avec un entourage exigeant. Ses parents, nouveaux retraités tendance hipsters, rechignent à l’idée de passer les fêtes loin de leur quartier branché ; sa demi-sœur Jess ne voit aucun intérêt à ces célébrations superficielles et consuméristes et exige un menu vegan ; même son mari Luke a l’air plus préoccupé par les demandes très pressantes d’une certaine Nadine pour de curieuses affaires financières que par la course aux cadeaux. Un rude challenge, mais impossible n’est pas Becky ! Décidée à recréer coûte que coûte la magie de Noël, Becky va faire de cette fête un événement inoubliable. Pour le pire, et surtout pour le meilleur… »

Depuis quelques semaines, j’enchaine les lectures plombantes – thrillers et autres enquêtes – qui sied à ravir au mois de Novembre. Pour le salut de mon moral (voire peut être un peu de mon âme), j’ai choisi de faire une pause emprunte de légèreté et de grotesque, toujours avec ce flegme britannique cher à mon cœur. Et cela m’a fait du bien de retrouver Becky et ses idées toutes plus lumineuses les unes que les autres. De sentir le fiasco poindre et de rire de bon cœur quand il arrive enfin, dans une autre forme que celle que nous nous étions imaginée. Des rockeurs en mal de célébrités aux quartier branché de Londres, en passant par un prestigieux club de Billard réservés au nonagénaire de sexe masculin, Becky va être bousculée – et bousculer – les codes pour le meilleur et pour le rire.

Avec l’accro du shopping fête Noel, Sophie Kinsella renoue avec son héroïne fétiche et nous offre une lecture festive et plaisante, d’une famille dysfonctionnelle mais surtout attachante, que je recommande à toutes et tous !

Belle lecture à vous !

L’accro du shopping fête Noël de Sophie Kinsella est disponible aux Editions Belfond

Amants terribles

Thriller psychologique

Passion : (nom féminin) État affectif et intellectuel assez puissant pour dominer la vie mentale, provoquant ainsi un déséquilibre psychologique. La passion – quelque qu’elle soit – est un état de transe inénarrable pour qui ne l’a jamais vécu. Le sel qui rend la vie piquante. Au point dans certain cas de mettre à mal l’équilibre d’une vie, et d’envoyer valser tout ce qui contribuait à un bonheur équilibré.

Un amour parfait, Gilda piersanti

Le coup de foudre et sa passion associée sont des thèmes universels, abordés en littérature sous bien des angles. La tragédie d’une vie muée par un amour interdit, inassouvi. La tragédie d’une perte qui laisse l’autre seul, sans repère, orphelin de son âme sœur. Comme si inexorablement, la destruction venait de pair avec la passion. D’une certaine manière, c’est un peu le cas, ne se perd on pas un peu soi même quand on est voué corps et âme à l’autre ?

Ne se perd on pas soit même quand au détour d’un zinc notre amour de jeunesse, nous sommes propulsés trente année en arrière et que se réveille en nous les affres et feux d’une passion que nous croyons éteinte, pour préserver notre santé mentale ? Ainsi à chaque fois que je retombe nez à nez devant lui, je tombe en pamoison devant mon doudou. La passion de mes trois ans, plutôt pas mal pour son âge avancée. Si mon idylle ne porte pas préjudice à mes proches, ce n’est pas le cas de Lorenzo, le héros torturé de Gilda Piersanti, qui va amorcer une lente descente aux enfers, dont il ne se rendra compte véritablement qu’en foulant le champs de ruine qu’est devenu sa vie. Un amour parfait, oui, mais à quel prix. « La vie de Lorenzo n’a pas d’ombre, sa carrière est au zénith, son couple se porte à merveille, ses enfants l’adorent. Jusqu’à ce soir où il la revoit au bar de l’hôtel : Laura, l’amour de ses 18 ans. Trente ans plus tôt, il a failli mourir pour elle. Le hasard l’a-t-il remise sur son chemin pour faire renaître le passé ou pour faire disparaître le présent ?Une femme fatale ne revient jamais pour réparer ses fautes mais pour continuer son œuvre de destruction. Elle est revenue et elle lui dit qu’elle l’aime encore, mais doit-il la croire ? Lorenzo est prêt à tout pour l’avoir de nouveau dans ses bras. Prêt à tout… Même à tuer ? »

Qu’il est facile de porter des œillères pour éviter de voir la triste vérité en face. Celle où l’on s’avoue à soi-même qu’on a merdé dans les grandes largeurs. Qu’il est facile de duper son monde – tout du moins de le croire assez fort – pour que toutes ces incartades tombent sous le coup du bon sens. Quand cela n’est que pur égoïsme. Qu’il est facile de rêver sa vie si fort qu’elle semble devenir réelle – entre aspect nébuleux et réalité bien ancré. Mais attention de ne pas réveiller un somnambule, cela peut le mettre en danger.

Tels sont les ingrédients en théorie parfaits de ce thriller psychologique. Mais comme à chaque fois, je dois avouer être déçue. Si le point de vue de l’amant trompeur et trompé dans ce jeu de dupes qu’est sa relation adultérine est omniprésent, nous ne saurons rien de ce que trame réellement sa maîtresse. Enchanteresse ou sorcière, telle reste la question qui demeure sans réponse, même si elle semble être un maître dans l’art de la manipulation. Ce qui m’a manqué je crois, c’est ce fameux « twist » final qui rebat les cartes et nous fait perdre nos repères et présomption.

Malgré quelques longueurs et redondances, Un amour parfait de Gilda Piersanti a le mérite de se lire facilement et de procurer un agréable divertissement.

Bonne lecture à vous !

Un amour parfait de Gilda Piersanti est disponible aux Editions Pocket

Gang of London

Feel Good

Gang : (non masculin) Bande organisée, association de malfaiteurs. La bande des Quarante Elephants a ainsi sévie dans le Londres du XIXe – XXe siècle, excellant dans les rapines et autres vols à l’étalage. Sa particularité fut qu’il était exclusivement féminin, menée par Alice Diamond, jeune femme de seulement ving-trois ans.

Le Gang de la Tamise - Les soeurs Mitford enquêtent - Jessica Fellowes

A défaut de pouvoir se déplacer sur les bords de la Tamise moderne, je me console sur les bords de l’Erdre, avec mes lectures, moyen d’évasion éprouvé et validé s’il en est. Je revisite ainsi les années folles londoniennes. Cette ville effervescente, à la vie qui ne l’est pas moins, où les mondains se savent plus où donner de la tête pour occuper leur soirée, se mêlant aux petites gens dans les caves enfumées, à l’alcool prohibé, au rythme de jazz endiablé. Les femmes tendent à prendre leur liberté, leurs cheveux se libérant de leurs entraves, en troquant les longueurs tressées pour les coupes à la garçonne.

On s’attend à ce que cette fièvre s’estompe en arrivant à la campagne, mais il s’y joue souvent des intrigues plus intimes, et bien plus féroces. Un huis clos, un jeu, quelques protagonistes au dessus de tout soupçon, saupoudré de meurtre sont les ingrédients de la soirée de d’anniversaire de Pamela Mitford, qui va entrer malgré elle dans une quête de la vérité. Bienvenue dans le second opus des Sœurs Mitford enquêtent de Jessica Fellowes, j’ai nommé le Gang de la Tamise. « 1925. La jeune Pamela Mitford s’apprête à fêter ses dix-huit ans et sa sortie dans le monde. Pour l’occasion, ses parents organisent un superbe bal costumé à Asthall Manor. Mais la soirée tourne au drame lorsque l’un des invités est retrouvé mort au pied du clocher de l’église. Très vite, la police arrête une domestique, membre d’un gang notoire. Louisa Cannon, chaperon et confidente des sœurs Mitford, persuadée de l’innocence de la jeune femme, va tout faire pour la disculper, aidée de Pamela. Tandis que le véritable assassin rôde peut-être non loin de là…« 

Maintenant que j’ai compris que les soeurs Mitford sont le prête nom de l’intrigue qui permette de planter le décor, je me suis plu à retrouver Louisa, la bonne d’enfant. Elle nous apparaît plus murie, plus apaisée, mais malgré tout, en proie aux tourments liés à sa condition. Elle cherche sa place en tant que femme au sein d’une société en mutation. Chaperon des aînées Mitford dont elle partage l’âge, elle les aide à accomplir leurs incartades bonne enfant quand elle est jugé au moindre faux pas. Sa soif de liberté l’a fait flirté avec son passé de fille de la rue, livrée aux pratiques de vol et autres entourloupes de son monde. Son personnage prend de l’ampleur et s’affirme comme élément central du roman, servant joliment une intrigue certes réchauffée mais agréable malgré tout.

Si comme moi vous prenez plaisir à lire les romans de mœurs du début du siècle dernier, je vous invite à vous évader aux côté des sœurs Mitford, et vous aventurer dans deux univers aux antipodes, en zigzagant entre les petits salons poudrés aux bas fonds des quartier mal famé, avec le Gang de la Tamise de Jessica Fellowes.

Bonne lecture à vous !

Le gang de la Tamise – Les sœurs Mitford enquêtent de Jessica Fellowes est disponible aux éditions Le Livre de Poche