Une jolie fable

Feel Good

Fable : (nom féminin) récit en vers d’où l’on tire une morale. Les plus connues sont celles de Jean de La Fontaine, bien que leur lecture soit différente à l’âge adulte. Il ne fait pas toujours bon de grandir je vous le dis.

Am Stram Gram, ce sera toi que me plairas ! de Catherine Rose Barbieri

Pour ne pas heurter la sensibilité des plus jeunes, mon verre à la Olivia Pope est hors champs

Catherine Ringer a un jour chanté sur un rythme endiablé de Fred Chichin, que les histoires d’amour finissaient mal, en général. Je me plais à lui donner tort, au détour de films, de la littérature et plus particulièrement dans la vraie vie.  Étant une grande romantique à mon corps défendant, je me suis toujours plu à lire des scénarios improbables sur de possibles rencontres, d‘histoires d’amour qui débutent de manière farfelue, dont les quiproquos mènent aux doutes mais qui finissent sur une note joyeuse.

Quelle n’a pas été ma surprise de découvrir qu’Am Stram Gram ce sera toi qui me plairas de Catherie-Rose Barbieri contenait la parfaite recette qui répondrait à mes toutes mes attentes en la matière, même les plus loufoques.

Ce livre, je l’ai découvert sur les réseaux sociaux. Pas un jour sans que je ne vois cette couverture accompagnée de critiques dithyrambiques. Prise d’un besoin compulsif, j’achetai le livre sans consulter le quatrième de couverture. Je commence à vivre dangereusement, je crois bien. Mais dans ma grande bonté, je vous le fais découvrir malgré tout : « Camille bosse dans une grosse boîte. Elle n’a pas d’attachement particulier pour son boulot. Ni pour ses collègues. Ni pour grand monde, d’ailleurs, si ce n’est pour son amie Anna et son voisin de palier septuagénaire, Monsieur Lambert. Dans son appartement, chaque soir, elle s’évade en dévorant films, séries et livres, du moins quand elle ne peste pas contre la piètre isolation phonique au sein de l’immeuble, et notamment contre son voisin du dessus, aux mœurs mystérieuses et certainement dissolues. Et puis un jour, au travail, elle trouve un courrier inattendu dans sa boîte mail… Inattendu et anonyme. Commence alors un jeu de piste improbable pour en démasquer l’auteur, qui va forcer Camille à ne plus seulement croiser les gens sans les voir, mais à prendre le temps de les regarder et parfois même de les apprécier. Entre situations burlesques et malentendus, la jeune femme apprendra à dépasser ses préjugés pour enfin décider de la suite de sa vie, réparer ses erreurs et peut-être même tomber amoureuse… ? »

J’ai adoré le postulat de base de cette histoire, à savoir que Cupidon est bel et bien vivant, et qu’il prend la forme d’un corbeau, plutôt que d’un angelot rubicon. Pas de méprise, je ne me passionne pas pour la découpe et le collage des journaux. Mais qui n’a jamais rêvé de recevoir une jolie déclaration ? Signée ou pas, je trouve le geste chevaleresque. Si cela m’étais arrivé, je crois que je me serai laissé embarquer dans cette folle aventure. Mais avec ma chance légendaire, je serai certainement tombée sur un bizarre…. amateur de lettres découpées. CQFD.

Nous assistons à un effet papillon, à double niveau sur notre nouvelle amie, Camille. Un courriel qui aurait pu rester lettre morte va déclencher un certain nombre de réactions en chaine, qui vont permettre à Camille de sortir de chrysalide et de basculer avec perte et fracas dans l’âge adulte. Elle va réussir à penser un passé douloureux avec intelligence et surtout beaucoup de cœur.

Sitôt la lecture d’Am Stram Gram […] commencé, on ne peut facilement s’en défaire. La temporalité joue beaucoup. Nous vivons au rythme de l’héroïne sur une dizaine de jour. Nous vivons ses rencontres, et forgeons de nouvelles amitiés, voyons naître un coup de cœur… Autant cette dernière allait gentiment au coucher, autant moi, je ne peux en dire autant, voulant à tout prix savoir ce qui se passerait après. C’est le cœur gros malgré tout que j’ai lu le mot fin. Un goût de trop peu à mes yeux.

Catherine-Rose Barbieri signe un très joli premier roman, addictif et tellement doux, un vrai morceau de caramel au beurre salé, qui nous redonne envie d’y goûter rapidement.  Je n’aurai qu’un mot, vivement le prochain !

Belle lecture à vous ! 🎈

Am, Stram, Gram … Ce sera toi qui me plairas ! de Catherine-Rose Barbieri est disposnible aux Editions Eyrolles.

Match Point

Biographie

Amoral : (adjectif) qui est contraire aux mœurs, aux règles admises et pratiquées dans la société. Cela relève également de notre libre arbitre et de notre éducation, nous n’avons pas tous le même degré d’exigences et de justesse. 

Même les Monstres, de Thierry Ilouz

Match Point. C’est ce film de Woody Allen qui m’est venue en tête suite à ma première lecture de Même les Monstres. Pas tant dans le traitement de l’intrigue que sur la définition de la moralité, de l’amoralité. Nous sommes dans un tableau tout en nuances de ce qui est acceptable, de ce qui ne l’est pas. Loin d’une vision manichéenne, et donc simplistes,  des mœurs sociales.

Il y a quelques semaines, j’ai reçu une invitation de la part de la maison d’édition L’Iconoclaste, qui m’était encore inconnue jusqu’à ma lecture de La Vraie Vie, d’Adeline Dieudonné. J’étais conviée à assister à la lecture d’un ouvrage par l’auteur Charles Berling. Cet ouvrage, Même les Monstres de Thierry Illouz. J’ai accepté pour mon plus grand plaisir. Et me suis empressée de me procurer ce livre.

Mon côté scolaire et (autoproclamé) bonne élève ayant tendance à ressortir par moment, j’ai lu avec assiduité cette nouvelle sociale. Et j’ai découvert un auteur, Avocat au barreau d’Amiens, humaniste et humain. Une belle personne, qui part du postulat cher à ma Maman, qu’est celui de la bonté intrinsèque de l’Homme. La société, la famille, l’éducation, le milieu social sont autant de vecteurs qui peuvent influer, qui peuvent faire basculer. Voici ce qu’en dit le quatrième de couverture : »«Je voudrais que l’on dise ce que vivent les gens, que l’on raconte les quartiers, les immeubles, l’argent qui manque, l’absence de reconnaissance. Je voudrais oser les mots ghetto, stigmatisation, relégation. Je voudrais appeler à la clémence, au doute. Je voudrais que l’on se soucie des abandonnés. » Il est avocat pénaliste depuis trente ans. Enfant des cités, sa vocation est née de son histoire. Et parce que la misère côtoyée par le passé est celle qui fabrique les monstres défendus aujourd’hui, Thierry Illouz lance un appel. Pour qu’enfin on regarde l’autre, dans le box des accusés. Celui qui nous effraie, celui que l’on condamne. Et qu’il est urgent de comprendre. »

J’aime son postulat que les monstres n’existent que dans les livres pour enfants, et qu’ils seraient somme toute trop simple de résumer à un ce mot les actes qui peuvent nous sembler les plus ignominieux. Je me suis aussi rappelé les mots de mon professeur de droit lors de mes études. Ils nous avaient expliqués que les cas les plus intéressants pour les avocats étaient aussi les plus amoraux.

J’ai apprécié hier la lecture de cet ouvrage par Charles Berling. C’est la première fois que je me prêtais à l’exercice et je dois dire que j’aimerai réitéré. Une madeleine de Proust peut être de mes années de petite école, où l’on nous comptait l’histoire avec ferveur. J’ai aimé l’émotion et la pudeur de Thierry Illouz suite à l’écoute de son récit. Les mots juste qu’il avait pour qualifier des maux.

En bref, je vous invite à lire ou à écouter Même les Monstres de Thierry Illouz, ouvrage qui m’aura fait réfléchir et qui nous montre un univers peu connu, tout du moins pour moi, celui des avocats, des juges, de la justice, de l’injustice.

Belle lecture à vous !

Même les Monstres de Thierry Illouz est disponible aux Editions L’Iconoclaste.

 

Le renoncement dans tous choix

Feel Good

Renoncement : (Nom masculin) lorsque l’on cesse de prétendre à quelque chose, que l’on abandonne un droit sur quelque chose. Par choix ou par obligation, ce n’est jamais chose aisée. Surtout lorsque j’ai taché de renoncer au sucre pendant un mois. Mais pourquoi tant de haine envers moi même ?

Les femmes formidables à l’heure du choix, Alex Riva

Vous aussi buvez votre café dans votre bibliothèque !

Tout choix est un renoncement comme se plaît à le dire mon cher Papa. Cette phrase a tendance à profondément m’énerver même si je sais qu’elle n’est malheureusement que trop vraie. Dans une époque du « j’ai vu, je veux, j’achète », du consumérisme et de l’immédiateté, il et toujours compliqué de se dire que rien est acquis, même si c’est nécessaire.

C’est dans cet optique que ce trouve nos cinq femmes formidables. Nous les avions laissées la tête pleine de projets et nous les retrouvons deux ans plus tard, à un moment de leurs vies que l’on comprend charnière. Je vous laisse le quatrième de couverture pour vous remettre les idées au clair : « Lorsque vous aviez fait la connaissance d’Emma, Alice, Andréa et Chloé, elles traversaient la fameuse crise de milieu de vie, fatiguées de tout gérer pour tout le monde tout le temps. Partir une semaine en Grèce avait été leur «grève des femmes formidables» et leur avait permis de mieux comprendre ce qui les avait conduites à cette situation, ce dont elles avaient envie et ce sur quoi elles pouvaient agir. À leur retour à Paris, l’imprévu avait décidé de s’en mêler. Pendant les mois qui avaient suivi, chacune avait tenté de mettre en place ses bonnes résolutions tout en intégrant Laurence à leur quatuor. Deux années se sont désormais écoulées, leurs vies ont évolué, pas toujours comme elles l’auraient souhaité, mettant à mal leur amitié et leurs projets. Toutes femmes formidables qu’elles sont, elles vont découvrir à leurs dépens qu’elles ne peuvent pas tout avoir et se retrouver à l’heure des choix. Choix conjugal, choix professionnel, choix familial, rien ne leur sera épargné!« 

J’ai eu plaisir à enchainer les trois romans d’Alex Riva, mais je dois avouer que j’ai eu une petite préférence pour ce dernier opus. Chaque personnage a pris de l’épaisseur et les caractères se font moins lisses, plus affirmés. J’ai toujours eu un faible pour les héros écorchés, ne m’en voulez pas.

A l’instar de L’imprévu s’en mêle, la vie continue à faire sa capricieuse et met à mal nos amies. J’ai beaucoup pensé à l’album La Superbe de Benjamin Biolay, et notamment à son titre Brandt Rhapsodie. Dans ce duo avec Diane Cheral, il nous livre en cinq minutes la rencontre, la passion, l’amour et la destruction d’un couple. Que j’aime ce titre si vrai, si ancré dans la réalité, qui résume bien ce qu’est et peut devenir un couple. La vie de nos héroïnes s’émaillent sur cette chronologie de l’amour désenchanté. Ces dernières vont être confrontées à des choix, qui pour certaines se révèleront devenir des non choix. Par peur de décider, par peur de vivre tout simplement. Je n’en dirai plus de peur de trop vous en raconter. Pas d’autres choix que de foncer chez votre libraire de fait !

Ainsi s’achèvent les aventures des femmes formidables à ce jour, mais quelque chose me dit que nous nous sommes simplement dit au revoir et que nous nous retrouverons bientôt.

Belle lecture à vous ! 🎈

Les Femmes Formidables à l’heure du choix, d’Alex Riva est disponible aux Editions Denoel.