The Crown

Feel Good

« Le seul accessoire indispensable nécessaire à un Roi de Grèce est sa valise » phrase attribuée à Georges II, roi de Grèce successivement destitué et exilé. A la lumière de ma culture générale remise au goût du jour par un visionnage intensif de la série The Crown, cette affirmation prend tout son sens. On notera ainsi une certaine délicatesse dans la Révolution.

J’ai lu il y a peu que de regarder plusieurs fois un film ou une série dont on connaît la fin de l’intrigue est un élément de réassurance quand le chaos est présent dans nos vies. La période faisant que c’est le cas de tout un chacun, cela me chagrine un peu moins. J’aime pourtant à me réfugier dans une lecture doudou, au déroulé bien huilé. Même si stricto sensu la fin m’est inconnu. Mon refuge en terme de littérature est le « Cosy Mystery« . J’en use – voire en abuse – allégrement ces derniers temps.

Mélanger à cela des références historiques pour bâtir l’intrigue, et des héroïnes collets montés, cela ne peut que me ravir au plus haut point. C’est avec plaisir que j’ai retrouvé Le bureau du Mariage Idéal, qui prend des airs de bureau de détectives privés, plus que de marieuses. Ce qui n’est pas pour me déplaire. Et quand c’est La Couronne qui commandite ladite enquête, on ne peut que s’en réjouir, et plonger tête la première dans ce Mariage Royal que nous propose Allison Montclair: « Londres en 1946. Le Bureau du Mariage idéal commence tout juste à prendre son envol et les propriétaires, Mlle Iris Sparks et Mme Gwendolyn Bainbridge, ont besoin d’un bureau plus grand et d’une secrétaire pour faire face à la demande croissante. Malheureusement, l’argent manque. Alors, quand la cousine de Gwen arrive avec une offre intéressante, elles sont tout ouïes. La princesse Elizabeth s’est entichée d’un prince grec, mais une lettre de chantage, faisant allusion à des informations potentiellement préjudiciables le concernant, met en danger l’alliance entre les deux familles. Pour éviter les commérages au palais, la famille royale se tourne vers Gwen et Iris pour découvrir le passé secret du prince, avant l’annonce de ses fiançailles avec Elizabeth. L’avenir de l’Empire et celui du Bureau sont en jeu ! »

Iris Sparks. James Bond au féminin, féministe jusqu’au bout de ses talons tolérés par le rationnement. Coquette jusqu’au bout des lèvres, même quand elle se doit d’assommer de possibles ravisseur. Gwendolyn Bainbridge, aristocrate veuve de guerre. En guerre contre sa belle famille et romantique invétérée. Belle à damner un saint. Amicalement vôtre en jupons, où le whisky de contrebande remplace le martini à la cuiller.

Comme intrigue prenez e mariage du siècle dernier menacé, entre Elisabeth Windsor et Philip Mountbatten. Ajoutez y une pincé d’agents secrets, un zeste de gangsters, saupoudrer de dames de compagnies en proie à l’ennuie. Vous obtiendrez ainsi une enquête équilibrée, entre humour noir et mystères.

Un mariage Royal d’Allison Montclair est la parfaite lecture de farniente, les pieds en éventails et cocktail à porté de mains !

Bonne lecture à vous !

Un Mariage Royal – une enquête de Sparks & Bainbridge, d’Allison Montclair est disponible aux éditions 10/18 Grands Détectives

Lady Rose

Feel Good

« Il écrivait en abrégé ; sa fleur bien trop tôt s’est fanée, Et une mort prématurée a fait de lui un abrégé » Epitaphe (grinçant à souhait mais étant une personne de petite taille je me sens parfois moi-même abrégée et serais encline de le lui emprunter le temps voulu) de William Lawrence.

Les enquêtes de Lady Rose, MC Beaton

De mon Erasmus écossais, j’ai hérité de quelques petites choses. Un amour immodéré pour le roux, dont j’use et j’abuse sur ma chevelure corbeau. Une descente de verre(s) pas piquée des hannetons. Un sens de l’humour grinçant et cynique conjugué à un flegme à toute épreuve. De loin, ce portrait ressemble à s’y méprendre à Bree Van der Kamp. Il faudrait que je songe à une introspection à l’occasion.

Cynisme et Flegme donc seront les termes que nous choisiront de retenir. Ainsi lorsqu’une jeune femme de l’aristocratie fait tout pour s’émanciper du joug de ses parents au lieu de se marier et s’enfonce dans un pétrin sans commune mesure, cela ne pouvait qu’attirer mon attention et ravir le début des mes vacances estivales. Ainsi entra dans ma vie la Lady Rose de MC Beaton : « Belle et rebelle, telle est Lady Rose. Après s’être compromise avec les suffragettes, au grand désespoir de ses parents, la jeune fille de bonne famille fait une entrée désastreuse dans la haute société londonienne… Ce qui ne dissuade pas un Sir aux allures distinguées de lui faire les yeux doux. Très louche, selon le père de Lady Rose, qui charge le capitaine Harry Cathcart, aristocrate désargenté, d’en savoir plus sur le prétendant… En démasquant un imposteur, Harry se découvre des talents de détective privé. Et une petite fortune à se faire ! Lorsqu’au beau milieu d’une réception, un meurtre est commis, il propose à Lady Rose de faire équipe avec lui. L’occasion idéale pour l’indocile jeune femme d’échapper à la chasse au mari…« 

Depuis que j’ai lu ( et suis éperdue tombée en admiration de) Agatha Christie, j’aime à me plonger dans des enquêtes en huis clos. Dont les meurtres exécutés le sont souvent pour des raisons triviales et / ou pécunières. Je me fourvoie souvent dans la résolution, mais la chasse aux indices me plait et apporte du piquant à ma lecture. Et surtout, ce que je préfère par dessus tout, la dissection des mœurs des notables qui se croient au dessus des lois par expression divine ou toute autre faculté inhérente à la naissance.

J’ai aimé rencontrer Rose Summer et sa rébellion assumée. Sa dame de compagnie Daisy et son langage fleurie. Le détective privé Harry Cathcart, fervent adepte du « vivons heureux, vivons cachés (des scandales) ». Son valet Becket, intriguant de l’ombre. A eux quatre ces joyeux drilles révolutionnent allégrement leur monde, et se révèlent être de fins limiers.

Vous l’aurez compris, je ne saurais que chaudement vous recommander d’accompagner votre thé estival des Enquêtes de Lady Rose, de MC Beaton.

Bonne lecture à vous !

Les Enquêtes de Lady Rose – Meurtre & Séduction et Soupçons et Préjugés de MC Beaton sont disponibles aux éditions Albin Michel

Le disparu de Nantucket

Thriller

« J’ai entendu tellement d’histoires. Pas toujours belles mais pas forcément noires. Elles se terminent cependant toutes par le même point. Un point final. Il n’est jamais doux. Il est brut, irréversible et violent. Alors il va nous falloir vivre en essayant de faire de notre mieux pour combler ce qu’il se passera entre le début et la fin. » Cette citation d’Amélia Donovan – en incipit du Disparu de Nantucket – définit parfaitement le récit. Cette action attendu avec hâte au cœur d’un roman, dont l’auteur porte le poids sur ses épaules. En espérant que point final arrive avec un certain regret et non avec soulagement.

Le disparu de Nantucket, Laure Rollier

Rien de telle qu’une île comme décor parfait d’une énigme à résoudre. Pour cette idée d’enclave coupée du monde. Pour cette idée que tout le monde se connait, mais que sous le vernis propret peuvent se révéler de profondes fissures. Remarquez que cela fonctionne aussi pour une banlieue huppée aux barrières blanches et pelouses verdoyantes, où vos voisines vous accueillent à grand renfort de Muffins et Chardonnay. Pour cette idée que la fuite est impossible sans que quiconque ne soit au courant.

Rien de telle qu’une île pour planter un décor feutré, en huis clos, d’une intrigue policière, mêlant secrets domestiques et disparitions suspectes. Un cadre idyllique qui abrite de noirs secrets. Cela pourrait presque nous faire penser à un épisode d’Arabesque. Oui je connais les aventures de Jessica Fletcher sur le bout des doigts et j’assume (presque).

Rien de telle qu’une île pour faire disparaitre un homme et nous livrer ainsi une enquête à résoudre. Bienvenue dans L’intrigue du Disparu de Nantucket de Laure Rollier. « Alix, restauratrice franco-américaine installée avec sa famille sur l’île de Nantucket, voit sa vie bouleversée le jour où son mari, David, se volatilise dans la nature. Maxime, flic bordelais à la dérive, peine à se remettre de la mort brutale de son frère. Lorsque la police américaine retrouve le véhicule abandonné de David, elle découvre également à l’intérieur de celui-ci des traces d’ADN appartenant au frère de Maxime. Débute alors la course effrénée de Maxime et Alix, en quête de vérité, entre mensonges et révélations. »

Les premières pages en guise de révélations, qui brouillent les pistes et la temporalité. Des chapitres qui alternent les points de vue et la narration. Alix, restauratrice au passé sans nuages d’un côté, perdue et sans clé quant aux bouleversements subis. Maxime, flic sur la sellette de l’autre, plus brut et pétri de douleurs suite au deuil de son ainé. Un tandem improbable, en quête d’une vérité. Même si cette dernière peut être dure à entendre. A comprendre.

Laure Rollier quitte la littérature feel good pour entrer avec maestria dans le roman noir, emprunt de mystère et de faux semblants. Avant de me plonger à corps perdu dans Le Disparu de Nantucket, je n’avais pas été capable de lire plus de deux pages d’affilés et ce, depuis trois semaines. Temps rattrapé en une journée, où je n’ai pas été en mesure de refermer ce roman, avant de l’avoir terminé, avant de savoir quel dénouement attendait ses protagonistes. Et surtout ne pas être déçue. J’ai plongé dans cette intrigue qui m’a transportée. A vous de jouer désormais et de plonger sans modération dans ce « page turner » addictif !

Bonne lecture !

Le disparu de Nantucket de Laure Rollier est disponible aux éditions Moissons Noires