L’inconstance est cruauté

Thriller psychologique

Inconstance : (nom féminin) Tendance qui consiste à changer trop facilement d’opinion, de décision, de sentiment ou de comportement. Typiquement, cela définit l’histoire que j’entretiens avec mes cheveux depuis des années. Les pauvres souffrent beaucoup trop pour leur propre salut.

La maîtresse de mon amant, Maggie O’Farrell

Depuis que je suis en âge de le comprendre, que ce soit dans la littérature ou au cinéma, j’ai toujours été fascinée par les relations amoureuses complexes, revêtant malgré tout une certaine beauté. Aux antipodes des princesses Disney et leur charmants sauveurs. Attention, ce n’est pas parce cela pique ma curiosité que j’établis ce schéma dans ma vie quotidienne. Bien au contraire. Je crois en l’âme sœur, pas aux corps éphémères. Malgré tout, le romantisme m’est d’un superflu. Je ne suis qu’antagonisme.

Ce qui m’a de prime abord interpellé dans le roman de Maggie O’Farrell, La Maîtresse de mon amant est son titre original, qui suggère un enchevêtrement de liaisons et de sentiments, de faux semblants et d’un drame latent. Le titre est chargé d’une lourde promesse. Qui a été respectée. Quatre protagonistes, trois points de vues, trois temporalités, le tout en alternance, d’un paragraphe à l’autre. Je vous livre ici le quatrième de couverture qui avait achevé de me convaincre dans mon choix :« À vingt-deux ans, Lily, que la vie ennuie un peu, vit chez sa mère et cumule trois emplois, sans conviction. Quand Marcus, un jeune architecte rencontré lors d’un vernissage, lui propose de partager son loft londonien, la jeune femme est immédiatement séduite par la proposition, et par le charme magnétique de son auteur.
Mais, dès son arrivée dans l’appartement, Lily éprouve un sentiment de malaise : un prénom – Sinead – inscrit sur la sonnette, des robes plein les placards, un lit aux draps froissés… L’endroit porte encore les traces de l’ancienne petite amie de Marcus, disparue dans des circonstances mystérieuses.
Malgré de sombres pressentiments, Lily tombe amoureuse de Marcus, mais sitôt qu’ils se touchent, elle sent une inquiétante présence se manifester. Fantasme ou réalité ? Effrayée par ces visions, déconcertée par le mutisme de Marcus, la jeune femme devient peu à peu obsédée par une nécessité : connaître la vérité sur le passé sentimental de son amant…
»

L’intrigue est montée comme un thriller psychologique. Elle s’ouvre sur un drame latent. Tout du moins c’est ce que l’on ressent dans l’absence de mots, voire de maux, posé sur les faits passés. Le présent de la jeune Lily se fait apocalyptique. Dommage collatéral d’une passion avortée. Elle plonge peu à peu dans une folie douce, qui nous la rend antipathique. Alors qu’elle n’est que « le jouet de la fortune ».

D’une funeste fortune. Reposant sur les cendres du passé de la maîtresse, celle que l’on hait par défaut, mais qui contre toute attente est légitime. Un fantôme plane sur nos protagonistes qui s’agitent tels des pantomimes à la recherche de la vérité, de leur salut et pour certain de leur âme. De l’extraordinaire dans des vies sommes toute ordinaire.

J’ai tout simplement adoré ce roman en trois temps, qui ne respecte aucun code et impose le sien, pour une lecture hautement addictive. La prose de l’auteure est fluide, et saisissante de réalisme quant aux détails qui vous font basculer dans la douleur en un battement de cils.

Belle découverte donc que la plume aiguisée de Maggie O’Farrell, qui sait trouver les justes mots pour définir les noirs tréfonds des actes humains. Je ne saurais trop vous conseiller de vous essayer à cette auteure. Je pense pour ma part me plonger plus assidûment dans sa bibliographie, après mon coup de cœur pour La Maîtresse de mon Amant.

Belle lecture à vous ! 🎈

La Maitresse de mon amant de Maggie O’Farrell est disponible aux Éditions 10/18.

Trois petits tours et puis s’en vont

Feel Good

Ritournelle : (nom féminin) au sens figuré, ce que l’on répète continuellement. Une sorte de radotage dans un sens. Mais il me semble que je souffre déjà de ce mal, lorsque je retrouve mes vieux amis. 

Trois baisers, Katherine PancolIl y a des lieux, des saveurs, propres à l’enfance, qui ont ce goût de madeleine de Proust. En grandissant, on essaie de retrouver ses souvenirs, qui ont souvent été amplifiés dans notre subconscient, au fil des années. Parfois il arrive de retourner dans nos pas antérieurs, mais pour ma part, cela vire souvent au fiasco. J’exagère peut être mais j’ai grandi depuis, mes goûts se sont affinés. De fait, les lieux me semblent plus exiguës, les goûts plus sûrs ou plus fades. Je crois que certaines choses doivent rester en mémoire plutôt que d’être à nouveau vécues. Ainsi remanger un savane de Papi Brossard n’a pas été la plus brillante idée de cette année.

Il va y avoir dix ans que j’ai croisé le chemin de Katherine Pancol avec Les Yeux Jaunes des crocodiles, et je crois que j’ai eu un coup de foudre pour cette plume métaphorique aux envolées lyriques impossibles. J’ai été séduite par les personnages forts, que ce soit par leurs forts caractères ou par l’absence de ce dernier, par leur métier insolite ou par leur valeur familiale contradictoire. J’ai suivi les aventures de ses protagonistes pendant six tomes et il me tardait de les retrouver dans Trois Baisers.

«Trois baisers, Trois baisers et l’homme caracole, libre, flamboyant, crachant du feu et des étoiles. Ses sens s’affolent, il voit mille lucioles, des pains d’épices, des incendies »

Je suis sortie assez pantoise de cette dernière lecture. Déçue par les personnages. Que j’ai trouvés au final plats, et sans trop de saveur, comme un plat qu’on aurait trop réchauffé. Quelques épices ajoutées à la va vite mais qui ne donnent pas vraiment de liant. Pardonnez moi cette métaphore culinaire mais je me suis mise à cuisiner depuis peu. Les conséquences joyeuses de mon entrée dans la trentaine. Déçue également par la prose, trop alambiquée par moment, et qui m’a fait perdre le fil d’Ariane de cette histoire de famille atypique, tantôt riante, souvent sordide. Je me plais à croire que toutes les familles ne sont pas aussi dysfonctionnelles et intrinsèquement malheureuses.

Si comme moi vous avez été happés par « la valse lente » des protagonistes lors de vos précédentes lectures, ne passez pas votre tour, vous serez peut être moins critiques que moi, qui peine à trouver une lecture vraiment réjouissante ces dernières semaines.

Bonne lecture à vous ! 🎈

Trois baisers de Katherine Pancol est disponible aux éditions Livre de Poche, ainsi que les 6 précédents opus, que sont Les Yeux jaunes des crocodiles, La Valse lente des tortues, Les Écureuils de Central Park sont tristes le lundi ainsi que la trilogie Muchachas.

Call it magic

Feel Good

Magie : (nom féminin) pratique fondée sur la croyance en l’existence d’êtres ou de pouvoirs naturels et de lois naturelles occultes permettant d’agir sur le monde matériel par le biais de rituels spécifiques. Ainsi depuis de nombreuses années je tente de faire léviter ma petite cuiller ou encore de fermer une fenêtre par le simple fait de mon esprit.

Depuis ma plus tendre enfance, j’ai toujours eu un faible pour les univers enchanteurs, où magie et êtres exceptionnels se côtoient. Avoir des dons particuliers est quelque chose qui m’a toujours fascinée, que ces derniers soient réels ou non. Et il y a dans la magie quelque chose de poétique, de chimérique qui me plaît. En un sens la magie est partout, si on prend le temps d’embrasser et d’apprécier ce qui nous entoure. Et quelle autre mélodie que celle de Coldplay pour illustre mes dires.

Je n’ai découvert Harry Potter que tardivement, au lycée si je ne m’abuse. La vie des élèves de Poudlard a fait écho à la mienne, interne, même si les parties de Quidditch étaient pour nous, simples moldus, des batailles de polochons endiablés, au nez et la barbe de nos encadrants. En guise de robes de sorciers, nous avions un uniforme, bien loin de flatter nos formes d’ailleurs. Et les liens qui ont été tissés sont indéfectibles 16 ans plus tard. Et j’espère encore pour longtemps  J’ai eu de la chance d’évoluer dans un cadre confortable pendant trois années, dans des bâtiments conçus par Vauban, aux grands escaliers de facade, ainsi qu’aux passages étroits pour nos secrets d’alcôve.

J’ai ainsi dévoré les 7 tomes de la vie d’Harry Potter, vécue au rythme de ses adaptations cinématographiques. J’ai râlé devant l’attente entre chaque tome. J’ai vécu chaque adaptation cinématographique comme une trahison de ma pensée pour après me raviser.  J’ai été déçue de la fin des aventures de notre plus si jeune ami lorsque nous le quittons. Mais avant tout, j’ai été transportée par son univers féérique et hors norme, dans lequel j’ai aimé évoluer.

Ainsi, il y a quelques temps, je suis tombée sur cette nouvelle édition, illustrée de surcroît, qui nous permet de revivre les aventures de nos sorciers préférés. Les esquisses de Jim Kay, inconnu au bataillon pour ma part, font mouche, et l’on se plaît à se replonger dans une histoire connue, aux illustrations inconnues. Et l’on retrouve le temps de quelques heures notre âme d’enfant qui n’est jamais bien loin.

Pour les néophytes, je vous glisse un bref résumé d’Harry Potter à l’école des Sorciers : « Le jour de ses onze ans, la vie de Harry Potter est bouleversée à jamais quand Rubeus Hagrid, un géant aux yeux brillants comme des scarabées, lui apporte une lettre ainsi que d’incroyables nouvelles. Harry Potter n’est pas un garçon comme les autres: c’est un sorcier. Et une aventure extraordinaire est sur le point de commencer. »

Quant aux autres, je ne saurais que vous conseiller cette édition de qualité de l’œuvre de JK Rowling, au goût de madeleine de Proust, à lire et à offrir sans modérations.

Bonne (re)lecture à vous !🎈

Harry Potter à l’école des Sorciers de JK Rowling et illustré par Jim Kay est disponible aux Éditions Gallimard