la vita è bella

Feel Good

Thérapie : (nom féminin) traitement thérapeutique fonctionnant principalement par la parole. Qui a pour but de sortir les noires idées des esprits afin de les transformant en ondes positives. Envers les autres. Envers soi. Car avant de vivre avec les autres, ne faut il pas accepter qui nous sommes, fait de sentiments contraires et d’imperfections tenaces, mais souvent attachantes.

Ciao Bella, Serena Giuliano

Quand j’étais enfant, suite à ma lecture du Journal d’Anne Frank, je n’avais qu’une crainte, vivre une guerre. Puis vint la guerre de Yougoslavie, loin mais si proche en même temps. Un Papa militaire sur le terrain. Et j’ai grandi. D’autres craintes, d’autres peurs, réelles ou irrationnelles sont venues forgées ma personnalité d’angoissée. Je suis coutumière de la crise cardiaque aka crise d’angoisse aka mais si tu mettais ton cerveau sur pause deux minutes ça irait bien mieux.

Et arriva 2020. Et cette urgence sanitaire, qualifiée de Guerre. Toute ce que j’avais craint/ Pire encore peut être. Mais je dois me faire violence. Pour moi. Mon conjoint. Ma fille. Alors on créé l’évasion. Par les apéros facetime avec les copains. Par les pauses café hangout avec les collègues. Par la lecture, encore et toujours comme point d’évasion. Et Serena Giuliano a bien réussi sa part du travail avec Ciao Bella, à savoir me changer les idées en me mettant face à les frayeurs et surtout en me faisant rire : « Anna a peur – de la foule, du bruit, de rouler sur l’autoroute, ou encore des pommes de terre qui ont germé… Et elle est enceinte de son deuxième enfant. Pour affronter cette nouvelle grossesse, elle décide d’aller voir une psy. Au fil des séances, Anna livre avec beaucoup d’humour des morceaux de vie. L’occasion aussi, pour elle, de replonger dans le pays de son enfance, l’Italie, auquel elle a été arrachée petite ainsi qu’à sa nonna chérie. C’est toute son histoire familiale qui se réécrit alors sous nos yeux… À quel point l’enfance détermine-t-elle une vie d’adulte ? Peut-on pardonner l’impardonnable ? Comment dépasser ses peurs pour avancer vers un avenir meilleur ? »

Anna, c’est l’hypocondriaque qui vit au fond de nous. Ces angoisses que l’on porte en bandoulière et avec lesquelles on doit apprendre à vivre. Liz, c’est la psy qui nous guide, notre inconscient qui nous pousse à nous dépasser, à revoir son jugement, à grandir et aller de l’avant. Pour le meilleur.

Anna c’est l’amie italienne de ma Maman, Lucia, qui a illuminé mon enfance avec ses plats copieux, son amour débordant et cette joie de vivre communicative. Ciao Bella c’est l’hymne à une vie en harmonie avec qui on est vraiment, sous couvert d’humour et d’un procédé narratif innovant. Cinq années d’échanges entre Anna et sa psy, permettant de détricoter le fil d’une vie, ce qui compte et ce qui blesse. Ce qui fait grandir et avancer. De l’amour à foison et de la bienveillance. Tout ce dont nous avons besoin en ce moment.

Si ce n’est déjà fait, pour la prochaine semaine à venir procurez vous par quelques moyen que ce soit Ciao Bella, évadez-vous et ré-apprenez à respirer avec la plume de Serena Giuliano.

Belle lecture et bonne évasion !

Ciao Bella de Serena Giuliano est disponible aux éditions Pocket

Une dernière danse et puis s’en vont

Feel Good

Octogénaire : (non masculin) Personne qui a entre quatre vingt et quatre vingt dix ans. Adjectif réducteur s’il en est, ramenant l’humain à un âge et non à l’être qu’il est, qu’il a été et qu’il sera encore. La littérature leur rend trop peu hommage, Virginie Grimaldi leur donne sous sa plume leur lettres de noblesse.

Quand nos souvenirs viendront danser, Virginie Grimaldi

Grandir n’est jamais simple. On quitte le cocon doux et rassurant des bras de sa maman pour aller vivre de nouvelles aventures, telles que marcher seul. Puis vient le temps des anniversaires avec les copines, des soirées pyjamas. Un début d’émancipation qui fait peur, mais qui est nécessaire. Pour l’un comme pour l’autre, même si le cœur est gros et les larmes jamais bien loin du bord des yeux.Arrive l’âge ingrat où le monde nous en veut clairement et se ligue contre nous. A la majorité, on tente de se prendre au sérieux et d’être plus grave que les figures adultes qui nous entourent. On se retrouve à être engoncé dans un costume ridicule. Pour au finalement se rendre compte que grandir et vieillir n’ampute en aucun cas notre âme d’enfant. Et que sans elle la vie serait bien triste.

Les Octogénaires de l’impasse des Colibris l’ont bien compris, et s’apprêtent à vivre sous la plume de Virginie Grimaldi, leurs dernières facéties de grands enfants, dans son génial dernier roman Quand nos souvenirs viendront danser :« Lorsque nous avons emménagé impasse des Colibris, nous avions vingt ans, ça sentait la peinture fraîche et les projets, nous nous prêtions main-forte entre voisins en traversant les jardins non clôturés. Soixante-trois ans plus tard, les haies ont poussé, nos souvenirs sont accrochés aux murs et nous ne nous adressons la parole qu’en cas de nécessité absolue. Nous ne sommes plus que six : Anatole, Joséphine, Marius, Rosalie, Gustave et moi, Marceline. Quand le maire annonce qu’il va raser l’impasse – nos maisons, nos mémoires, nos vies –, nous oublions le passé pour nous allier et nous battre. Tous les coups sont permis : nous n’avons plus rien à perdre, et c’est plus excitant qu’une sieste devant Motus. » À travers le récit de leur combat et une plongée dans ses souvenirs, Marceline raconte une magnifique histoire d’amour, les secrets de toute une famille et la force des liens qui tissent une amitié. »

Au même titre qu’on a souvent du mal à attribuer une vie autre que nous, enfants, à nos parents, il est inconcevable que nos grands parents aient été jeunes et fougueux. Ce sont des œillères particulières portées dans sur les générations familiales. Dans son roman, Virginie Grimaldi nous rappellent que non seulement ils ont eu la même vie que nous vivons actuellement, et qu’ils ont un passé qui leur est propre. Ces Octogéniaux, comme on les surnomme, nous surprenne par leur fougue, leur ferveur et surtout leur sens de la répartie. Sans filtres et sans complexes.

L’alternance des frasques de ces voisins avec le journal morcelés des grandes étapes de la vie de Marceline nous apportent des éclairages nouveaux sur les événements qui se déroulent au fil des pages. La vie n’a épargné personne, mais leur résilience a été la plus forte. On assiste à un beau récit de vie, avec toute la palette des sentiments qui l’accompagne. J’ai ri, été ému, et pleuré, mais de rire.

Si vous êtes en retard pour finir vos cadeaux de Noel ou que vous manquez cruellement d’idées, sachez qu’un livre de Virginie Grimaldi est toujours une belle surprise,  et qui plus est, Quand nos souvenirs viendront danser, en cette période de fêtes et de réunions familiales, qui réchauffent le cœur.

Belle lecture à vous !

Quand nos souvenirs viendront danser de Virginie Grimaldi est disponible aux Editions Fayard.

Comme l’a si bien dit Appollinaire

Feel Good

Guillaume Appollinaire : (nom propre) Poète de son état et père du surréalisme, tout du moins en littérature. Bien qu’adepte de ce mouvement, notamment en peinture avec les œuvres de Dali, je dois vous confesser que je ne connais que peu son œuvre. Que de lacunes à combler si on s’approche de trop près.

Il est grand temps de rallumer les étoiles, de Virginie Grimaldi

S’il y a bien un thème récurrent en littérature, c’est la famille. Elle peut être parfaite en façade, et pourrie en intérieur. Complètement morcelée mais fonctionnelle. En panne d’affect par manque d’intérêt ou à cause de noirs secrets. En bref, elle a été brossée et le sera encore de mille et une manières et par tant d’auteur.  Ce qui ne m’empêche pas de rester appétente face à ce sujet vaste et sans fin. Et il est vrai que mes dernières lectures tournent autour de la dissection de schémas familiaux divers et variés.

Une fois n’est pas coutume, je me suis fait violence avant de me décider à lire Il est grand temps de rallumer les étoiles de Virginie Grimaldi. J’aime pourtant beaucoup la plume cette auteure, mais par je ne sais quelle raison, j’ai été prise d’un blocage. Pour au final l’acheter impulsivement entre deux rames de métros, et le lire en une journée. Tellement j’ai été subjuguée par cette famille hors norme mais si normale à la fois. « Anna, 37 ans, croule sous le travail et les relances des huissiers. Ses filles, elle ne fait que les croiser au petit déjeuner. Sa vie défile, et elle l’observe depuis la bulle dans laquelle elle s’est enfermée. À 17 ans, Chloé a des rêves plein la tête mais a choisi d’y renoncer pour aider sa mère. Elle cherche de l’affection auprès des garçons, mais cela ne dure jamais. Comme le carrosse de Cendrillon, ils se transforment après l’amour. Lily, du haut de ses 12 ans, n’aime pas trop les gens. Elle préfère son rat, à qui elle a donné le nom de son père, parce qu’il a quitté le navire. Le jour où elle apprend que ses filles vont mal, Anna prend une décision folle : elle les embarque pour un périple en camping-car, direction la Scandinavie. Si on ne peut revenir en arrière, on peut choisir un autre chemin. »

J’avais oublié je crois l’amour qui unit les personnages de chacun de ses romans. Celui si beau qu’il vous tire les larmes des yeux, vous créent des boules d’émotion dans la gorge et vous fait papillonner le ventre. Oui, lire Virginie Grimaldi est bon pour la santé et vous donne votre dose d’optimisme et de beauté du monde journalière.

Et à l’instar des personnages récurrents que l’on retrouve d’une intrigue à une autre, liant ainsi l’œuvre dans son intégralité, j’ai noté d’autres récurrences. Le personnage de la grand-mère bienveillante, extra lucide et attachante. Je n’ai pu m’empêcher de faire le lien avec le recueil 2.0 Chère Mamie. Le couple de personnes âgées bravant les interdits pour vivre pleinement une vie qu’ils savent sur le déclin, et par la même jouir pleinement de chaque instant. Les adolescents torturés mais plein d’amour, qui ne savent pas dire je t’aime, dans un monde où ils ont peur d’être rejetés. Et enfin, l’héroïne qui traverse l’adversité la tête haute, dans une quête effrénée de bonheur et de plénitude, malgré les facéties jouées par la vie.

J’espère qu‘Il est grand temps d’allumer les étoiles de Virginie Grimaldi illuminera votre weekend comme il a illuminé cette trop courte journée passée en sa compagnie. Je le quitte avec quelques regrets, notamment celui de l’avoir lu trop vite, mais sans remords car j’ai mes propres étoiles à porter au firmament.

Belle lecture à vous !

Il est grand temps de rallumer les étoiles de Virginie Grimaldi est disponible aux éditions Le Livre de Poche.