Café Society

Biographie, Feel Good

Ennemi : (nom masculin) personne qui s’oppose à un autre. Et lui nuit. Deux sœurs, amies par essence peuvent elles se retrouver dresser l’une contre l’autre par une haine qui a consumé cet amour familial ? Deux hommes que tout opposent sont ils assez puissants pour mener ce tour de force ? Ou suffit il que la mauvaise fortune s’en mêle ?

Les sœurs Livanos, Stéphanie des Horts

La Grèce Antique. Berceau de la tragédie. De cette fortune qui s’abat sur soi, si tant est que l’on ait offensé les Dieux, qu’on se soit joué d’eux ou pis, qu’on se soit pris pour l’un deux. La Grèce. Berceau de la tragédie contemporaine que fut le destin des sœurs Livanos, qui se sont ôtées la vie à force d’amour. Berceau de la guerre des nerfs entre deux manias des mers. Bâtissant leur fortune au gré des flots et de la jalousie qu’ils attisent l’un envers l’autre.

La Grèce comme héritage. Deux sœurs qui avaient tout pour être érigées au statut de déesses, mais qui ont sombré dans leurs vies de paraître. Des maris absents et volages, à la main lourde et aux présents fastueux, qui n’ont eu de cesse de vouloir briller plus haut, plus fort, plus vite. Quitte à s’en brûler les ailes.

« Elles avaient tout : la beauté, l’intelligence, l’élégance, la fortune. En épousant les richissimes Onassis et Niarchos, elles ont cru atteindre leur idéal. Elles ignoraient que ces séducteurs, hommes d’affaires redoutables et ennemis jurés, ne vénéraient qu’un dieu : l’argent. L’amour n’était qu’une arme de plus au service de leur pouvoir. De New York et Paris aux somptueuses villas de la mer Egée en passant par Saint-Moritz, les sœurs Livanos illuminent les soirées de la jet-set. Elles se jalousent, s’adorent, se détestent tandis que leurs maris s’affrontent à coups de pétroliers, de palais, d’œuvres d’art, de manipulations politiques ou mondaines. Mais derrière les flashes des paparazzis et les sourires envoûtants de Jackie Kennedy, Maria Callas, Gianni Agnelli ou Marilyn Monroe, un drame se joue. Quatre fauves ont lié leur destin pour mieux se déchirer.« 

Ce n’est pas tant les sœurs Livanos qui nous sont comptés, qu’une époque fastueuse, où l’on croise des personnalité en mal de notoriété, d’argent, de paraître, de renommé. Où les sourires ne sont que de façades, quand des couteaux vous sont plantés dans le dos. Enfant, je regardais Dallas (en rediffusion) puis plus tard Gossip Girl. Je me dis alors que rien n’a été inventé. Que cette hallucinante vacuité ne pouvait être qu’exagérer. Il semblerait que mon innocence et moi-même étions bien loin du compte.

J’avais aimé découvrir la plume précise et documentée de Stéphanie des Horts en mars dernier avec la vie mouvementée – à l’amour, à la haine – des sœurs Bouvier. Il me tardait de la retrouver et c’est avec un plaisir non feint que je me suis délectée des courtes trajectoires abyssales des vies des Soeurs Livanos.

Bonne lecture à vous !

Les sœurs Livanos, de Stéphanie des Horts est disponible aux éditions Le Livre de Poche

Deux sœurs pour un royaume

Biographie

Sœur : (nom féminin) Personne de sexe féminin, considérée par rapport aux autres enfants des mêmes parents. Mais encore nom donné à une femme à laquelle on est lié par une grande tendresse. Dans ce cas présent, par une jalousie malsaine qui tend à vouloir devenir l’autre, au point de se perdre elle-même. 

Jackie et Lee, Stéphanie des Horts

Des sœurs Bouviers, je connaissais surtout Jackie Kennedy. En tant que First Lady du président assassiné durant son mandat, j’ai nommé John Fitzgerald Kennedy. Mes cours d’histoire  de Terminal évoquant surtout la Guerre Froide, je me rappelle surtout la crise des missiles de Cuba. Et le meurtre à Dallas. Quant à Lee Radziwill, son nom m’évoquait rapidement une lecture d’été( comprendre peu de mots lus, mais un visionnage compulsif de photos) dans un Paris Match quelconque quelque peu anti daté.  Voici peu où prou l’état de mes connaissances quant à ses deux sœurs.

Avec ce roman biographique hyper documenté qu’est Jackie et Lee, Stéphanie des Horts nous dresse sans pathos, ni emphase, avec la froideur et la précision d’un chirurgien les faits marquants des vies de ses deux sœurs. Inextricablement liées. L’aînée, qui vend son bonheur au profit d’un statut social. La cadette, qui envie son aînée au point de ne jamais goûter ce bonheur qu’elle a pourtant à portée de main.  « Deux sœurs. Un destin. Américaines. Chic. Glamour. Deux sœurs intelligentes et belles. La première aura tout, la seconde en rêvera. La première épouse un président et s’érige en symbole. La seconde s’unit à un prince sans fortune et sans gloire. Jackie et Lee Bouvier entrent dans la légende. Leurs amants s’appellent Gianni Agnelli ou Aristote Onassis. Elles fréquentent Cecil Beaton, Andy Warhol, Mick Jagger. Elles lancent les Hamptons, font vibrer Palm Beach. Sur la côte amalfitaine, Benno Graziani shoote à tout va pour Paris Match, c’est la dolce vita… Et soudain, le drame : Dallas, 22 novembre 1963.  Jackie va enfin faire profil bas, songe Lee. Elle se trompe, Jackie se prend pour le soleil et Lee marche dans l’ombre de son aînée. De l’Inde de Nehru à la Ve avenue, du bal Noir et Blanc de Truman Capote aux pontons de Martha’s Vineyard, Jackie Kennedy et Lee Radziwill s’affrontent à coups de secrets inavouables, de serments bafoués et de testaments que l’on préférerait oublier. Alors, les sœurs Bouvier, des filles infréquentables ou les dernières princesses de l’Amérique ? »

La Guerre Froide. Je crois que cette crise définit parfaitement leur relation fusionnelle faite de coup bas et de coup en traître. Basée sur l’amertume et la jalousie, la vanité et l’idée puissante qu’elles sont nées pour accomplir quelque chose dont nul autre ne pourra se vanter. Deux femmes, maîtresse de leur destin, à qui tout réussi. Deux femmes qui ne m’ont jamais autant semblé antipathique, par leurs attitudes. Elles sont le nombril de leur monde, écrasant tout sur leur passage – maris, amants, enfants compris. Elles ont vendu leurs âmes pour briller dans un firmament éphémère. Deux sœurs pour un royaume qui n’était pas de taille à supporter deux égos aussi démesurés.

Je lis très rarement de roman biographique. Pour je m’en délecte à chaque fois à ma grande surprise. Ma lecture de Jackie et Lee de Stéphanie des Horts a changé la donne. J’ai aimé lire la vie de ces deux femmes, que j’assimilais à des images de papier glacé. Qui se dont données les moyens de vivre cette vie hors du commun. Vie qu’elles se sont partagées, pour le meilleur, mais surtout pour le pire. De l’amour à la haine il n’y a qu’un pas qu’elles n’ont eu de cesse de franchir.

Belle lecture à vous !

Jackie et Lee, de Stéphanie des Horts est disponible aux éditions Albin Michel