La Bretagne comme thérapie

Feel Good

Bretagne : (nom propre) Région qui résiste toujours et encore à l’envahisseur (coucou les parisiens), qui sent bon les embruns et le caramel au beurre salée. Région de racines et de cœur également. Même s’il y pleut souvent !

Du homard aux petits pois, je suis un cordon bleu hors pair !

La Délicatesse du Homard m’a d’abord séduite par son titre. Je fais partie de la génération Friends, et je dois dire que la scène où Phoebe explique à Rachel et Ross qu’ils sont le homard l’un de l’autre m’a toujours faite sourire. Comprendre en fait qu’ils sont âmes sœurs. Depuis le homard est bien plus qu’un pêché gourmand à mes yeux, il revêt un côté fleur bleue.

Le quatrième de couverture m’a quant à lui intrigué : « François, directeur d’un centre équestre en Bretagne, découvre, lors d’une promenade à cheval sur la plage, une jeune femme inconsciente au pied d’un rocher. Plutôt que d’appeler les secours, il décide sans trop savoir pourquoi de la ramener chez lui pour la soigner. A son réveil, l’inconnue paraît en bonne santé, mais peu encline à parler. Elle dit s’appeler Elsa mais refuse de répondre à ses questions. Commence alors entre le célibataire endurci et cette âme à vif une étrange cohabitation, où chacun se dévoile peu à peu à l’autre sans pour autant totalement révéler les secrets qui le rongent. Et même si le duo en s’apprivoisant s’apaise, leur carapace peine à se fendre… Qui est Elsa et quelle vie est-elle en train de fuir ? »

Soyons honnête, la Bretagne a encore été un facteur déterminant dans mon choix. J’étais d’ailleurs persuadée que l’intrigue se déroulait en Morbihan, j’ai lu ces premières pages comme une madeleine proustienne. J’ai souri intérieurement quand j’ai compris que je me retrouvais à nouveau près de Brest. Mon inconscient essaie-t-il de me faire passer un message ? Le mystère reste entier !

Grâce à la plume de Laure Manel, j’ai pu faire la rencontre de deux âmes fortes, dont une qui s’ignore, en les personnes de François et Elsa. Leurs voix se font échos au fil des pages, avec un jeu de point de vues alternés, à chaque chapitre. J’ai beaucoup aimé ce procédé stylistique, qui m’a littéralement séduite, et qui permet de sentir les liens qui se tissent entre les deux narrateurs.

D’un côté Elsa, qui a abandonné sa vie derrière elle, prête peut être même à abandonner la vie. Dont on découvre les fêlures au fur et mesure qu’elle en passe outre et qu’elle les surmonte, notamment grâce à l’équithérapie. Et à sa fuite en Bretagne. La Bretagne comme thérapie donc. On retrouvait également cette idée dans Entre Mes Doigts Coule Le Sable, de Sophie Tal Men. C’est joli, et tellement vrai.

Et d’un autre côté François, célibataire travaillomane, qui va fendre sa carapace au fur et à mesure qu’Elsa va réapprendre à aimer vivre. Leur rencontre est cathartique. Tout ce que je peux vous dire, sans gâcher le plaisir, c’est qu’à travers son roman, Laure Manel nous offre une belle leçon de vie.

La lecture de La Délicatesse du Homard offre une vraie bulle de douceur et m’a apportée beaucoup de bonheur. Le bonheur de découvrir un nouvel auteur talentueux, qui a su me tirer une larme, et surtout me faire sourire. Il y a dans l’écriture de Laure Manel quelque chose de lumineux et de délicat, un peu comme une bulle de champagne, qui nous enivre juste ce qu’il faut.

Belle lecture à vous ! 🎈

La Délicatesse du Homard est disponible aux éditions Livre Poche.

Ici c’est BREST !

Feel Good

Brest : (Nom propre) Ville où il pleut beaucoup et dont la mairie est la 2de plus moche de France (coucou Le Havre). J’y ai accessoirement fait mes études, et vécu mes soirées estudiantines !

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Mise en abîme de bronzeuse désœuvrée à la plage bretonne

Malgré le fait d’y avoir habité somme toute 8 longues années, je n’ai malheureusement pas succombé aux charmes de cette ville. Au grand damn de mes amis brestois. Mais il m’est toujours plaisant de pouvoir vivre une intrigue aux regards de mon vécu. Même si la Bretagne est mon seul point commun avec l’intrigue, à l’exception peut-être de quelques soirées médecines ….

C’est un jour de pluie (sans mauvais esprit ni jeux de mots) que je me suis laissée aller à feuilleter Les Yeux Couleurs de Pluie. Mon mal de Bretagne et mon manque de salidou l’ayant emporté sur la raison, je suis repartie avec le premier roman de Sophie Tal Men. Le quatrième de couverture ayant fini de me convaincre : « Les tribulations d’une étudiante en médecine, affectée à Brest du jour au lendemain. Le bout du monde à ses yeux…
Pour Marie-Lou, c’est une nouvelle vie qui commence, loin des siens, de ses montagnes. L’insouciance et la légèreté de ses vingt-cinq ans se mêlent à la dure réalité de l’hôpital, des gardes aux urgences, du contact avec la maladie. Et au beau milieu de la nuit, cette Savoyarde en ciré jaune croisera Matthieu, un surfer, interne en ORL. Ce loup solitaire, mystérieux et poétique, arrivera-t-il à lui faire une place dans sa vie ?
»

J’ai donc passé quelques bons moments avec Mathieu et Marie Lou, les amoureux têtus et perdus, au gré de leurs internats et leurs soirées, de la pluie bretonne. La vie au rythme des marées, en quelques sortes. Une petite parenthèse de bien être en somme, pour la bretonne en mal de pays que je suis.

Ce qui m’a plu dans ce roman : le lieu de villégiature, et le nom de famille du protagoniste principal (coucou copain) mais pas que ! Outre le fait que l’univers médical soit omniprésent, on ne tombe jamais dans le pathos. Sophie Tal Men a subtilement mêlé drames et miracles, avec humour et délicatesse.

Je suis donc sortie heureuse et légère à la fin de la lecture des Yeux Couleurs de Pluie ! Je ne savais pas encore que j’allais recroiser le chemin de nos amoureux torturés à 2 reprises cet été, pour le meilleur de mes vacances, avec Entre Mes Doigts Coule Le Sable et De Battre la Chamade !

Le second opus nous entraîne dans un second trimestre d’internat plutôt mouvementé, avec une valse des personnages secondaires qui nous permet de découvrir d’autres pans des personnalités de Matthieu et Marie Lou. Et de changer un peu la toile de fond, pour l’ile De Groix ! En effet, avec Entre Mes Doigts Coule le Sable, l’auteur nous plonge dans les affres des addictions, mais avec cette touche d’optimisme qui la caractérise, elle offre également la rédemption.

Quant au 3ème opus, De Battre la Chamade, que j’ai littéralement avalé, il permet de nous évader à Quimper ! Je n’en dirais guère plus au risque de vous gâchez votre plaisir à venir ! Mais sachez que ce petit tour de Bretagne est rafraîchissant, et qu’il a réussi à me faire battre la chamade !

Bonne lecture a vous ! 🎈

Les deux premiers volumes sont disponibles chez Livre de Poche et De Battre la Chamade aux éditions Albin Michel, ainsi que dans toutes bonnes librairies bretonnes qui se respectent !