La Bohème

Feel Good

Bohème : (nom féminin) au 17ème siècle, description d’un personnage vivant en marge de la société et cultivant une forme nouvelle de liberté de pensée, ainsi qu’un souci vestimentaire excentrique. La Cour des Miracles en tant que lieu de vies, dans les souterrains parisiens. Une vie de liberté en sommes. 

Fille de Bohème, Vania Prates

Deux types de personnages historiques m’ont toujours fascinée : les pirates et les saltimbanques.  Certes, ils ne sont pas politiquement corrects mais tellement plus intéressants à étudier. Cette soif de liberté qui émanaient d’eux est une vraie source d’inspiration pour moi. Je me suis souvent plu enfant à me glisser dans la peau d’un de ces fascinants bandits.

Depuis, j’ai vieilli. Mais cette admiration sans failles m’est resté. Dans ma vie en générale. La liberté est ce que je chéri le plus, et quel beau moyen d’expression qu’est l’art.  Cela influe notamment mes goûts littéraires et cinématographiques. J’ai regardé en boucle L’Ile aux Trésors avec Gina Davis, et je crois qu’encore maintenant je prendrai plaisir à le regarder. Et je connais les dialogues par cœur.

C’est ainsi qu’en cette période confinée – en cage dans une prison dorée qu’est mon appartement douillet – j’ai un besoin farouche d’évasion et de liberté. Et que ma lecture de Fille de Bohème de Vania Prates ne pouvait pas mieux tomber : « L’enterrement de vie de jeune fille de Laura, la meilleure amie de Mélissandre, est une folie, une débauche de danseurs, ventriloques, mimes, clowns, magiciens et cracheurs de feu. Sans oublier l’hypnotiseuse… Méli, plus que sceptique, accepte de se laisser faire. Elle n’imagine pas une seule seconde que cette séance va bouleverser son existence bien rangée… Car depuis, elle est hantée par de puissants rêves et découvre, songe après songe, la vie aussi dangereuse qu’exaltante d’Éveline, une bohémienne de la cour des Miracles…
Comment expliquer que cette époque lointaine lui semble si familière ?« 

D’une vie étriquée où seules les luxueuses apparences comptent, à une vie d’entraide et d’écoute à la place du Tertre et sa vie d’artiste prégnante, il y a une longue chemin. Une introspection qui permet de remettre au centre de la vie les vraies valeurs. Et de ce rendre compte qui sont réellement les gens sur lesquels on peut compter.

D’une vie de larcin à la Cour des Miracles aux appartements luxueux des Nobles qui ont leurs entrées à la cours, il y a une longue réflexion teintée de courage et d’humilité.

De ses deux vies aux antipodes, il y a une femme qui apprend à suivre son cœur plutôt que les conventions sociales, carcan étriquée dans lequel elle n’arrive plus à respirer.

Ce fut une belle surprise que cette lecture de Fille de Bohème de Vania Prates, qui m’a fait voyager dans cet univers tant aimé des saltimbanques, ces artistes libres comme l’air qui me fascinent tant.

Belle lecture à vous !

Fille de Bohème de Vania Prates est disponible aux éditions Pocket. Il a reçu le prix du livre Romantique. 

Passé composé

Feel Good

Épistolaire: (nom masculin) qui a rapport à la correspondance par lettres. J’affectionne ce genre qui enlève quelques pudeurs quant aux sentiments et ressentis. La correspondance de Flaubert à Louise Collet est un bijou d’exaltation et de poésie. Plus cru et toujours dans l’air du temps, dans un registre imaginaire, la correspondance du Vicomte de Valmont, tantôt érotique, tantôt guerrière, tantôt romantique.

A l’heure du digitale et de l’instantané, il n’est pas mince affaire que d’entretenir une correspondance manuscrite, qui confère une part d’incertitude, de patience et de temps à s’octroyer pour que la missive soit construite, présentable et surtout lisible. C’est un de mes rêves, sans cesse avorté, que d’entretenir un lien épistolaire. Je ne vous remercie pas, messageries instantanées et autres réseaux sociaux, qui n’ont de cesse de me rappeler que « je suis née trop tard dans un monde trop vieux« . 

C’est forte de toutes ses pensés que j’ai jeté mon dévolu sur les Lettres de Rose, premier roman de Clarisse Sabard, malgré son prix du livre romantique. Car oui, au grand dam de mes proches, je suis un incurable bourin. Et le pire, c’est que je l’assume en pleine conscience. « Lola a été adoptée à l’âge de trois mois. Près de trente ans plus tard, elle travaille dans le salon de thé de ses parents, en attendant de trouver enfin le métier de ses rêves : libraire. Sa vie va basculer lorsqu’elle apprend que sa grand-mère biologique, qui vient de décéder, lui a légué un étrange héritage : une maison et son histoire dans le petit village d’Aubéry, à travers des lettres et des objets lui apprenant ses origines. Mais tous les habitants ne voient pas d’un bon œil cette étrangère, notamment Vincent, son cousin. Et il y a également le beau Jim, qui éveille en elle plus de sentiments qu’elle ne le voudrait… Réveiller les secrets du passé lui permettra-t-il de se tourner vers son avenir? »

Des secrets de famille tellement enfouis qu’ils auraient dû être ensevelis à jamais. C’est sans compter la culpabilité d’une vieille femme, qui à l’aube de sa mort, se doit de d’offrir la vérité à sa petite fille, Lola. Abandonnée à la naissance. Le sujet traité est lourd et aurait pu rapidement tomber dans le pathos, si les personnages n’étaient pas des incurables optimistes, tout droit sortis de Coup de Foudre à Nothing Hill.

L’auteure navigue avec habilité entre les points de vues des ses protagonistes féminines – des femmes fortes aux peu de scrupules-  et les ellipses temporelles qui les ancrent dans leur époque. On assiste à une histoire de famille peu commune, où l’amour n’a malheureusement eu que peu sa place, grâce au découverte de Lola. Héroïne aux antipodes de ces ascendantes.

On se plait à découvrir les noirs secrets a posteriori via des missives et des journaux intimes, qui ne s’attendaient pas forcément à trouver leur lectrice. Avec les Lettres de Rose, Clarisse Sabard a signé un joli roman, qui se lit aisément. Et qui vous aidera à vaincre ce spleen propre à l’automne. 

Belle lecture à vous !

Les lettres de Rose de Clarisse Sabardsont disponibles aux éditions Charleston.