Noëls austiniens

Feel Good

Jane Austen : (nom propre) Femme de lettres anglaise du 19e siècle. A travers ses œuvres, elle met en lumière la dépendance des femmes à l’égard du mariage pour obtenir statut social et sécurité économique. Elle raille notamment les romans sentimentaux de la seconde partie du 18e. C’est à mes yeux l’une des plus belles plumes de son siècle.

Noël et Préjugés

Si je ne devais garder qu’un livre de l’oeuvre de Jane Austen, ce serait Orgueil et Préjugés. Parce qu’il est intemporel et qu’il dresse des caractères, des plus détestables au plus aimables, et qu’il fait la part belle à la droiture et au code d’honneur. Celle qui n’est pas tombé amoureuse du sombre Darcy, lève la main. Ce n’est pas pour rien que Bridget Jones en à fait son idéal masculin.

A travers Noel et Préjugés, nous assistons à six réécritures contemporaines et enneigées de l’amour qui unit Elisabeth Bennet à Fitzwilliam Darcy : « Pour Noël, Eva se voit offrir une cure d’amaigrissement détox en Savoie, Cassandra un séjour de rêve dans un hôtel perdu dans les montagnes. Lisa se réfugie chez sa psychanalyste, terrifiée à l’idée de revoir son amour de jeunesse. Vincent tente désespérément de reconquérir son ex avec l’aide d’un coach en séduction loufoque. Lara est enfermée dans un magasin de jouets avec son chef qu’elle exècre, quant à Charlie, elle est coincée dans une tempête de neige à New York, coupée du monde à un moment crucial…Ces six personnages ne se connaissent pas, mais sont liés à leur insu par le même roman : une ancienne édition d’Orgueil et Préjugés à la couverture rouge, qui passe de main en main et pourrait leur porter chance… ou pas ! »

Nous croisons six personnages aux antipodes, unies par un livre rouge, celui de leur auteure fétiche. Il sera le trait d’union qui permettra de vivre un amour naissant ou de raviver les braises du passé. Voire dans un cas certain, de les enterrer pour de bon. Les nouvelles se suivent mais ne se ressemblent pas. J’ai retrouvé la patte des auteures que j’aime déjà telles Marie Vareille ou Sophie Henrionnet. Mais j’en également découvert d’autres plumes, dont il me tarde d’en lire plus.

Si tout comme moi vous avez d’ores et déjà enclenché le compte à rebours avant Noël, vous pouvez prendre votre mal en patience avec ce recueil de nouvelles, qu’est Noël et Préjugés, toutes plus barrées les unes que les autres.  Ce livre s’accompagnera parfaitement d’un thé à la cannelle et de marrons glacés, lové sous un plaid, prêt d’une cheminé.

Belle lecture à vous !

Noël et Préjugés, nouvelles des auteures Marianne Levy, Marie Vareille, Tonie Behar, Sophie Henrionnet, Isabelle Alexis et Adèle Bréau est disponible aux Editions Charleston.

Le vilain petit canard

Feel Good

Débutante : (nom féminin) Jeune fille qui sort la première fois en haute société et dont le le point d’orgue est un bal, issu de la tradition britannique. Haut lieu de raffinement où il vaut mieux être bien accroché à ses talons si on ne veut pas tomber avec disgrâce lors d’un rock endiablé.

dDébutantes de Jonah Lisa et Stephen Dyers

De par mon choix de lycée, j’ai eu la chance de me rendre à quelques reprises à des bals et Galas. J’en garde un souvenir mémorable. Surtout du premier.  Par le fait de ne pas m’être franchement senti à ma place, mais d’avoir su en tirer profit et d’en avoir au final bien ri. Mais également fait rire les autres, quand je me suis retrouvée talons en l’air sur la piste de danse.  Depuis ce jour, il va y avoir quinze ans bientôt, je maudis les talons hauts. Ce qui n’est pas du tout un handicap quand on est tout en jambes comme moi. Du haut de mon mètre cinquante neuf.

C’est la photo de la couverture qui a attiré de prime abord mon regard sur le livre Débutantes de Jonah Lisa et Stephen Dyer.  Une jolie robe avec une paire de boots, mon presque uniforme au quotidien. Puis le quatrième de couverture, quim’a fait sourire, en me rappelant à mes vieux souvenirs :« Grande gueule et fan de foot, Megan n’a rien de la petite demoiselle texane bien comme il faut. Mais rien du tout. Il faudrait être fou pour l’imaginer intégrer la saison des débutantes – robes à froufrous et tasses à thé… Or ça tombe mal : sa mère l’a inscrite sans son consentement à cette tradition familiale. Dans un mois c’est le bal de fin d’année. Adieu crampons et protège-genoux ! Bonjour, bonnes manières et talons haut ! Entre orgueils et préjugés, Megan s’apprête à entrer dans le monde et ne compte pas se faire fouler l’herbe sous les escarpins. »

Je dois dire que ma lecture à eu un goût inattendue.  Avant d’aller plus loin, sachez en effet que nous avons le droit dans ce roman a une réécriture assez sympathique du classique mais néanmoins parfait Orgueil et Préjugés, de Jane Austen. Je ne m’en suis rendue qu’au milieu de ma lecture, et cela ne m’a pas déplu. Toutefois, cela m’a un peu gênée qu’il n’y soit pas fait référence au préalable.

L’intrigue à d’originale qu’elle se passe au Texas. Je dois vous avouer qu’à part les pérégrinations de JR et de Sue Helen, je ne connaissais pas d’intrigues évoluant dans cette ville qu’est Dallas. Ne jugez toutefois pas mon âge par rapport à mes références, je vous prie. Quant à la bande son de ma lecture, il vaut mieux pour vous ne jamais le savoir*.

Les auteurs nous font passer avec brio des vestiaires de football féminin aux classes de maintien et de danse de salon, dans lesquelles leur heroine, Mégan, évolue et tend à rentrer par la raison dans l’âge adulte, en apprenant notamment que les apparences puissent être trompeuses. Autant son personnage prend de l’épaisseur au fil des pages, autant je suis assez déçue du traitement superficiel qu’est affligé à son Darcy. Je crois que cela n’aurait pas plu à Bridget Jones.

Sur cette dernière référence de qualité, je vous laisse vous faire votre propre avis sur Débutantes de Jonah Lisa et Stephen Dyer.

Belle lecture à vous !🎈

Débutantes de Jonah Lisa et Stephen Dyer est disponible aux éditions Pocket.

* La curiosité est un vilain défaut. J’ai imaginé Lucky Lucke quittant le soleil couchant sur cheval blanc sur un air de « I’m a poor lonesome Cowboy… »

Une fille au masculin, un garçon au féminin

Feel Good

Adaptation : (Nom féminin) transformation d’une œuvre pour la rendre propre à une autre destination. Se dit à l’origine d’une œuvre musicale mais cela peut tout aussi bien s’appliquer à un ouvrage littéraire de qualité.

Si vous ne l’aviez pas déjà compris, Jane Austen est une de mes auteures préférées. Son modernisme et les valeurs qu’elle transpose dans ses écrits en ont fait à mes yeux une héroïne des temps modernes. J’ai dû lire Orgueils et Préjugés il y a dix ans maintenant, et il fait partie de mes livres chouchous. La droiture de Darcy et la beauté des sentiments d’Elisabeth Bennet ont eu raison de mon cœur d’artichaut.

La première adaptation à laquelle j’ai été confrontée fut cinématographique et signée Joe Wright, à qui l’on doit également un superbe Anna Karenine. Elle m’a fait trembler pour Jane Bennet, m’a donné envie de claquer Darcy et également de l’embrasser, m’a fait pleurer devant l’éclosion en tant que femme d’Elisabeth Bennet.

La seconde a été celle de Lynn Messina, réécriture contemporaine qui a une particularité plaisante : le sexe des protagonistes principaux est changé. Cela m’a fait penser sans vraiment de raison au troisième sexe d’Indochine. La musique toujours en filigrane dans ma tête. Quel joyeux bazar là-dedans ! Bien que mon libraire de quartier m’ait déconseillé cet ouvrage sous prétexte qu’il ne l’avait pas en rayon, j’ai persévéré dans mes recherches et ai fini par mettre la main dessus. Grand bien m’en a pris, comme vous pouvez déjà le constater en jetant un coup d’œil au quatrième de couverture : « Tout le monde connaît Darcy : riche, fière, désapprobatrice et froide. Bennet Bethle la connaît lui aussi, ou, du moins, ce type de femme. Travaillant au mécénat du musée Longbourn, un établissement reculé du Queens, il rencontre de nombreuses héritières qui passent leurs journées à se tourner les pouces. Mais en dépit de son air d’indifférence, l’intérêt de Darcy a été piqué par l’irrévérencieux Bennet, qui la croise fréquemment en compagnie de son amie Charlotte « Bingley » Bingston. Charlotte qui souhaite organiser un bal à l’hôtel Netherfield au profit du musée. Enfin, organiser un bal ou draguer le frère de Bennet, on ne sait pas trop quelle est la raison principale. Cependant, une chose est claire : Bennet n’aime pas Darcy…  »

Autant vous le dire tout de suite, j’ai adoré cette transposition dans le New York branché du XXe siècle, où les froides demeures anglaises ont été échangées par des penthouses de Central Park. Darcy en glaciale héritière prétentieuse n’est pas sans nous rappeler une certaine Blair Warldof ( Gossip Girl quand tu nous tiens), et n’a rien à envier en terme de grâce aux héroïnes hitchcockiennes. En outre, la famille Bennett a été revue à la baisse : l’horripilante matriarche est devenue le directeur d’un musée du Queens, appâtée par les fioritures du luxe. Quant aux autres trois sœurs cadettes, elles sont devenues un cousin suffisant, dans tous les sens du terme.

Je me suis plue dans cette lecture à chercher les similitudes avec l’œuvre originale, mais également me délecter des prises de distances contemporaines. En bref, à mes yeux, un petit bijou feel good dont on connaît déjà la fin, ce qui n’empêche pas de nous faire douter jusque la dernière page.

Belle lecture à vous ! 🎈

Préjugés et Orgueil de Lynn Messina est disponible aux éditions Diva Romance.