La bonne étoile

Feel Good

Etoile : (nom féminin) Tout astre visible – exceptée la lune et le soleil -, point brillant dans le ciel la nuit. Point de repères des marins, technique de drague infaillible dans les films à l’eau de rose, petit rat de l’Opéra ou encore titre honorifique en gastronomie décernée par le prestigieux Guide Michelin. Les étoiles nous guident et nous transcendent, par la beauté qui transparait d’elles.

Depuis la plus tendre enfance – je songe à rebaptiser ce blog les mémoires de mamie Clémence – j’aime la cuisine et plus particulièrement les plaisirs de la table. Fut un temps où l’on me qualifiait de gourmande et je rétorquais que j’étais gourmette. Je me languis comme tout un chacun de pouvoir fouler le sol d’un restaurant, et de réfléchir avec gourmandise sur la carte qui me sera proposée.

La restauration fait partie de mes rêves, de mes projets de vie. De ceux que l’on fera peut être un jour. Cette idée a toujours été présente. Depuis que j’ai diné dans un gastro où de belles cloches d’argent recouvraient les plats. J’aime ces tables surannées, guindées, même si hors de mode et de temp. Je laisserai bien évidemment la cuisine aux plus doués qui ne font pas noircir les casseroles, pour me concentrer sur l’accord mets et vins et la salle. Et mes crèmes brûlées seront dorés à la bougie. Ce qui supportent mes âneries savent l’importance que cela revêt à mes yeux.

En attendant, patiemment, mes sens ont été titillés par les plats proposés chez Germaine, qui ont réveillé mon palet et mon nez laissés au repos ces mois passés, restaurant et l’un des personnages central du dernier roman d‘Anne-Gaëlle Huon, Ce que les étoiles doivent à la nuit. « Il n’y a pas de hasard, dit-on, seulement des rendez-vous. C’est ce que va découvrir Liz, cheffe prodige et étoilée, en partant au Pays basque sur les traces de sa mère. Dans un petit village perdu, elle rencontre M. Etchegoyen, dandy insaisissable et plein de panache, qui lui confie les clés de son restaurant et un défi à relever : faire de sa gargote une adresse gastronomique. Mais Peyo, le chef, ne voit pas arriver cette étrangère d’un bon oeil. L’un et l’autre vont devoir s’apprivoiser et affronter ensemble les fantômes de leur passé. »

L’histoire de Liz avait été laissée en suspens dans les Demoiselles, et c’est avec plaisir que je l’ai retrouvée, dans ce pays basque qui fut son berceau. Rosa reprenant son rôle qui fut le sien trente-cinq ans auparavant, de protectrice et de garde fou.

C’est l’histoire d’une reconstruction. Celle d’une femme qui perd pied. Celle d’un homme qui a perdu le gout à la vie. D’un homme qui cherche désespérément à créer le lien avec son enfant, qu’on lui avait enlevé. Celle d’une jeune femme accrochée au battement fragile du cœur de sa fille. C’est l’histoire d’une nuit noire qui va peu à peu s’estomper et laisser poindre l’espoir, et les étoiles qui lui sont associées.

Il y a presque un an je lisais Anne-Gaëlle Huon pour la première fois et avait été transportée par sa plume solaire, qui avait égayé ce quotidien chaotique que nous vivons tous bon an mal an depuis quelque temps. Avec Ce que les étoiles doivent à la nuit, j’ai retrouvé cette joie de vivre et d’optimisme qui mettent du baume au cœur et qui me sont devenus indispensables.

Belle lecture à vous !

Ce que les étoiles doivent à la nuit, d’Anne-Gaelle Huon est disponible aux éditions Albin Michel

A nos souvenirs

Feel Good

Transmission : (nom féminin) le fait de donner quelques chose que l’on a reçu à quelqu’un ou de mettre en possession de quelqu’un d’autre. Leurs souvenirs et leurs expériences de vie sont les plus beaux héritages que nos aînés puissent nous laisser. Pour ne jamais les oublier.

Même les méchants rêvent d’amour, Anne-Gaelle Huon

Une relation fusionnelle avec sa grand-mère c’est une chance que nous ne sommes pas tous en mesure d’avoir, et le cas échéant, de saisir. Or c’est un lien précieux, indéfectible. Les souvenirs du passé, les anecdotes de jeunesse. Les mœurs d’une époque qui a connu la guerre et son après. D’une génération si proche mais en même temps si lointaine de la notre.

Ce passé peut se retrouver perdu si la mémoire tend à prendre la poudre d’escampette. Le présent s’étiole pour laisser la place aux souvenirs, vécus comme de nouveaux moments. J’aime comme la littérature se plaît à mettre du soleil face à cet Alzheimer invasif. Comme la gaieté prend le pas sur reste. J’aime que ne durent que les moments doux, comme s’est plus à chanter Bashung.

Et j’ai aimé cette histoire que nous conte Anne-Gaëlle Huon, avec Même les méchants rêvent d’amour, avec beaucoup de sincérité et de générosité : « Jeannine, 80 ans passés, a la mémoire qui s’effiloche. Les jours sont comptés avant que ses souvenirs plient bagage. Alors Jeannine fait des listes, toutes sortes de listes. Et surtout, elle consigne dans un carnet ce qu’elle n’a jamais osé raconter. L’histoire d’un secret, d’une rencontre, d’un mensonge. Elle se confie à Julia, sa petite-fille. Quand celle-ci la rejoint en Provence, elle découvre une maison de retraite très animée. Tandis que Jeannine semble déjà partie bien loin, le précieux carnet s’offre à Julia comme un cadeau du destin. Entourée d’une bande de joyeux pensionnaires, la jeune femme va tenter de faire la lumière sur les zones d’ombre du récit. Et lever le voile sur l’histoire d’amour bouleversante qui a marqué la vie de sa grand-mère. »

Une mémoire qui se fait la malle, et un journal auquel on intime de tenir un rôle, celui du devoir de mémoire. Une petite fille concernée, qui découvre le passé caché d’une grand mère aimée. Sa jeunesse, ses amours, ses tourments. Des personnes âgées hautes en couleur qui illuminent le quotidien de ceux qui les entourent. Des tourments et des mensonges. Un passé qui resurgit et qui ronge. La rédemption et le pardon à la clé, pour un bonheur retrouvé. Le tout saupoudré avec beaucoup d’amour. Il n’y a pas d’âge pour être aimé en retour.

C’est avec humanité et chaleur qu’Anne-Gaëlle Huon nous offre un roman à son image, solaire et débordant d’amour. A lire donc sans plus tarder, Même les méchants rêvent d’amour.

Belle lecture à vous !

Même les méchants rêvent d’amour d’Anne-Gaëlle HuonAnne-Gaëlle Huon est disponible aux éditions le livre de poche