Paint it Black

Horreur

Bourbon : (nom masculin) alcool analogue au Whisky, à base de Maïs, fabriqué aux Etats-Unis. C’est aussi la potion magique d’un certain Kid, qui après l’avoir bu, obtient une force surhumaine. Et une voix signature. La rocaille.

Le Pape, le Kid et l’Iroquois, Anonyme

Lorsque vous vous immergez dans un livre d’Anonyme, un voile noir se pose sur le décor. L’intrigue se déroule sous vos yeux en noir et blanc, excepté les touches vermillons. Tout du moins, c’est comme cela que je vis ma lecture. Et quoi de mieux que les Stones pour illustrer parfaitement cette absence de couleur. Si vous préférez opter pour la version couleur, choisissez l’option Tarantino, qui dans Kill Bill, fait passer subitement l’écran en noir et blanc pour éviter l’overdose d’hémoglobine.

Avec le Pape, le Kid et l’Iroquois, nous assistons à la rencontre des deux personnages centraux de l’œuvre anonyme.  A savoir le tueur de vampire, j’ai nommé le Bourbon Kid et la machine à tuer sortie de Vendredi 13, l’Iroquois. Comme un gout de match de catch dans le kitsh, mais c’est tout le charme de cette série Z.  A noter toutefois qu’à l’instar du Cimetière du Diable, l’intrigue est parallèle aux autres romans, mais apporte des éclairages nouveaux sur certains faits divers ou comportements.  « D’un côté, le Bourbon Kid, tenant du titre de tueur en série le plus impitoyable et le plus mystérieux que la terre ait jamais porté. De l’autre, avec plus d’une centaine de victimes à son actif, l’Iroquois, blouson de cuir rouge, masque d’Halloween surmonté d’une crête, challenger et sérieux prétendant au titre. Le combat s’annonce terrible.
Dans les coulisses : une organisation gouvernementale américaine spécialisée dans les opérations fantômes, une nonne, un sosie d’Elvis, quelques Hells Angels et une cible de choix pour nos psychopathes frénétiques : le pape, en voyage secret aux États-Unis.
Sur la musique de Grease, nous vous convions au spectacle littéraire le plus déjanté de la décennie. »

Des prostitués agents secrets. Dr Jekyll sans M. Hyde. Mozart, l’homme au mille visage. Un sosie d’Elvis. Le Pape. Bébé qui veut devenir Sandy Olson et ainsi sortir de son coin (pardon). Frankestein. Une nonne psychopathe. Imaginez ce glorieux casting rejoindre nos deux sympathiques tueurs dans un remake de Jason Bourne. Mélangez le tout et vous obtenez un savoureux mélange de gore, de trash et de politiquement incorrect, complètement barré s’il est encore utile de le préciser.

Comme à l’accoutumé, je me suis éclatée comme une petite folle pendant cette lecture. Pas le temps de s’ennuyer, ni de se poser de questions. L’intrigue avance tambour battant, en laissant son lot de cadavres coupables au passage. J’ai également beaucoup ri, ne serait ce que grâce aux conversations lunaires.  Comme si Le Machete donnait la réplique à Bree Van der Kamp.

En bref, Le Pape, Le Kid et l’Iroquois d’Anonyme est une lecture délicieusement barrée, imaginative et sans limites. J’ai tout bonnement adoré, d’autant plus que la plume est fluide, et contre toute attente, le verbe relativement haut.

Bonne lecture (déjantée) à vous !

Le Pape, le Kid et l’Iroquois d’Anonyme est disponible aux éditions Le Livre de Poche.

Trois petits tours et puis s’en vont

Feel Good

Ritournelle : (nom féminin) au sens figuré, ce que l’on répète continuellement. Une sorte de radotage dans un sens. Mais il me semble que je souffre déjà de ce mal, lorsque je retrouve mes vieux amis. 

Trois baisers, Katherine PancolIl y a des lieux, des saveurs, propres à l’enfance, qui ont ce goût de madeleine de Proust. En grandissant, on essaie de retrouver ses souvenirs, qui ont souvent été amplifiés dans notre subconscient, au fil des années. Parfois il arrive de retourner dans nos pas antérieurs, mais pour ma part, cela vire souvent au fiasco. J’exagère peut être mais j’ai grandi depuis, mes goûts se sont affinés. De fait, les lieux me semblent plus exiguës, les goûts plus sûrs ou plus fades. Je crois que certaines choses doivent rester en mémoire plutôt que d’être à nouveau vécues. Ainsi remanger un savane de Papi Brossard n’a pas été la plus brillante idée de cette année.

Il va y avoir dix ans que j’ai croisé le chemin de Katherine Pancol avec Les Yeux Jaunes des crocodiles, et je crois que j’ai eu un coup de foudre pour cette plume métaphorique aux envolées lyriques impossibles. J’ai été séduite par les personnages forts, que ce soit par leurs forts caractères ou par l’absence de ce dernier, par leur métier insolite ou par leur valeur familiale contradictoire. J’ai suivi les aventures de ses protagonistes pendant six tomes et il me tardait de les retrouver dans Trois Baisers.

«Trois baisers, Trois baisers et l’homme caracole, libre, flamboyant, crachant du feu et des étoiles. Ses sens s’affolent, il voit mille lucioles, des pains d’épices, des incendies »

Je suis sortie assez pantoise de cette dernière lecture. Déçue par les personnages. Que j’ai trouvés au final plats, et sans trop de saveur, comme un plat qu’on aurait trop réchauffé. Quelques épices ajoutées à la va vite mais qui ne donnent pas vraiment de liant. Pardonnez moi cette métaphore culinaire mais je me suis mise à cuisiner depuis peu. Les conséquences joyeuses de mon entrée dans la trentaine. Déçue également par la prose, trop alambiquée par moment, et qui m’a fait perdre le fil d’Ariane de cette histoire de famille atypique, tantôt riante, souvent sordide. Je me plais à croire que toutes les familles ne sont pas aussi dysfonctionnelles et intrinsèquement malheureuses.

Si comme moi vous avez été happés par « la valse lente » des protagonistes lors de vos précédentes lectures, ne passez pas votre tour, vous serez peut être moins critiques que moi, qui peine à trouver une lecture vraiment réjouissante ces dernières semaines.

Bonne lecture à vous ! 🎈

Trois baisers de Katherine Pancol est disponible aux éditions Livre de Poche, ainsi que les 6 précédents opus, que sont Les Yeux jaunes des crocodiles, La Valse lente des tortues, Les Écureuils de Central Park sont tristes le lundi ainsi que la trilogie Muchachas.