Recueil épistolaire 2.0

Feel Good

Épistolaire : (adjectif) genre littéraire formel composé par une correspondance ou un échange de correspondances. Elles peuvent être fictives ou réelles. Mon genre littéraire préféré après le Romantisme.

Chère Mamie, de Virginie Grimaldi

Les romans épistolaires et moi, c’est une histoire d’amour qui remonte au lycée. Je dois à mon choix de filière Littéraire la découverte du génialissime Liaisons Dangereuses, de Choderlos de Laclos. N’ayons pas peur des hyperboles, si vous ne l’avez pas encore lu, je vous conseille de le faire séance tenante. C’est un petit bijou de modernisme et de perversité. L’adaptation cinématographique de Stephen Frears avec Glenn Close et John Malkowitch est tout aussi parfaite d’ailleurs.

Forte de cette lecture, je me ruai vers de vraies correspondances, telles les lettres de Flaubert à Louise Collet ou celles de Balzac à Mme Hanska, pour ne citer qu’elles. Il exhalait de ces écrits une beauté et une passion sans pareil. L’un de mes rêves depuis est d’entretenir une correspondance manuscrite. N’oublions pas que je considère  » [être] née trop tard dans un monde trop vieux ».

Puis vinrent les réseaux sociaux, et leur immédiateté. Les réponses sans filtres et aux fautes d’orthographe en prime. Des inconnus pouvant nous écrire et entrer dans notre intimité sans politesse. J’ai longtemps boudé ces médias, pour finalement succomber au diktat contemporain. Cela m’a permis d’entretenir quelques échanges post études ou post Erasmus. Et de poster des clichés plus ou moins réussis des petits moments magiques du quotidien.

Virginie Grimaldi, que je ne vous présente plus, a réussi avec brio l’exercice de la correspondance 2.0. Sur le réseau social Instagram, elle publie régulièrement des photos dont le commentaire est un épître à destination de sa grand mère. De là est né son dernier livre, Chère Mamie, recueil de photos et histoires du quotidien, dont voici le quatrième de couverture :

« Chère mamie,
J’espère que tu vas bien, et surtout que tu es assise. Il y a plus d’un an, j’ai commencé à t’écrire des petites cartes sur les réseaux sociaux. Des chroniques du quotidien décalées, rédigées en gloussant. Je ne m’attendais pas à ce que mes aventures deviennent un vrai rendez-vous… Alors une idée a germé : et si ces rires partagés devenaient utiles ? J’ai immédiatement pensé à l’association CéKeDuBonheur, dont j’aime la philosophie et l’engagement.
Dans ce livre, tu trouveras plein d’inédits. Des photos pour illustrer. Des grands bonheurs, des petits malheurs, de la vie. Tu m’as donné l’amour des mots, j’ai hâte que tu découvres ceux qui te sont destinés.
Gros bisous à toi et à papy, Ginie »

J’ai aimé découvrir l’année de Ginie racontée à sa grand mère, la folie douce qui point à chaque phrase, l’amour d’une grand mère à sa petite fille, l’amour d’une mère à son fils. Bref, la vie douce et jolie. J’ai souri, ri et me suis émue de ces échanges.

Je ne saurai que vous conseiller la lecture de ce roman épistolaire 2.0 qui vous mettra le baume au cœur en ce mois de novembre cafardeux à souhait.

Belle lecture à vous ! 🎈

Chère Mamie de Virginie Grimaldi est disponible aux Editions Fayard et Le Livre de Poche. Tous les bénéfices sont reversés à l’association Cékedubonheur, qui aide les services pédiatriques à améliorer les conditions de vie des enfants séjournant à l’hôpital à travers de multiples actions.

Une famille pas si parfaite

Thriller

Famille : (Nom féminin) Ensemble des personnes unies par un lien de parenté ou d’alliance. Ou bien encore, ensemble de maffiosi groupés sous l’autorité d’un parrain. Je crois que dans certain cas, il y a plus d’amour ou tout du moins de respect dans cette seconde définition.

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Mise en abîme sur mon canapé moelleux

J’avais beaucoup aimé le roman Les Apparences, qui m’avait permis de découvrir un petit génie du thriller psychologique en la personne de Gillian Flynn. Méconnue pour ma part, même si elle en était à  son troisième roman. Ce titre ne vous évoque peut être rien, mais sachez qu’on doit à David Fincher une excellente adaptation cinématographique, avec Gone Girl. Vous avez déjà pu le constater mais j’ai un certain penchant pour les adaptions, réussies ! C’est vous dire si j’ai été gâtée avec Sharp Object, mini série de 8 épisodes, qui est la transposition pas mal ficelée de Sur Ma Peau.

Si le quatrième de couverture révèle assez vite quels peuvent être les sens de ce titre, la couverture quant à elle avec sa lame de rasoir ne laisse pas l’ombre d’un doute : « La ville de Wind Gap dans le Missouri est sous le choc : une petite fille a disparu. Déjà, l’été dernier, une enfant avait été sauvagement assassinée… Une jeune journaliste, Camille Preak, se rend sur place pour couvrir l’affaire. Elle-même a grandi à Wind Gap. Mais pour Camille, retourner à Wind Gap, c’est réveiller de douloureux souvenirs. A l’adolescence, incapable de supporter la folie de sa mère, Camille a gravé sur sa peau les souffrances qu’elle n’a pu exprimer. Son corps n’est qu’un entrelacs de cicatrices… On retrouve bientôt le cadavre de la fillette. Très vite, Camille comprend qu’elle doit puiser en elle la force d’affronter la tragédie de son enfance si elle veut découvrir la vérité... »

Sur Ma Peau donc est le premier roman de Gillian Flynn.  Avec tout ce que sous entend un premier écrit : moins d’exigences de la part du lecteur, surtout quand on touche la perfection par la suite. Ce n’est clairement pas dans ce prisme que j’ai débuté ma lecture, et ai donc été un peu déçue. Je trouvais que les personnages n’étaient pas assez fouillés. Que leurs noirs secrets n’étaient pas assez exploités. Avec le recul, je me rend compte qu’ils l’étaient bien assez.

On s’envole alors pour « l’Amérique profonde », à Wind Gap, petit bled sans âme du Missouri dont la principale source de revenues est l’élevage porcin.  On rencontre peu de gens, mais le psyché des personnages principaux fait froid dans le dos. Qui sont-il d’ailleurs ? Ce sont trois femmes de trois générations différentes, mais de même famille.

Camille, tout d’abord, fille mal aimée d’Adora et de père inconnu, supporte sa vie à grande rasade de Vodka. La scarification est devenue son mode de communication à l’adolescence. Plusieurs drames ont été vécus pendant cette période, dont le décès de sa demi sœur cadette, à la santé fragile. Sa peau est son journal intime, sa vie marquée au fer rouge, dans sa chaire.

Adora,quant à elle, est maîtresse femme , qui n’a eu de cesse de repousser Camille, trop indépendante, trop « vivante »  a son goût. Rien ne doit dépasser, ni venir ternir la parfaite image qu’elle renvoie à la communauté de Wind Gap.

Pour finir en beauté ce portait de famille apocalyptique se tient Amma, la petite dernière, adolescente insolente. Sa vie  oscille entre maison de poupée et drogues dures, entre destruction et abetissement.

Gillian Flynn nous offre un trio haut en couleur qui n’aura de cesse de brouiller les cartes et ainsi perturber l’enquête sur les meutres horribles commis dans leur ville natale.

J’espere n’en avoir pas trop dit mais assez pour vous donner le goût de le lire !

Bonne lecture 🎈

Sur Ma Peau est disponible aux éditions Le Livre de Poche ; Sharp Objectif est actuellement diffusé sur OCS.