Show me the way to the next Whisky bar

Feel Good

Diable : (nom masculin) Démon, personnage représentant le mal dans la tradition populaire Chretienne. En littérature, Faust vend ainsi son âme à Méphistophélès et Anna Wintour, la grande prêtresse de la mode, prête malgré elle son image à Miranda Priestley, toute de Prada vêtue.

L’enfer est pavé de bonnes intentions, de Lauren Weisberger

Nous commencerons cet article par une confession, et pas des moindres, j’ai adoré Desperate Housewives. A l’heure où la planète a les yeux rivés et le cœur battant pour Jon Snow et ses comparses, je compte bien vous parler de Wysteria Lane. Cela fait parfaitement sens à mes yeux. Il y a dans cette banlieue proprette aux secrets d’alcôves quelque chose d’intemporel. On a cette impression d’être hors du temps et des contingences triviales.

Mais que viennent donc faire The Doors dans ce décor d’apparence idyllique seriez vous tenter de me demander. Ils symbolisent la note de chaos alcoolisée, voire alcoolique de cette lecture au goût de plaisir coupable. Et puis, j’aime énormément ce groupe aussi !

Lauren Weisberger a parfaitement recréé cet environnement dans son dernier roman L’enfer est pavé de bonnes intentions, où l’on retrouve Émilie, le personnage que l’on adorait haïr dans Le Diable s’habille en Prada. Nous voilà donc à quelques kilomètres de New-York, à Greenwich, jolie banlieue huppée aux mamans botoxées et légèrement portées sur la bouteille, aux maris coureurs de jeunes filles au pair et aux enfants diablement tyranniques. Certes cette description est légèrement clichée, mais la plume « Bienvenue à Greenwich, Connecticut, où les gazons et les femmes sont parfaitement entretenus, les mecs et les sodas forts, et où tout le monde a quelque chose à dire sur le nouveau voisin d’à côté. Ex-associée dans un des plus grands cabinets d’avocats de Manhattan, Miriam a depuis peu troqué sa robe contre des leggings hors de prix et commence les cocktails dès le matin. De quoi lui donner le temps d’accueillir dans cette banlieue huppée, où les pièges sont nombreux, Emily – ex-assistante de la grande Miranda Priestly – qui vit une mauvaise passe. Reconvertie en consultante en image à Hollywood depuis son départ de Runway, elle est complètement larguée en matière de réseaux sociaux… et sa rivale n’en rate pas une lorsqu’il s’agit de récupérer ses clients infidèles. Mais quand Karolina, ex-top-modèle, est arrêtée pour conduite en état d’ivresse avec la voiture pleine à craquer des enfants du voisinage, c’est l’occasion pour les trois femmes de montrer que l’union fait la force ! »

Même si j’ai aimé retrouver la plume acerbe de Lauren Weisberger, dont je m’étais languis, je suis assez déçue par la trame narrative qui reprend ça et là les ingrédients de succès précédents, pas forcément attribuables à l’auteur. Je pense ici à Petits secrets, grands mensonges de Liane Moriarty. L’intrigue mettait en scène trois femmes aux vies antagonistes et aux sombres présents et passés. Cette lecture fut délectable. D’où une sensation de déjà vu assez ténu. A ceci près, que dans le présent opus, nous détaillons de pieds en cape les tenues on ne peut plus pointues des protagonistes.

J’ai depuis quelques semaines du mal à me plonger dans une lecture sans avoir une envie irrépressible de me servir de mon livre comme cale meuble. Cette situation m’est inconfortable. Déjà parce que je manque de meubles branlants. Ensuite parce que je ne prends que peu de plaisir. Ce qui m’agace prodigieusement. J’ai réussi en un sens à conjurer le sort avec L’enfer est pavée de bonnes intentions. Mais cela a quelque peu entaché les retrouvailles tant attendues avec une de mes auteures chouchoutes.

Belle lecture à vous malgré ma mauvaise humeur latente qui tend à dévaloriser tout ce que je lis ! 🎈

L’enfer est pave de bonnes intentions, de Lauren Weisberger est disponible aux Éditions Fleuve.