Les liaisons dangereuses

Feel Good

Correspondance : (nom féminin) relation par écrit entre deux personnes. La lettre manuscrite a été remplacée par les e-mails, mettant au rébus l’attente, qui se fait d’autant plus frustrante quand elle pointe malgré tout le bout de son nez.

Histoire d’@, Laure Manel

Les échanges écrits par courrier ont pour moi un charme suranné qui donne libre court à interprétation des lignes (et de ce qui est dit entre). Je pense ici à une certaine nuit orageuse et à un pupitre humide. Tout et rien peut être dit, compris, relu. L’attente d’une réponse, qui ne viendra que trop tard voire jamais, comme ultime torture.

Au vingt et unième siècle, les mails se suppléent à l’exercice de calligraphie. On peut ainsi choisir l’instantanéité ou la langueur, et créer une correspondance d’un genre nouveau. C’est ainsi que Laure Manel nous invite à lire dans son dernier roman, Histoire d’@. « Mathilde et Cyril étaient meilleurs amis, et leur relation fusionnelle semblait pouvoir résister à tout. Mais en partant pour New York sans se retourner, Cyril a laissé Mathilde dans l’incompréhension la plus totale. Douze ans plus tard, il réapparaît derrière son écran et espère reprendre leur amitié là où il l’a laissée. Lui donnera-t-elle une chance de renouer ? Quand le passé ressurgit, comment le présent pourrait-il ne pas être ébranlé ?« 

Deux lieux. Belle Ile et Paris. A la langueur de ma Bretagne chérie s’oppose le dynamisme de la vie citadine. A la trentenaire mariée, aux soirées copines et couple, s’oppose le trentenaire sans vraiment d’attache, à la vie personnelle débordant joyeusement du cadre. A la sagesse s’oppose la fougue. Une amitié déchue qui laisse des marques indélébiles. Un amour naissant, brisé dans l’œuf, avec des regrets chevillés au corps et une douzaine d’année à rattraper.

Sur presque une année, on se plait à lire les retrouvailles peu banales de ces deux amis, qui se sont quittés avant le cruel passage à l’age adulte. Celui qui nous raisonne et nous apporte quelque peu de maturité. Age auquel au final nous nous définissons, par la vie que nous menons. Le véritable amour peut-il triompher, à en croire Shakespeare, ce ne serait qu’après la mort, mais rien ne nous empêche d’essayer vivant.

Avec cette Histoire d’@, Laure Manel fait en partie mentir Catherine Ringer. On assiste au fil des pages aux retrouvailles de deux âmes sœurs, qui se pensaient perdu. C’est bon pour le moral, et c’est à lire sans modération !

Belle lecture à vous !

Histoire d’@ de Laure Manel est disponible aux Editions Le livre de poche