Bilan Octobre 2021

2021, Bilan

Octobre : Mois qui marque le changement d’heure et la nuit dès 17h, la saison du vin chaud et des bonbons d’Halloween, des soirées devant les feux de cheminés.

Artifices de Claire Berest est disponible aux éditions Stock

L’art comme moyen d’expression. L’écriture au service de l’art. Cela nous donne l’entêtant Artifices de Claire Berest, lecture toute en nuances de lumière et de noirceur.

Une bête au Paradis de Cécile Coulon est disponible aux éditions le livre de poche

Une bête au Paradis, Cécile Coulon

Je découvre Cécile Coulon avec Une bête au Paradis et j’ai été littéralement transportée par sa plume, précise, qui nous emmène au cœur de l’intrigue dès les premières lignes et qui nous subjuguent au point de regretter que sa lecture soit déjà finie. Un vrai coup de cœur.

Sœurs de Daisy Johnson est disponible aux éditions Stock

Sœurs, Daisy Johnson

Avec Sœurs, Daisy Johnson signe un roman puissant sur la relation fusionnelle de deux sœurs, à l’orée de leur vie d’adulte. Puissant et noir à souhait. Une lecture comme je les aime tant.

Seule en sa demeure, Cécile Coulon est disponible aux éditions l’Iconoclaste

Seule en sa demeure, Cécile Coulon

J’ai eu un coup de cœur pour la plume de Cécile Coulon avec Une bête au Paradis. J’ai adoré la retrouver avec Seule en sa demeure, dans un genre différent, mais avec des thèmes forts, omniscients, qui me plaisent et m’hypnotisent, comme la place centrale d’un lieu dont on ne peut se défaire, dont on ne veut se défaire.

Sœurs

Non classé

Sœur : (nom féminin) personne de sexe féminin, considérée par rapport aux autres enfants des mêmes parents. Egalement, nom donné à une femme à laquelle on est lié par une grande tendresse. Quand l’image de sa sœur ainée, exemple ultime de ce qu’il faut être, ce qu’il faut faire, devient sublime au point d’en perdre sa personnalité. De perdre sa propre essence.

Sœurs, Daisy Johnson

Septembre. Mois qui signe la fin de l’été, de cette langueur moite qui vous immobilise pendant deux mois. Mois qui marque la fin d’une vie en suspens, passée à grande vitesse, au fil des nuits trop courtes, des terrasses chargées de Spritz et de volutes de fumée. Mois qui marque la rentrée, le retour aux responsabilités mais au sein duquel on souhaite continuer cet été qui prend fin.

Juillet. Et dix mois plus tard, l’été recommence. Qu’on espère meilleur que le précédent. Qu’on espère plus lent, plus patient. Qu’on veut vivre pleinement, sans rien en perdre. Qu’on préfère car par sa nouveauté, sa fraîcheur. Sur lequel on pose nos espoirs, ceux qui rachèteraient nos erreurs passés.

Septembre et Juillet. Sœurs. Inséparables, fusionnelles. Septembre et Juillet. Les Sœurs de Daisy Johnson. « Juillet a une sœur de dix mois son aînée, Septembre. Elles sont inséparables. Mais Septembre peut se montrer terrifiante. Elle pousse Juillet à faire des choses qu’elle ne veut pas. Et, comme hypnotisée par le regard noir de sa sœur, Juillet obéit. Depuis « l’incident », tout a changé. Elles ont dû déménager loin d’Oxford avec leur mère Sheela, écrivaine pour enfants, dans une vieille maison au bord de la mer, qui, si l’on tend bien l’oreille, semble animée d’une vie propre. Le sommeil y est impossible et les rêves sans fin. L’atmosphère devient brumeuse et étouffante pour Juillet. Tandis que les deux adolescentes font leurs premiers pas dans le monde du désir et de la sexualité, un vent de violence se lève. »

Deux sœurs. Une cadette vivant dans l’ombre de son ainée, imposante par sa personnalité et son amour qu’elle distille avec rage et haine mélangée. Deux sœurs en autarcie, se défiant des autres. Vivant à travers l’autre. Vivant aux travers des romans de leur mère qui a romancé leurs vies dans ses romans pour enfants. Des parents absents. Un père décédé. Une mère sédatée. Une fuite, une exode dans cette maison isolée au bord de mer, habitée des souvenirs des défunts qui reprennent vie en ces quatre murs. Une adolescence et sa perte de l’innocence. Une adolescente et sa perte de repère, sa perte d’elle-même. On navigue entre songes et réalité, entre cauchemars enfouis et rêve éveillé.

Avec Sœurs, Daisy Johnson signe un roman puissant sur la relation fusionnelle de deux sœurs, à l’orée de leur vie d’adulte. Puissant et noir à souhait. Une lecture comme je les aime tant.

Bonne lecture à vous !

Sœurs de Daisy Johnson est disponible aux éditions Stock

Artifices

2021, Rentree Litteraire

Artifice : (nom masculin) Moyen habile visant à cacher la vérité, à tromper sur la réalité. Mais également objet contenant une composition pyrotechnique et dont l’agencement ingénieux permet l’obtention d’un effet déterminé. Quand les deux définitions sont combinées cela donne parfois des étincelles inappropriées, qui nous font perdre pied.

Artifices. Ce mot me vient souvent en tête quand je me prépare devant ma glace, en appliquant mon mascara sur mes yeux ou en m’enroulant dans mon parfum – littéralement, c’est mon doudou olfactif du quotidien. Parce que sans je me sens nue, mais je n’en ai pas un besoin impérieux. Si ce n’est me présenter sous un meilleur jour. Ou mon pire, car j’aime accentuer le style panda de mes cernes naturelles lorsque je suis de mauvaise humeur. De la même manière quand je choisis mes tenues avec soin, cette pensée fugace me transperce parfois : et si tout ceci reflétait une image qui ne correspond pas à celle que je suis vraiment ? J’ai tendance à trop réfléchir à peine caféinée.

Artifices. Outre les pérégrinations matinales de mon esprits, ce mot s’associé inexorablement à l’été. A son quatorze Juillet. A son quinze aout. A une plage, à la mer. Aux vacances et aux premières veillées. Aux vacances et aux premières nuits blanches. A ce spectacle qui impressionne les touts petits, émerveille leurs aînés.

Artifices. Le titre du dernier roman de Claire Berest, qui a rêvé en moi un besoin, celui de la lire à nouveau. Cette plume, fluide et sans artifices, mais pleine de couleurs. « Abel Bac, flic solitaire et bourru, évolue dans une atmosphère étrange depuis qu’il a été suspendu. Son identité déjà incertaine semble se dissoudre entre cauchemars et déambulations nocturnes dans Paris. Reclus dans son appartement, il n’a plus qu’une préoccupation : sa collection d’orchidées, dont il prend soin chaque jour. 
C’est cette errance que vient interrompre Elsa, sa voisine, lorsqu’elle atterrit ivre morte un soir devant sa porte. 
C’est cette bulle que vient percer Camille Pierrat, sa collègue, inquiète de son absence inexpliquée. 
C’est son fragile équilibre que viennent mettre en péril des événements étranges qui se produisent dans les musées parisiens et qui semblent tous avoir un lien avec Abel. 
Pourquoi Abel a-t-il été mis à pied ? 
Qui a fait rentrer par effraction un cheval à Beaubourg ? 
Qui dépose des exemplaires du Parisien où figure ce même cheval sur le palier d’Abel ? 
À  quel passé tragique ces étranges coïncidences le renvoient-elles ? « 

L’art comme moyen d’expression. L’art comme catharsis. L’art comme point central de l’intrigue. Comme fil d’ariane de cette enquête aux atours policiers. L’art comme thérapie, pour s’absoudre d’un drame dont on est en rien responsable mais dont on porte la culpabilité, le poids des années. L’art comme moyen de tourmenter un inconnu qu’on accable de tous les maux. De tout ses maux.

L’art comme moyen d’expression. L’écriture au service de l’art. Cela nous donne l’entêtant Artifices de Claire Berest, lecture toute en nuances de lumière et de noirceur.

Bonne lecture à vous !

Artifices de Claire Berest est disponible aux éditions Stock