Mise en scène

Thriller psychologique

Monteur : (nom masculin) Spécialiste chargé(e) du montage des films. L’artiste de l’ombre sans qui des heures de tournage et prises de vues ne sauraient être mises en lumière, correctement raccordées. Le deus ex machina qui voit le subtil détail qui peut transcender un instant et mettre ainsi le point final à un chef d’œuvre. Qui voit le subtil détail que même un metteur en scène ne saurait plus apprécier. Qui voit la vérité nue derrière le jeu. Qui de mieux placé dans ce cas, pour déceler les véritables motifs d’un meurtre derrière ceux fantasmés d’un autre ?

Les filles mortes ne sont pas aussi jolies, Elizabeth Little

Le cinéma et moi. Une histoire d’amour qui date et qui dure. Même si au contraire de Rachel et Ross, nous faisons un break quelque peu forcé cette année. Car les films nouveaux je ne sais les voir que sur grand écran. Sinon, ma patience est moindre, je baille, me disperse, jusqu’à oublier ce que je suis en train de faire. Comme pour la littérature, j’ai mes thèmes de prédilection. Et mes réalisateurs chouchous. Tarantino pour ne citer que lui. Et des répliques cultes apprises par cœur. Voire toutes les répliques, pour certains films. Et finir par associer Las Vegas aux chauves souris.

Le cinéma et moi. Des kilos de popcorn engloutis, des avants premières aux acteurs tout sourires, les premières séances de journée où l’on est seul au monde, les dernières séances bondées du dernier film à la mode. Un film qui m’a valu de m’assoupir – Michael Clayton de Tony Gilroy. Un fou rire si fort et impromptu que j’ai du quitter la salle – Les Misérables de Tom Hooper – et un autre où je me suis fais rabrouer à base de chut énervé – The Tree of Life de Terence Malick. Et bien d’autres encore, qui m’ont valu de pleurer à ne plus pouvoir m’arrêter, de rire à gorge déployé, d’enquêter ou de m’énerver, et qui ont mené à d’intarissables débats ou encore des silences convenus.

Le cinéma et moi. Une histoire d’amour sans fin, tout comme celle que je mène avec la littérature. Alors quand les deux mondes se croisent, je ne peux être qu’attentive et prête à une nouvelle découverte. Je ne parle guère d’adaptation qui sont souvent en deça de mes attentes, mais du cinéma qui grise les pages blanches d’un manuscrit. Des décors et des dessous d’un film. Du film comme décor d’un livre. Cette inversion des rôles qui prouve si tant est qu’il faille encore le faire la complémentarité de ces deux arts. Et quoi de mieux qu’un thriller pour ce faire. Je veux parler ici Des filles mortes ne sont pas aussi jolies d’Elizabeth Little. « Au départ, elle n’a rien d’une enquêtrice. Timide, un brin asociale, elle s’efforce d’éviter les ennuis. Marissa Dahl est surtout une étonnante monteuse de films. Engagée sur un long métrage dont le tournage a lieu sur Kickout Island, elle fait la connaissance du metteur en scène Tony Rees, réputé pour son comportement tyrannique. Très vite, elle comprend que quelque chose ne tourne pas rond : une atmosphère de secrets et de paranoïa, des acteurs persécutés… Le film reconstitue une histoire vraie, celle du meurtre non élucidé, vingt ans plus tôt, de Caitlyn Kelly. Pourquoi un tel projet ? Marissa n’en sait pas assez. Elle veut en savoir plus, bientôt elle en saura trop. Alors, il sera trop tard pour revenir en arrière…« 

Un tournage de film sur une ile perdue. Un mystérieux scénarios autour d’un meurtre non élucidé. Un coupable tout désigné. Des adolescentes biberonnés au club des 5. Une anti héroïne par excellente qui est plus proche d’un Sheldon Cooper que d’une vamp hollywoodienne. Un navy SEAL. Un hôtel comme terrain de jeu. Le huis clos est planté, et les possibilités nous semblent infinies.

La promesse était belle sur le papier mais pas à la hauteur de mes attentes placée bien trop haut. Il faut dire que lorsque votre premier roman s’avère être un page turner qui reste en tête quelques années après, il n’est pas mince affaire de rivaliser avec soi-même. L’intrigue met un temps monstre a se dessiner, les contours à se former, tant nous sommes focaliser sur la narratrice et ses états d’âmes atypiques. Nous avons quelques flashes forward par transcription de podcast interposé qui n’apporte pas grande matière à la résolution des mystères ambiants. Je m’attendais à un enchevêtrement de l’intrigue plus complexe, comme cela avait été le cas avec le précédant roman de l’auteure, Les Réponses. Mais rien de tel, nous sommes sur une intrigue linéaire qui ne fait que peu de vague.

Bien que divertissante, ma lecture des Filles mortes ne sont pas aussi jolies d’Elizabeth Little ne me laissera malheureusement pas un souvenir impérieux. Je m’attendais à plus de retors et de faux semblants, à l’instar de son premier roman.

Bonne lecture à vous !

Les filles mortes ne sont pas aussi jolies, d’Elizabeth Little est disponible aux éditions Sonatine

Le Diable est dans les détails

2019, Horreur

Pacte : (nom masculin) Accord solennel conclu entre deux ou plusieurs personnes. Le plus connu reste celui du Faust de Marlowe qui vend son âme à Méphistophélès. Ce genre de transaction ne vas pas sans perdre quelque chose, se révélant souvent plus précieux que ce que l’on souhaite obtenir de prime abord. Dans le cas du Kid, c’est sa descendance qu’il a jeté en pâture au Diable. Sans conteste, un homme charmant.

Que le Diable l’emporte, Anonyme

La rentrée Littéraire. C’est un peu la fashion week du lecteur. On repère des tendances, on scrute les nouveautés du coin de l’œil, tout en ayant en tête que quelques bons basiques ne nous décevront normalement jamais. En bref, nous sommes à l’affût du moindre détail qui créera chez nous un engouement plus que passager. Cela peut malheureusement déclencher quelques effets secondaires. Ces derniers vous conduiront à rentrer dans chaque librairie que vous croisez, pour en ressortir les bras plus que chargés d’ouvrages de variables qualités. Dans quelques cas, un heureux hasard s’en mêle et vous épargne le problème fatidique du choix.

C’est ainsi qu’en aout dernier, les éditions Sonatine m’ont contactée afin que je reçoive, en amont de cette rentrée littéraire 2019, et de lire accessoirement, le dernier volet des aventures du Bourbon Kid. J’ai bien volontiers accepté, voulant savoir ce que réservait l’avenir proche à mon anti héros préféré. Mon peu de retard rattrapé, me voilà donc lancée, dans ce qui semble être une dernière ligne droite : « Tout le monde pensait que le tueur le plus impitoyable que la Terre ait jamais porté était mort. Et bien non. Le Bourbon Kid est bel et bien vivant. Ce qui est une très mauvaise nouvelle. Pour tout le monde, mais surtout pour lui. Plutôt que de profiter d’une paisible retraite plus ou moins méritée, notre homme va en effet devoir régler quelques dettes. Avec à ses trousses toutes les bonnes et les mauvaises âmes de ce monde, le Kid a la très mauvaise idée de se réfugier dans un monastère où sommeillent de sombres secrets. S’il a l’habitude d’affronter des vampires, des bikers, des ninjas, des policiers assermentés et autres créature de l’enfer, faire face à un moine fou et des nonnes psychotiques est une autre paire de manches. »

C’est toujours un plaisir que de suivre les tribulations du Kid, surtout quand celui-ci essaie de reprendre le cours d’une vie normale, celle d’un jeune retraité des massacres sanglants, en cavale de surcroit. Comprendre ici une vie où l’on creuse des tunnels comme preuve d’amour, et où le roadtrip de Thelma et Louise s’avoisine à une promenade de santé pour asthmatique.

Une fois n’est pas coutume, l’intrigue a été longue à se mettre en place, peut être un peu trop à mon gout. Mais Anonyme a su se rattraper, et il est tout pardonné. Nous suivons donc les Dead Hunters d’un côté, de retour à Santa Montega, et le Bourbon Kid, de l’autre, en proie à des nonnes psychotiques. En avant pour un plongeon en direct dans un épisode d’American Horror Story. Ajoutez à cela une pincée de ninjas, un Comte Dracula, revenu de l’Enfer, assoiffé de sang et d’empaillage d’humain, un zeste de Diable en costume rouge, et vous passerez un agréable moment délirant.

Dans la lignée des autres romans de la série d’Anonyme, Que le Diable l’emporte ferme toutes les portes qu’il a ouvertes, même si la fin laisse présager que le Kid nous revienne une nouvelle fois pour accomplir son apocalyptique destin. Cette aventure ne semble définitivement pas être la dernière. Fort Heureusement !

Belle lecture (déjantée) à vous !

Que le Diable l’emporte d‘Anonyme est disponible aux éditions Sonatine.