Les bonnes résolutions

Feel Good

Routine : (nom féminin) l’ensemble des habitudes et des préjugés considérés comme faisant obstacle au progrès. Ou ce qui peut nous faire peur en grandissant, car il n’est pas toujours facile d’en sortir.

Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une, Raphaëlle Giordano

La nouvelle année est synonyme pour moi de renouveau. On essaie de faire table rase d’un passé encore frais pour partir joyeusement à l’aventure d’une avenir plus ou moins écrit. J’aime cette utopie qu’un jour dans l’année nous permette de devenir un meilleur nous. Mais en même temps, si on essaie pas de temps en temps de se réinventer et de se lancer des défis personnels, on s’ennuierait pas mal.

Pour cette année j’ai décidé d’être plus sereine et détendue, moi, petite boule de nerf ambulante. J’avais déjà commencé à poser des jalons en fin d’année en retournant au Yoga. Ma souplesse et moi sommes heureuses de vous annoncer que je peux désormais toucher mes pieds. Je vais devenir fétichiste à ce rythme.

Ma seconde résolution (et dernière, sinon, c’est pas tenable passé le 5 janvier, date de retour habituelle des mauvaises habitudes) a été de m’intéresser enfin au livre de Raphaëlle Giordano, j’ai nommé Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une. Voilà ce qu’en dit le quatrième de couverture : « Camille, trente-huit ans et quart, a tout, semble-t-il, pour être heureuse. Alors pourquoi a-t-elle l’impression que le bonheur lui a glissé entre les doigts ? Tout ce qu’elle veut, c’est retrouver le chemin de la joie et de l’épanouissement. Quand Claude, routinologue, lui propose un accompagnement original pour l’y aider, elle n’hésite pas longtemps : elle fonce. À travers des expériences étonnantes, créatives et riches de sens, elle va, pas à pas, transformer sa vie et repartir à la conquête de ses rêves… »

Je dois bien avouer que j’ai longtemps procrastiné quant à cette lecture. Peur peut être de ne pas vivre une histoire romancée mais plus de subir un manuel de savoir (bien) vivre. Je n’étais pas tout à fait dans le faux, car Camille représente un type de femme auquel on peut facilement s’identifier. On suit, un peu voyeur, un pan de sa vie, qui est celui du changement. D’une petite personne taciturne et recroquevillée, elle devient une femme accomplie. Un papillon qui sort de sa chrysalide en quelques sortes.

Ce n’est d’ailleurs pas tant l’histoire que les clés du bien être et du bonheur apportées par l’auteure qui sont importantes. Raphaëlle Giordano distillent savamment ses conseils pour mieux s’assumer et mieux gérer son quotidien. Et nous montre qu’il ne faut pas hésiter à casser sa routine pour s’épanouir. Sans prendre un virage aussi radical que son héroïne, je pense que je vais appliquer certains de ses conseils dans ma vie quotidienne. M’essayer au cercle vertueux et à la pensée positive. Moi qui suis plutôt issue de secours et verre à moitié vide, ça peut être drôle.

Je ne serai donc trop vous conseiller cette lecture qui vous apprend à être bienveillant envers vous, car au final, qui mieux que nous même pour nous rendre aimable envers les autres.

Belle lecture à vous ! 🎈

Ta Deuxième Vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une de Raphaëlle Giordano est disponible aux Editions Pocket.

Un anglais à Paris

Feel Good

Flegme : (Nom masculin) caractère calme, non émotif, en un mot imperturbable. Les anglais en sont l’incarnation vivante. Love Actually en fait un très joli état des lieux. D’ailleurs c’est bientôt Noël, sentez vous libres de juger par vous même !

God Save la France de Stephen Clark

J’assortis mes mugs à mes livres, pas vous ?

Je voue à nos voisins ‘grands bretons’ une fascination sans bornes. Au diable que ce ne soit pas politiquement français à cause de Trafalgar, j’ai l’âme rebelle vous savez. Des Beatles à la Famille Royale parfaitement chapeautée, en passant par leur inimitable accent ou leurs comédies déjantées, j’aime profondément ce peuple îlien. Voici mon hymne à l’amour du dimanche soir.

J’ai découvert God Save la France  (a year in the merde de son titre original plein de poésie) complètement pas hasard, en flânant dans les rayons de ma librairie de quartier. Le titre a attiré mon attention, le quatrième de couverture m’a définitivement convaincue : « Nom : Paul West. Age : 27 ans. Langue française : niveau très moyen. Fonction : jeune cadre dynamique promis à un grand avenir. Occupation : déjouer les pièges potentiellement désastreux du quotidien français. Hobbie : lingerie féminine. Signe particulier : Paul West serait le fruit d’un croisement génétique entre Hugh Grant et David Beckham. Jeune Britannique fraîchement débarqué à Paris, créateur, en Angleterre, de la fameuse enseigne Voulez-Vous Café Avec Moi, Paul a bien du mal à s’adapter au pays des suppositoires, des grèves improvisées et des déjections canines. Et il n’est pas au bout de ses surprises… »

J’ai adoré rencontrer Paul, jeune cadre à la libido débordante, perdu face à l’attitude des arrogants parisiens. Nous évoluons dans un Paris en perpétuelle grève, où se relaient tour à tour dans cette (in)activité, éboueurs, cheminots, serveurs de café et même acteurs de film pour adultes. Les parisiennes sont décrites comme des demoiselles délurées et à tendance infidèle. Les expatriés anglo-saxons ne sont pas en reste non plus, dépeints comme des vendus à leur patrie qui en oublient même leur langue maternelle sous couvert du patois que nous, français, osons appeler de l’anglais.

En bref, un florilège de clichés posés sur un plateau d’argent, largement saupoudrés de second degrés, tirés de l’expérience personnelle de l’auteur. Je pense que notre joli pays l’a fortement traumatisé, pour le meilleur et pour le rire.

Adeptes de l’humour anglais ou du second degré, je ne saurai trop vous conseiller cette lecture qui m’a fait rire, parisienne d’adoption depuis 10 ans, qui me suis retrouvée dans certaines des situations ubuesques du livre.

Belle lecture à vous ! 🎈

God Save la France de Stephen Clarke est disponible aux éditions Pocket.

Paris tout en poésie

Feel Good

Paris : (nom propre) Capitale de la France, dont les habitants s’appellent les parisiens. Serait véritablement une ville lumière si ces derniers étaient moins taciturnes et ronchons. Woody Allen sait pourtant lui rendre sa magie. Cet avis totalement subjectif vous est offert par une bretonne exilée à Paris depuis bientôt une décennie.

Mug d’hiver pour lecture solaire

Les livres font parties de ma vie, d’aussi loin que je me puisse me souvenir. Quand j’étais petite, l’histoire du soir, blottie dans mon lit, contée par mes parents, m’était indispensable car elle me rassurait. A l’adolescence, mes lectures me terrifiaient mais à dessein : je venais de découvrir Stephen King ! Puis vinrent les études littéraires et le temps des lectures imposées – délectation avec les Liaisons Dangereuses mais torture et souffrance avec Perceval le Gallois en ancien franco-français. Mais également, le coup de foudre pour le courant romantique dans le sens hugolien du terme. Comme si j’étais enfin comprise, dans ma façon de voir la vie. Et enfin, l’âge adulte, et ses propres choix. Mais la lecture du soir faiblement éclairée a en tous temps perduré !

Par définition, tout choix, comme se plaisent à le dire certains, est un renoncement, et par essence donc, compliqué. Choisir un roman est toujours cornélien pour moi, car il va m’accompagner dans ma vie, du lever jusqu’au coucher, et en filigrane dans mes pensées. J’avais envie de douceur quand j’ai jeté mon dévolu sur L’année du Flamant Rose, d’Anne de Kinkelin. Outre le titre loufoque, le quatrième de couverture m’a totalement séduite :

« Louise, Ethel, Caroline. Trois amies, joyeuses mais solitaires, partagent tout, leurs peines et leurs bonheurs, leur passion aussi pour les belles choses. Toutes trois sont des créatrices, des faiseuses de rêves, dans leurs ateliers qui se font face dans un passage parisien. Louise, joaillière, crée des bijoux qui réjouissent le cœur et les yeux. Ethel, corsetière, réveille les sentiments et les sens des amoureuses éperdues (et des autres). Caroline, relieuse, redonne vie aux livres anciens, tout en rêvant la sienne. Toutes trois, passionnées, sont amoureuses de l’amour, mais celui-ci leur semble inatteignable… Le jour où Louise s’entiche d’un flamant rose empaillé, superbe et quelque peu étrange, qu’elle installe dans son atelier, son regard sur la vie semble changer. Après sa rupture, elle est face à un défi : se relever, tenir debout, comme le flamant sur une patte, pour sa petite fille, Rose, malgré sa fragilité et les obstacles. »

J’ai littéralement été happée dans une bulle de bien être. Ma lecture avait un goût de bonbon acidulé. J’ai réappris à aimer Paris. A travers ses passages couverts, que je traversais sans ne plus réellement les voir. A travers les métiers exercés par nos trois amies, qui sont teintées de magie et de poésie. Métiers qui m’ont prouvé qu’il ne faut pas forcément courir pour trouver le temps de vivre. Un petit quelque chose de vieux, mais pas suranné, qui m’a fait dire que pour une fois je n’étais peut être pas née trop tard dans un monde trop vieux*.

Le rencontre avec La protagoniste principale, Louise, a été magique et salvatrice. Elle a su insuffler au roman un vent de folie douce, notamment à travers sa relation avec son flamant rose. Il est le seul à la comprendre, dans les turbulences que sa vie traverse. Plus que l’histoire d’une femme, on vit l’amitié d’un trio complice, qu’on se plait à aimer. Une vraie amitié. Sans envie ni jalousie.

L’Année du Flamant Rose est une belle histoire, légère comme une bulle de savon et qui sent le bonbon. La plume d’Anne de Kinkelin est une belle découverte, d’autant plus qu’elle s’avère prometteuse.

Belle lecture à vous ! 🎈

L’Année du Flamant Rose d’Anne de Kinkelin est disponible aux éditions Pocket

*Alfred de Musset