Reine de cœur

Feel Good

Famille : (nom féminin) Les personnes apparentées vivant sous le même toit et, spécialement, le père, la mère et les enfants. De mon point de vue est la famille vos proches qui vous apportent de l’amour. Le lien du sang peut parfois être bien moindre que les liens du cœur.

Il y a des rendez vous qui sont plus importants que d’autres. Ceux des amoureux, qui nous donnent des papillons dans le ventre et nous font léviter. Ceux chez le médecin, qui peuvent être angoissants même si nécessaires. Et enfin, ceux atypiques marqués d’une croix blanche dans mon calendrier, à savoir la sortie du roman d’un de mes auteurs chouchous.

Car même si j’aime explorer et découvrir de nouvelles choses, être propulsée dans des environnements différents, il y a certaines plumes, certaines atmosphères qu’on ne peut s’empêcher d’aimer, et qu’on a hâte de retrouver. Et c’est le cas pour moi avec chacun des romans d’Agnes Martin-Lugand. Ce qui est regrettable dans tout cela c’est que je me languis des mois durant, pour engloutir l’histoire en peu de temps. Pas par péché de gourmandise, non. Mais parce que je suis littéralement happée par l’urgence des sentiments de ces protagonistes.Goutez ici quelques lignes prometteuses : « Reine mène une vie heureuse qu’elle partage entre son fils de dix-sept ans et un métier passionnant. Une vie parfaite si elle n’était construite sur un mensonge qui, révélé, pourrait bien faire voler son bonheur en éclats… Faut-il se délivrer du passé pour écrire l’avenir ? »

Je crois que la Bretagne est le décor récurrent de mes dernières lectures. Arrêtez de vanter notre région au combien fantastique au risque d’attirer des hordes de cirées jaunes Guy Cotten aux prochaines vacances scolaires. Je suis taquine, je m’en excuse, car il était plus que plaisant de humer par procurations les embruns malouins et de fouler ses remparts guerriers.

Une Évidence nous entraîne au cœur d’histoire d’amour atypique, douloureuse et salvatrice. La force du pardon, la beauté de l’amour filiale sans concession. La possibilité de ce créer sa propre famille sur mesure qui sera toujours là malgré tout. Avec au centre une majesté de cœurs bien peu sereine, Reine, qui à l’aube de la quarantaine doit faire face aux choix d’une vie, fait dans l’urgence d’une jeunesse avalée par une maternité précoce.

La question des choix de chacun se pose. La liberté, au prix d’un bonheur inespéré. La bonté malgré tout même si cela vaut de devoir tenir à distance ce que l’on chérit le plus. Les choix que l’on s’impose, que l’on impose aux autres, et ceux qu’on ne peut malheureusement faire, que la vie fait pour et malgré nous. Jusqu’où irions nous pour protéger ceux que l’on aime, au risque de tout perdre en retour ? C’est la question que pose joliment ce roman.

Comme à l’accoutumé, l’auteure parle des de sujets de vie que sont les secrets, la maladie, la famille, sans jugements et juste avec ce qu’il faut de pudeur. Reine se pourrait être moi, ce pourrait être vous. Cette femme qui cherche à donner un sens à sa vie, à donner de l’amour, à aimer et être aimer, à être une louve pour son garçon, à être une femme forte, peu importe ce que cela lui en coute.

Pour la justesse dont elle fait preuve dans l’évocation des sentiments, pour cette plume salvatrice que l’on prend véritablement plaisir à lire, et car je crois bien que c’est une de mes auteures contemporaines préférées, je ne peux que vous conseiller de lire Une Évidence, dernier trésor en date de la parfaite bibliographie d’Agnès Martin-Lugand.

Une Évidence d’Agnès Martin-Lugand est disponible aux éditions Michel Lafon

Vivre ou survivre

Feel Good

Résilience : (nom féminin) phénomène psychologique qui consiste, pour un individu affecté par un traumatisme, à prendre acte de l’événement traumatique pour ne plus, ou ne pas, avoir à vivre dans la dépression et se reconstruire d’une façon socialement acceptable. Quant à Daniel Balavoine en bande son, c’est mon cadeau du dimanche. J’insiste.

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Je crois vous l’avoir déjà dit mais je mets en général un point d’honneur à ne pas vivre d’expérience littéraire qui pourrait être trop proche de la vraie vie, cela me laisse souvent un amer souvenir et peu me gâcher la lecture. Un grand besoin d’évasion s’impose en général, pour oublier la frénésie des transports et trouver un sommeil chafouin.

Mais comme j’essaie de ne pas être complètement psychorigide, n’étant déjà pas très souple, il ne faudrait pas abuser, je fais de temps en temps entorse à ma règle. Grand bien m’a pris il y a quelques années avec Les Gens Heureux Lisent et Boivent du caféd’Agnes Martin-Lugand. J’ai découvert un trésor.

Un trésor d’écriture, tout d’abord. Je suis tombée en pâmoisons sous la plume de l’auteure, et il me tarde de lire chacun de ses nouveaux romans. Je n’ai d’ailleurs plus que quelques semaines à attendre pour sa prochaine pépite. Un trésor d’humanisme ensuite. Nous ne sommes pas dans la mièvrerie loin de là, mais dans l’analyse presque clinique des ces petits moments qui font une vie, et qui permettent de prendre pleinement conscience que nous n’en avons qu’une. Et qu’il faut nous battre pour nous (re)construire car cela en vaut la peine.

Vous l’aurez compris je pense, j’ai littéralement été séduite par Les Gens, dont je vous livre ici le quatrième de couverture : « Diane a perdu brusquement son mari et sa fille dans un accident de voiture. Dès lors, tout se fige en elle, à l’exception de son cœur, qui continue de battre. Obstinément. Douloureusement. Inutilement. Égarée dans les limbes du souvenir, elle ne retrouve plus le chemin de l’existence. C’est peut-être en foulant la terre d’Irlande, où elle s’exile, qu’elle apercevra la lumière au bout du tunnel.
L’histoire de Diane nous fait passer par toutes les émotions. Impossible de rester insensible au parcours tantôt dramatique, tantôt drôle de cette jeune femme à qui la vie a tout donné puis tout repris, et qui n’a d’autre choix que de faire avec.
 »

J’ai eu plaisir à retrouver Diane dans sa version dessinée, qui lui rend bien hommage. Tout du moins, les traits prêtés aux personnages sont ceux que je leur avait imaginé. J’ai pris un réel plaisir à relire leurs vies blessées, à elle et Edward.

C’est sans objectivité aucune que je vous recommande de (re)lire Les gens heureux lisent et boivent du café d’Agnes Martin-Lugand. Toutefois, je vous conseille la lecture des deux versions, car elles se complètent, tout simplement.

Belle (re)lecture à vous !

Les gens heureux lisent et boivent du café d’Agnes Martin Lugan est disponible en roman aux éditions Michel Lafon et aux éditions pocket 

Disponible en bande dessinées par Véronique Grisseaux et Cecile Bidault aux éditions Michel Lafon