Soeurs

Feel Good

Frangine : (nom féminin) sœur. Et quelle plaisir quand on a de la chance de grandir aux côté d’une ainé extraordinaire, même si petite de taille ? Si je ne m’envoie pas de fleurs, je risque d’en attendre longtemps. L’inconvénient des frères que voulez-vous.

Frangines, Adèle Bréau

Sœur. Ce mot résonne en moi bien que je n’en ai pas. Mais j’ai la chance d’en être une. L’aînée de surcroit d’une fratrie de deux, ce qui limite quand même l’étendue des mes responsabilités dans les traumatismes causés. Celle donc qui se doit d’être l’exemple. Qui essuie les interdits, les refus, les pots cassés en quelque sorte. Qui ouvre la porte, un chemin pré tracé à son cadet, qui sait les erreurs qu’il peut ou non commettre dans la limite du tolérable.

Sœur. De sang aucune, mais de cœur oui. Et même si je ne suis pas de celles qui inondent de messages au quotidien, de petites attentions, je suis présente au pied levé dans les bonnes nouvelles comme dans les mauvaises. Des sœurs, j’en ai rencontré trois exceptionnelles avec Frangines, d’Adèle Bréau. « Mathilde, Violette et Louise sont sœurs. Depuis l’enfance, elles vivent leurs plus belles heures à La Garrigue, une bâtisse que leurs parents ont achetée autrefois à Saint-Rémy-de-Provence. Tout les oppose et pourtant rien ne peut séparer Mathilde, éblouissante et dominatrice, Violette, qui a grandi dans l’ombre de son aînée, et Louise, la benjamine, née des années plus tard. Cet été, les frangines se réunissent dans la demeure familiale pour la première fois depuis le drame de l’année précédente. Entre petites exaspérations et révélations inattendues, ces retrouvailles vont bouleverser à jamais leur vie. Car les murs de La Garrigue, gardiens des secrets de trois générations, ne les protégeront peut-être plus. »

Les frangines. Mathilde. L’aînée, l’exemple. Celle sur qui pèse la pression de la réussite, vers qui sont tournés les espoirs de ses parents, les yeux étoilées ses cadettes. Blonde, diaphane, rigoureuse, voire rigide, qui ploie sous le poids de ce devoir d’ainesse. Violette. La seconde, le point de liaison entre l’aînée et la cadette. La confidente, bohème à ses heures. Rousse, pulpeuse, une beauté non assumée, à la fragilité exacerbée. Louise. La petite dernière. Celle qu’on a pas vu grandir et dont on pense qu’elle n’a pas coupé le cordon, qu’on traite ainsi encore comme une toute petite.

Les frangines réunies tous les étés sous le toit de la Garigue. La maison familiale comme personnage centrale des drames et des bonheurs familiaux. Un été pour défaire toutes les certitudes, pour se reconnecter à l’essentiel. Un été pour se retrouver, faire fi du qu’en dira-t-on. Un été pour réapprendre à vivre tout simplement.

Gros coup de cœur pour Frangines d’Adèle Breau, qui signe là un roman vrai, frais, doux. Tout ce dont j’avais besoin pour passer un bon moment.

Belle lecture à vous !

Frangines, d’Adèle Bréau est disponible aux éditions le livre de poche

Café Society

Biographie, Feel Good

Ennemi : (nom masculin) personne qui s’oppose à un autre. Et lui nuit. Deux sœurs, amies par essence peuvent elles se retrouver dresser l’une contre l’autre par une haine qui a consumé cet amour familial ? Deux hommes que tout opposent sont ils assez puissants pour mener ce tour de force ? Ou suffit il que la mauvaise fortune s’en mêle ?

Les sœurs Livanos, Stéphanie des Horts

La Grèce Antique. Berceau de la tragédie. De cette fortune qui s’abat sur soi, si tant est que l’on ait offensé les Dieux, qu’on se soit joué d’eux ou pis, qu’on se soit pris pour l’un deux. La Grèce. Berceau de la tragédie contemporaine que fut le destin des sœurs Livanos, qui se sont ôtées la vie à force d’amour. Berceau de la guerre des nerfs entre deux manias des mers. Bâtissant leur fortune au gré des flots et de la jalousie qu’ils attisent l’un envers l’autre.

La Grèce comme héritage. Deux sœurs qui avaient tout pour être érigées au statut de déesses, mais qui ont sombré dans leurs vies de paraître. Des maris absents et volages, à la main lourde et aux présents fastueux, qui n’ont eu de cesse de vouloir briller plus haut, plus fort, plus vite. Quitte à s’en brûler les ailes.

« Elles avaient tout : la beauté, l’intelligence, l’élégance, la fortune. En épousant les richissimes Onassis et Niarchos, elles ont cru atteindre leur idéal. Elles ignoraient que ces séducteurs, hommes d’affaires redoutables et ennemis jurés, ne vénéraient qu’un dieu : l’argent. L’amour n’était qu’une arme de plus au service de leur pouvoir. De New York et Paris aux somptueuses villas de la mer Egée en passant par Saint-Moritz, les sœurs Livanos illuminent les soirées de la jet-set. Elles se jalousent, s’adorent, se détestent tandis que leurs maris s’affrontent à coups de pétroliers, de palais, d’œuvres d’art, de manipulations politiques ou mondaines. Mais derrière les flashes des paparazzis et les sourires envoûtants de Jackie Kennedy, Maria Callas, Gianni Agnelli ou Marilyn Monroe, un drame se joue. Quatre fauves ont lié leur destin pour mieux se déchirer.« 

Ce n’est pas tant les sœurs Livanos qui nous sont comptés, qu’une époque fastueuse, où l’on croise des personnalité en mal de notoriété, d’argent, de paraître, de renommé. Où les sourires ne sont que de façades, quand des couteaux vous sont plantés dans le dos. Enfant, je regardais Dallas (en rediffusion) puis plus tard Gossip Girl. Je me dis alors que rien n’a été inventé. Que cette hallucinante vacuité ne pouvait être qu’exagérer. Il semblerait que mon innocence et moi-même étions bien loin du compte.

J’avais aimé découvrir la plume précise et documentée de Stéphanie des Horts en mars dernier avec la vie mouvementée – à l’amour, à la haine – des sœurs Bouvier. Il me tardait de la retrouver et c’est avec un plaisir non feint que je me suis délectée des courtes trajectoires abyssales des vies des Soeurs Livanos.

Bonne lecture à vous !

Les sœurs Livanos, de Stéphanie des Horts est disponible aux éditions Le Livre de Poche

Conte de la crypte

Thriller

Ogre : (nom masculin) Personnage légendaire de conte qui se nourrit de chair humaine, appréciant particulièrement celle des enfants. Si nous nous plaisons à lire les aventures où ce croque-mitaine se fait moquer ou même mis à mal par le héros, il se glisse malgré tout insidieusement sous notre lit, à côté de nos monstres nocturnes. Si en grandissant il est censé disparaître, il apparaît dans de rares fois qu’il prenne réellement corps pour assouvir sa soif inextinguible.

La nuit de l'ogre, Patrick Bauwen

Un chien. L’un des premiers mots que nous savons dire enfant et qui représente dans les histoires qu’on nous lisait alors la pièce essentielle de ce joli puzzle joyeux qu’est la famille. L’animal de compagnie par excellence, que beaucoup ont adopté et dont beaucoup d’autres rêvent. Pour ma part, ayant été traumatisé par les chiens de fermes essayant de croquer mes mollets lors de mes ballades en campagnes bretonnes, je vois toujours cet animal comme un prédateur dormant. Je tiens à préciser que j’en ai une peur bleue et que mon avis est ainsi totalement subjectif.

Un ogre. L’antithèse de l’ami des petits. Il s’est prêté à nous effrayer durant notre prime jeunesse. avec force dents pointus, cheveux hirsutes, bottes de sept lieux et autres barbes mal peignées. L’être antipathique par excellence. Le « méchant » cette vision manichéenne propre à l’innocence de l’enfance.

Le point commun entre ces deux êtres ? Ils sont tous deux régis par des bas instants, primaux et primaires. Et losrque l’ogre croise le chien, cela dépasse de loin nos pires cauchemars. Cela donne La nuit de l’ogre de Patrick Bauwen : « Après une nuit de garde aux urgences, le docteur Chris Kovak prend une étudiante en stop. Celle-ci, blessée et apeurée, s’enfuit en abandonnant un sac. À l’intérieur : une tête humaine dans un bocal de formol. Dans le même temps, le lieutenant Audrey Valenti, membre de la brigade des crimes du métro, enquête sur une terrifiante agression dans un tunnel désaffecté. Qui sont ces victimes ? Quel est leur lien avec le docteur Kovak ? Entrainés dans l’univers des fraternités secrètes de médecine et des amateurs de photos post-mortem, Kovak et Valenti vont découvrir un adversaire inimaginable. Un monde où la mort est un art. Et où vous pourriez être la prochaine victime. »

La nuit prédominante. La mort qui rode, souterraine et terrestre. Dans les couloirs de l’hôpital, les dédales des sous terrains parisiens, jusque la morgue. Des âmes en peine, en réelle souffrance, qui essaient de trouver leur place malgré les épreuves sanglantes traversées. Qui essaient de survire dans cette jungle qu’est leur vie, en s’enfonçant chaque jour un peu plus dans la noirceur et l’horreur.

On se plait à retrouver le Dr Kovak, qui perd pied, devenu sinistre et désabusé. Arborant cette nonchalance propre à ceux qui se fichent de tout et avant tout de leur propre vie. S’enfonçant d’avantages dans ses vices. S’enfermant d’avantage sur lui même. Quant au Chien, ce mystérieux tueurs, nous en apprenons plus sur lui, et mesurons l’ampleur de sa folie et de son génie maléfique. L’incarnation du diable sur terre. Rajouter à ces ingrédients, une enquêtes échevelés menées de plusieurs fronts, et vous obtenez un cocktail explosif et addictif, pour un thriller captivant.

Deuxième opus de la trilogie Evangile, La nuit de l’ogre nous entraine dans un univers glauque à souhait qui aide à instaurer une tension tout au long de la lecture. Patrick Bauwen signe un roman noir qu’on ne peut reposer quand on l’a entamé.

Belle lecture à vous !

La nuit de l’ogre de Patrick Bauwen est disponible aux éditions Le Livre de Poche