Modern Love

Feel Good

David Bowie : (nom propre) artiste anglais à l’œuvre fantasque ET parfaite, que j’écoute en boucle non stop depuis une quinzaine de jour et dont chaque titre est d’une modernité surprenante. Je ne suis pas allée bien loin pour mon titre d’article, je le chantonne en boucle soir au matin.

Les crevettes ont le cœur dans la tête, Marion Michau

Depuis ma plus tendre enfance, je cultive l’esprit de contradiction, bon gré mal gré. Ainsi je n’ai jamais regardé Amélie Poulain en entier, je suis allergique aux pommes et carottes crus, et j’ai une phobie des chiens si forte que je compte adopter un bulledog. Cela se passe de commentaires.

Ma nouveauté dans l’absurde ? Commencer un roman par sa fin. Enfin plus exactement son second volet. Je ne fais pourtant pas partie de ces personnes qui feuillettent la dernière page d’un Agatha Christine. Pour savoir sournoisement quel gourgandin au dessus de tous soupçons à fomenter l’odieuse tragédie qui fait friser la moustache parfaitement lissée de M. Hercule Poirot.

Je glisse dangereusement sur la pente de l’auto sabotage. Un peu comme Marion en quête de l’Amour avec un grand A, dans les crevettes ont le cœur dans la tête. Je vous donne un avant goût de ce qui vous attend avec le quatrième de couverture :« Je m’appelle Marion, je fais 1m70 (en talons) et 52 kilos (en rêve). Je suis née en 1980 – une année détestable pour le bordeaux et franchement pas terrible pour Joe Dassin qui est mort pendant les grandes vacances – et je suis célibataire, mais ça, vous oubliez, ça ne devrait pas durer : je suis enfin décidée à trouver l’homme de ma vie… seulement les mecs bien, c’est pas comme les métros, il n’en passe pas toutes les quatre minutes. »

Fan de Sex and the City, j’ai trouvé notre Carrie Bradshaw française. Alors on rit devant l’ardue tache qu’est de trouver le Prince Charmant. Paris ressemble ici à un marais infesté de crapauds. Plus baveux les uns que autres. Et nos princesses désabusées à des punkettes sur le retour attirées par les bads boys qui ne veulent pas grandir.

On suit avec délectation les péripéties de Marion sur deux années de sa vie, autant de cigarettes fumées que d’heures écoulées et de peines de cœur que de semaines passées. Cette amoureuse de l’amour se prend des claques, se relève de plus belle a chaque fois et nous offre une jolie fable moderne sur la recherche de l’âme soeur. En allant de la rencontre impromptue, à la drague 2.0 et au speed meeting. Toutes les méthodes sont passées au crible et c’est jubilatoire.

Avec la Saint Valentin qui approche à grands pas, si vous êtes sujets à des questions / angoisses / névroses existentielles que cette fête peut constituer, je vous conseille fortement la lecture du roman de Marion Michau. Que vous soyez parfaitement en paix avec vous même aussi d’ailleurs !

Belle lecture à vous ! 🎈

Les crevettes ont le cœur dans la tête de Marion Michau est disponible aux Editions J’ai Lu, tout comme la suite de ses aventures, Si le verre est à moitié vide, ajoutez de la vodka !

le Diable (regarde la télé) en Prada

Feel Good

Rocambolesque : (adjectif) Extravagant, plein de péripéties extraordinaires. A peu de choses prêts, Ce que représente les aventures de Martine aux yeux des enfants.

La vie commence à 20h10 de Thomas Raphaël

Quand j’étais petite fille, j’adorai le Magnifique avec Jean-Paul Belmondo. Il était à mes yeux la quintessence du rocambolesque. Puis vint la Chik-lit et il se fit détrôner, au profit des aventures d’une accroc au Shopping. Deux salles, deux ambiances mais ce thème commun qu’est une intrigue échevelée.

J’ai découvert Thomas Raphaël l’été dernier avec Pour un soir seulement. Ce que j’avais le plus aimé je crois dans ce roman c’est la manière dont un homme, en l’occurrence l’auteur, écrit aussi justement une femme, avec ses questions existentielles et ses réactions qui pourraient parfois être qualifiées de farfelues.

C’est donc avec une certaine délectation que je me suis plongée dans La vie commence à 20h10, qui va nous faire suivre l’année abracadabrantesque d’une charmante mais un peu paumée, trentenaire bordelaise, j’ai nommé Sophie. Jugez en par vous même : « Si, si, tout va bien, je vous assure. Après, à trente ans, j’avoue, j’imaginais ma vie un peu différemment. J’aurais bien aimé avoir terminé ma thèse. Avoir un job, un salaire, tout ça. Et si un éditeur avait pu accepter le roman que j’ai écrit en secret…
Quand une productrice propose à Sophie tout à la fois (un job et la promesse que son roman sera publié), ça sort du cœur : oui! Malheureusement pour elle, le job en question consiste à fabriquer un feuilleton télé. Un feuilleton télé ? Quelle horreur ! En même temps, une double vie, ça n’est pas si compliqué… »

Attendez vous à un choc des cultures assez clivant, et distrayant, dont l’agent double est Sophie. Cette dernière, la petite trentaine, évolue dans un univers très ‘intello’, d’universitaires surdiplômés pour qui regarder la télé est un crime de lèse majesté. J.ai retrouvé le pédantisme dont pouvaient faire preuve certains de mes professeurs d’hypokhâgne. Avec le recul, cela me fait désormais bien sourire.

Ajouter à cela son envie dévorante de voir son premier roman publié, malgré les nombreux échecs essuyés, ainsi qu’une thèse impossible à terminer. La cerise sur le gâteau de cette vie déjà bien remplie est sa responsabilité de parent par intérim d’un jeune bachelier et d’une petite fille têtue.

Comment une postulante à une chair universitaire se retrouve-t-elle à travailler pour la série la plus regardée du moment ? Comment se confronter aux regards de ses proches aux antipodes des passe-temps populaires, surtout quand au final elle commence à s’épanouir dans cette nouvelle vie ? Ce sont toutes les questions auxquelles s’efforcent de répondre Thomas Raphaël avec beaucoup d’humour et de second degré. Il brosse ici deux univers du paraître tout aussi impitoyable l’un que l’autre, j’ai nommée l’audiovisuelle et l’université.

Plus Belle la Vie a été pendant ma lecture. N’ayant pas résisté à la tentation de ce jeu de mot pourri, je vous remercie de faire preuve envers moi de la plus grande indulgence possible. Et je vous conseille de lire instamment La vie commence à 20h10, notre Diable s’habille en Prada à la sauce française !

Belle lecture à vous !

La vie commence à 20h10 de Thomas Raphaël est disponible aux éditions Jai Lu

Gin, tonic et plus si affinités

Feel Good

Mixologie : (nom féminin) Vient des termes « mixer » (mélanger) et du suffixe « -logie » (science de). Désigne la connaissance et la capacité à mélanger des boissons diverses (alcool, jus, sirops, ingrédients divers) pour réaliser des cocktails. On ne vas pas se mentir, je préfère les déguster que les faire. Et ma préférence va à l’alcool punk qu’est le gin.

Les agapes des fêtes derrière moi, et armée de bonnes résolutions, je continue dans ma lignée d’occupation zen et apaisantes. A défaut de faire des feux de cheminée auprès desquels je pourrais me prélasser des heures tel le chat moyen, je mets partout dans ma demeure des bouquets, plantes et autre fleurs de coton, qui me font du bien au moral. Et qui me servent de décor photo pour le plaisir de vos yeux, pour ne pas vous mentir.

Il me tarde un jour d’avoir une bibliothèque à faire pâlir d’envie Hermione Granger, au sein de laquelle je pourrais laisser vivre pleinement le pyromane du dimanche qui est en moi. Faisant vivre un doux foyer chaleureux, les flammes léchants mes orteils, un livre à dans une main et un verre de Chablis dans l’autre.

En attendant ce jour béni, c’est dans cette torpeur voire mollesse propre à la fin des fêtes, que je me suis rendue dans ma librairie de quartier. Je ne cherchai rien si ce n’est quelque chose de léger. Mon esprit étant encore en vacances, je n’ai nulle envie d’affronter les ténèbres de l’âme d’un narrateur au bout du rouleau. C’est alors que mes yeux se sont posé sur Si le verre est à moitié vide, ajoutez de la vodka de Marion Michau, au quatrième de couverture désopilant. Je vous laisse juger sur pièces : « Je m’appelle Marion. Je ne suis pas très grande, contrairement à ce qu’essaie de me faire croire Christian Louboutin. J’ai les cheveux bouclés et les yeux verts (marron-verts) (surtout marron). Avant de trouver l’homme de ma vie, j’ai eu pas mal d’histoires – je dis ça sans me vanter, elles ont toutes mal fini – le célibat, je connais donc. Je suis passée par là, et repassée et rerepassée en cherchant mon chemin. Je pensais que le grand amour m’apporterait toutes les réponses. Devinez quoi ? Il pose de nouvelles questions. »

J’ai lu ce livre d’une traite, grâce à la sncf et son retard légendaire. Et j’ai passé un réellement bon moment. Je suis encore passée pour une bizarre à rire toute seule. Car il faut savoir que dans ces cas là j’ai tendance à oublier que je ne suis pas seule. Et au lieu d’avoir ce rire distingué que quiconque aurait dans ces cas là, je ris comme une baleine. Et ce jusqu’aux larmes. Charmant spectacle s’il en est.

Marion Michau nous dresse ici un portrait drôle et sans jugement des tribulations amoureuses de la trentenaire contemporaine, par le prisme de ses expériences passées, actuelles et de celles de ses amies. On se retrouve souvent et au final, c’est de nous-même que nous rions. Et ça fait un bien fou cette autodérision.

Si vous cherchez une lecture drôle au titre évocateur des soirées passées, ou à venir, qui suis je pour juger, ce livre est fait pour vous !

Belle lecture à vous ! 🎈

Si le verre est à moitié vide, ajoutez de la vodka de Marion Michau est disponible aux éditions J’ai Lu.