Bilan Février 2021

Feel Good

Février : (nom propre) Mois de mon anniversaire, des crêpes et du froid et donc meilleur mois de l’année pour moi.

Bad Man, de Dathan Auerbach aux éditions 10/18

Bad Man, Dathan Auerbach

L’embarras du choix de Laure Manel aux éditions Le Livre de Poche

L’embarras du choix, Laure Manel

Tu n’es pas belle, tu es pire, de Morgane Pellennec aux éditions Albin Michel

Tu n’es pas belle, tu es pire, Morgane Pellennec

Trois Vœux, de Liane Moriarty aux éditions Albin Michel

Trois vœux, Loane Moriarty

Chems, de Johann Zarca aux éditons Grasset

Chems, Johann Zarca

Pierre qui roule de Donald Westlake aux éditions Rivages

Pierre qui roule, Donald Westlake

Là où nous dansions de Judith Perrignon aux éditions Rivages

Là où nous dansions, Judith Perrignon

Paname Underground

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Underground : (anglicisme) Se dit d’un mouvement artistique d’avant-garde indépendant des circuits traditionnels commerciaux. Se dit également de tour ce qui est sous terrain, dans l’ombre. Paris revêt ainsi ces deux visages. Celui policé des grandes avenues aux cafés prisés dans le monde entier pour leur élégance, dans lesquels déambulent des gravures de mode. Et l’autre, glauque, sombre et sale, mais plus intéressant. Un entre deux existe bien évidemment, mais la vraie vie peut se révéler être d’un ennui.

La drogue c’est mal. Cela rend dépendant, te détruit la santé ou pire encore. Qui n’a jamais entendu ce discours (vrai de surcroit) me jette la première pierre. La drogue c’est mal. La preuve en est Vincent Vega est quand même bien à côté de ses pompes quand Mia Wallace manque de mourir d’une overdose. La preuve en est quand Harry Goldfarb se voit amputer d’un bras suite à une septicémie et que Marion Silver doive se prostituer pour subvenir à sa consommation. La preuve en est Mark Renton voit un bébé mort marché sur son plafond en pleine désintoxication. Passons sur le côté inquiétant que je connaisse les plus grands dépendants et amochés du septième art.

La drogue c’est mal. Le cinéma pullule d’exemples de contre indication, tout comme la littérature. Comme tout ce qui est mal et illégal, donc interdit, cela crée l’effet inverse chez certain, cette envie d’essayer malgré tout. Les interdits lèvent des questions, comme tout tabou, qui méritent parfois de se pencher sur la réponse. Cette envie de se dire que toutes ses histoires sont des légendes urbaines et que rien ne lui arriver, car lui/elle sait. Certes. C’est ainsi que la dépendance peut faire voler des certitudes en éclat. C’est ainsi que Zède voit sa vie partir en fumer dans Chems, le dernier opus de Johann Zarca : « Quand Zède, le narrateur, journaliste connu pour ses papiers sur le milieu underground parisien, décide d’écrire un article sur Jérôme Dumont, artiste homosexuel ayant connu son heure de gloire dans les années 80, il n’imagine pas que ce portrait risque de lui coûter la vie. Il sort plus et plus tard, multiplie les plans et rentre chez lui à l’aube sous le regard ahuri de sa copine, enceinte de leur deuxième enfant et celui, apeuré, de son fils. Ses parents s’inquiètent de le voir maigre et gris lors des repas dominicaux. Ses amis s’écartent quand ils le voient rôder, drogué, dans les fêtes parisiennes, pour proposer des plans douteux à des femmes qu’il connait à peine. Isolement, manque, rechute, dégoût, reprise, plans à trois, quatre et plus, bienvenue dans l’enfer du chemsex. »

« Who is Zed? – Zed is dead, baby Zed is dead« * est la réplique qui m’est venue en tête lorsque j’ai fait connaissance avec le narrateur, ce dénommé Zède. Par contre la scène associée, La Crampe qui sort de sa boite tout de latex vêtu. La fin des Z sera inéluctablement la même. Maccabre à souhait, dans une quête de plaisir de plus en plus ardue, de plus en plus malsaine, de plus en plus déconnectée de la réalité. On sombre peu à peu dans une nuit qui vous happe et qui ne vous recrachera pas indemne.

De Johann Zarca je n’avais lu que Success Story écrit à quatre mains avec Romain Ternaux. J’avais aimé cette pensée acerbe, ce contre pied des romans feel-good, cette irresponsabilité qu’il en émanait. J’ai retrouvé ce parlé cru qui m’avait plu, avec Chemsex. J’ai une appétence pour l’irrévérence et ce depuis toujours. La littérature me le rend bien. Ames sensibles s’abstenir.

Bonne lecture à vous !

Chems de Johann Zarca est disponible aux éditions Grasset

*Je connais les répliques de Pulp Fiction sur le bout des doigts.

Appelle moi par ton nom

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Souvenir : (nom masculin) Ce qui revient ou peut revenir à l’esprit des expériences passées ; image que garde et fournit la mémoire. La première vraie histoire d’amour, le premier coup de foudre, la première rupture, celle qui fait si mal qu’on pense ne jamais s’en relever, son autant de souvenirs qui font ceux que nous sommes. Il n’est pas bon de vivre dans le passé, mais il est bon de chérir ses souvenirs, aux gouts de douce madeleine proustienne.

Call me by your name, Andre Aciman

L’été. Pas ma saison préférée, ce serait même l’opposé. Né en février enneigée, je préfère de loin les courtes après midi d’hiver, et les lumières qui tirent de sa torpeur la nuit profonde et sombre. Pourtant l’été. Cette période de vacances, de vies hors du temps qui se rythment au gré des envies, des opportunités. L’été. Cette saison propice à la torpeur, aux rencontres éphémères, de celles qui sont vite oubliées, de celles qui vous accompagnent pendant votre vie.

17 ans. L’âge de tous les possibles, de toutes les envies. L’entrée dans l’âge adulte en arborant toujours un visage poupin, que l’on croit pourtant effacé mais que l’on se plait à retrouver sur les photos, moments figés d’instants volés. L’âge de tous les émois, de toutes les séductions. L’âge auquel nos idées, notre éducation, choses que l’on prenaient pour acquises peuvent parfois voler en éclat. Pour le meilleur.

Une passion estivale se voulant tour à tour partie de cache cache, de je t’aime moi non plus, de séduction et de plaisir, bienvenue dans ce doux roman qu’est Call me by your name d’André Aciman : « 1983. Pour Elio, c’est l’été de ses 17 ans. Ses parents hébergent Oliver, un jeune universitaire, dans leur villa en Italie. Entre les longs repas, les baignades et les après-midi sous la chaleur écrasante, commence une partie de cache-cache avec cet Américain brillant et séduisant. Un temps fait d’attente, d’espoirs, de doutes et de rejet. Avant que tous deux cèdent à ce sentiment plus grand qu’eux. »

Ce sont les pensées d’Elio qui guident l’intrigue, sous forme d’un long monologue, de longues introspections. sur ce sentiment nouveau qu’est le sentiment amoureux. Sur ce sentiment nouveau qu’est l’attirance pour un homme, qui lui plait et qui le trouble, à qui il veut plaire et par qu’il veut être compris.

Sa passion naissante va se heurter à des principes, sorte de muraille qu’il érige entre lui et ce bonheur qu’il touche du bout des doigts. Ce bonheur qui le torture au plus profond de ces entrailles et dont il apprend à jouir au fil des jours.

Call me by your name se lit d’un souffle. L’intimité d’Elio nous ai livré nue, sans ambages ni fioritures. André Aciman nous livre la confession d’un jeune homme aux proies au sentiment amoureux et aux diverses tortures et joie que cela apporte. Aux marques indélébiles que cette histoire a laissé en son âme et en son cœur.

Belle lecture à vous !

Call me by your name est disponible aux éditions Grasset ainsi qu’aux éditions Le livre de poche