Bilan Avril 2021

2021, Bilan

Le Jeu de la Dame de Walter Tevis est disponible aux éditions Gallmeister

En ces temps incertains, où notre humeur est sujette à faire la girouette, il est bon de se complaire dans ce que nous connaissons et nous rassure. En tout cas, cela vaut pour moi. Alors si vous avez aimé Beth Harmon et son roux flamboyant, je vous invite à la découvrir brune nous la plume de Walter Tevis, dans la version originale du Jeu de la Dame.

Le jeu de la dame, Walter Tevis

Les aventures de Pénélope Bœuf L’audacieuse effrontée (tome 1) et la travailleuse acharnée (tome 2) sont disponibles aux éditions Flammarion et éditions Versilio

Amatrice de podcast, j’écoute depuis quelques jours L’arnaque, et je passe de bons moments, partant souvent d’un fou rire toute seule, ce qui me vaut de passer pour une folle pendant mes séances de running. La bonne nouvelle avec ce nouveau confinement c’est que vous n’aurez pas l’air fou à rire à gorge déployée ou à vous exclamer à haute voix pendant votre lecture car vous le ferez depuis chez vous et non dans le métro. Quelle chances ! Le métro commencerait presque à me manquer tiens… Les aventures de Pénélope Bœuf donc, à lire sans modération !

Les aventures de Pénélope Boeuf

Le syndrome des cœurs brisés de Salomé Baudino est disponible aux éditions de l’Observatoire.

Belle découverte que le Syndrome des cœurs brisés de Salomé Baudino, que je vous invite à lire, que vous soyez technophile… ou technophobe !

L’audacieux Monsieur Swift de John Boyne est disponible aux éditions Le Livre de Poche

Avec L’audacieux Monsieur Swift, John Boyne nous offre une lecture addictive, une apnée dans le monde de la littérature et l’édition dont il écorne les contours dans cette mise en abyme de la vie d’un auteur.

L’audacieux monsieur swift, John Boyne

Belle ode à l’amitié et à la vie que nous étions merveilleuses de Laure Rollier, qui nous rappellent que nous sommes maîtres de nos vies et que seuls nous même sommes capables de provoquer notre bonheur au final.

Nous étions merveilleuses de Laure Rollier est disponible aux éditions le livre de poche

Nous étions merveilleuses, Laure Rollier

Je suis le genre de fille de Nathalie Kuperman est disponible aux éditions Folio

Une fois n’est pas coutume, pas grand chose à dire si ce n’est que je suis complètement passée à côté de ma lecture. Déçue en partie de la promesse que m’avaient fait les commentaires dithyrambiques sur Instagram. Je me suis mise à attendre quelque chose d’indéfinissable, qui n’est au final jamais venu. Un raté pour moi que cette lecture.

Je suis le genre de fille, Nathalie Kuperman

La divine comédie de nos vies de Gavin’s Ruiz est disponible aux éditions Albin Michel

La divine comédie de nos vies de Gavin’s Ruiz nous offre le bilan pas toujours reluisant de la vie de quatre quadragénaires en proies avec leurs envies et à leurs doutes, qui nous renvoie au final, par un effet de miroir, à nos propres vies, à nos propres aspirations.

La divine comédie de nos vies, Gavin’s Ruiz

Enquête au bout du monde

Feel Good

Auteur : (nom masculin) personne qui écrit un livre, qui fait une œuvre d’art. Ou d’une manière plus didactique qui est l’origine de quelque chose. Ces deux définitions siéent à ravir dans ce cas présent.

Le finisterre. La fin de la terre. Voire le bout du monde pour certain. Qui a donné son nom à mon département chéri, le Finistère. Contrée sauvage où un peuple d’irréductibles résiste encore et toujours à l’envahisseur*, j’ai nommé Le Parisien en bottes Aigle et ciré jaune, qui est souvent malgré lui source de quolibet de la part des autochtones. Ah que les clichés peuvent avoir la vie dure ! Mais qu’il est drôle d’en rire.

C’est la Bretagne comme décor qui m’a décidée à lire Le Mystère Henri Pick de David Foenkinos. Associez à cela une adaptation cinématographique, dont les affiches jonchent les murs qui entourent mes trajets quotidiens. J’étais donc conditionnée pour essayer de me rabibocher avec cet auteur.  Je n’ai effectivement d’expérience de lecture que La Délicatesse, lue peut être à une période trop brutale pour que je me laisse porter par la poésie des mots. Nous quittons donc la Côte de Granit Rose pour un voyage en presqu’île de Crozon, dont je vous livre ici un bref aperçu : « En Bretagne, un bibliothécaire décide de recueillir tous les livres refusés par les éditeurs. Ainsi, il reçoit toutes sortes de manuscrits. Parmi ceux-ci, une jeune éditrice découvre ce qu’elle estime être un chef-d’œuvre, écrit par un certain Henri Pick. Elle part à la recherche de l’écrivain et apprend qu’il est mort deux ans auparavant. Selon sa veuve, il n’a jamais lu un livre ni écrit autre chose que des listes de courses… Aurait-il eu une vie secrète ? Auréolé de ce mystère, le livre de Pick va devenir un grand succès et aura des conséquences étonnantes sur le monde littéraire. Il va également changer le destin de nombreuses personnes, notamment celui de Jean-Michel Rouche, un journaliste obstiné qui doute de la version officielle. Et si toute cette publication n’était qu’une machination?« 

D’une idée loufoque mais pleine de bontés, à savoir la création d’une bibliothèque des manuscrits non publiés, va se jouer devant nous le destin amoureux de plusieurs personnes, que rien liaient.

Le postulat de départ est un appel à la rêverie, aux « et si ». Un illustre inconnu, connu comme rustre et économe des ses sentiments, a écrit un chef d’œuvre, une histoire d’amour remarquable. Ainsi une veuve va se rappeler son défunt mari, dont elle oubliait de plus en plus de  faire mention. Une fille, par une preuve d’amour filial posthume, va réussir à faire le deuil d’un mariage qui n’existait, et ce depuis plusieurs années. D’un mariage blanc, une femme va apprendre l’existence de sentiments qu’elle croyait uniques. Un couple qui se disloquait va se reconstruire sur les cendres chaudes d’un adultère. Un homme mettra sa carrière au cachot pour l’amour qu’il porte à sa femme et leur futur enfant.

Mais je n’ai pas vibré. C’est en partie le traitement du récit qui m’a empêché de vivre pleinement ma lecture. En effet, les intrigues sont traitées les unes à la suite des autres, sans vraiment de liants entre elles, et cela fait manquer de rythme en mon sens. Et c’est également dû au trop pleins de bon sentiments, dont je ne suis que modérément friande. En bref, je suis passée à côté de ma lecture, que je n’ai somme toute que peu appréciée.

Décidément, je n’arrive pas à me plaire dans l’univers de David Foenkinos, dont la plume est pourtant belle. Le Mystère Henri Pick ne m’aura malheureusement pas convaincu.

Au plaisir de lire vos avis (divergents) !

Le Mystère Henri Pick de David Foenkinos est disponible aux éditions Folio. Son adaptation cinématographique est en ce moment dans les salles obscures.

*Toute ressemblance avec Astérix n’est pas absolument pas fortuite.

Des vies volées

Non classé

Dépendance : (non féminin) asservissement à une drogue. Dans mon cas, elle est totalement légale, et je l’aimerais revendu à tous les coins de rue, j’ai nommé la lecture. Voilà pour la version sans conséquences. Celle qui est plus néfaste est basée sur une accoutumance, devenue une habitude et dont on ne sait comment s’extirper.

Chanson Douce de Leila Slimani

Depuis quelques années, j’ai un soucis avec la représentation de l’art français. Cette phrase n’ayant à proprement aucun sens, je vais détailler mes griefs. Pour le septième art, nous savons rarement (et non pas jamais, je sais être impartiale quand il le faut) faire de bons films. Soit nous passons de longues minutes à regarder des chuchotis dans des pièces où le temps c’est arrêté, où vivre est un calvaire un plein temps, et surtout, où l’intellectualisme est poussée à son paroxysme, soit nous basculons directement dans le grivois, où nulle activité cérébrale n’est demandée. Certes je force le trait et sombre dans la caricature. Mais que celui qui n’a jamais dit « c’est un bon film, enfin pour un film français s’entend », me jette la première pierre.

Ce soucis, je l’ai eu également avec la littérature. Mais je me suis fait violence, étant persuadée que je loupais de fait des pépites. Et il est vrai que de sortir de ma zone de confort, m’a permis de découvrir des plumes, des auteurs, aux talents certains. Certes l’évasion est moins certaine, l’impression de rester dans le quotidien est assez forte, mais je passe malgré tout de bon moment. Malgré tout oui. Car c’est une certaine pudeur aussi qui m’a longtemps fait bouder ces livres. Et si je ne comprenais pas, et si je passais à côté de la substantifique moelle de l’œuvre. Cela m’arrive avec la peinture ou la photo, et ne m’empêche pas d’apprécier l’œuvre pour autant.

C’est ainsi que je me décidais à lire Chanson de Douce de Leila Slimani, deux après l’obtention de son prix Goncourt.  Deux ans après tout le monde. Le temps de passer l’effet de mode et d’être prête à ma lecture. Je vous donne ici un aperçu avec le quatrième de couverture : « Lorsque Myriam, mère de deux jeunes enfants, décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d’un cabinet d’avocats, le couple se met à la recherche d’une nounou. Après un casting sévère, ils engagent Louise, qui conquiert très vite l’affection des enfants et occupe progressivement une place centrale dans le foyer. Peu à peu le piège de la dépendance mutuelle va se refermer, jusqu’au drame.« 

L’auteure a une vraie plume, celle qui nous fait finir un livre même si l’histoire nous fait horreur. Celle qui nous fait nous poser des questions sur notre condition humaine, et décortiquer les gestes anodins du quotidien.

Ainsi, elle passe au crible de le drame psychologique qu’est Chanson Douce les mœurs modernes. La carrière avant la famille. La famille comme apparat de société. La Nounou comme accessoire, déshumanisée et désincarnée. La pauvreté aussi, intellectuelle, la pauvreté de cœur, amenant à l’absence d’âme. Une société de paraître, au détriment de l’être, guidée par un égoïsme à son paroxysme.

Je crois que je ne me suis prise d’affection pour aucun des protagonistes. Ils subissent leurs vies, leurs choix plus qu’ils n’en sont acteurs. Et se complaisent dans ce cercle vicieux, même s’ils savent intimement qu’il est de leur devoir de le briser. Car dans le jeu malsain des adultes c’est l’innocence propre à l’enfance qui en pâti.

Ainsi j’ai aimé la plume, mais n’ai pas adhéré à l’histoire. S’il y a bien quelque chose que je ne comprendrai jamais c’est qu’on puisse se servir des enfants comme instrument de vengeance, comme dernier recours face à un désespoir devenu trop grand, même si cela les empêcherai de grandir et donc de souffrir. J’ai refermé Chanson Douce de Leila Slimani non sans un certain malaise,combiné à du soulagement. Un sentiment double que m’aura inspiré cette lecture, que je ne saurai ni vous préconiser ni vous déconseiller.

Belle lecture à vous !

Chanson Douce de Leila Slimani est disponibles aux Editions Folio.