Bilan Mars 2021

Feel Good

Mars : (nom propre) planète, barre chocolatée et accessoirement le mois de la saint Patrick, du Printemps et de ma fête !

Va où le vent te berce de Sophie Tal Men aux éditons Albin Michel

Là où le bonheur se respire, Sophie Tal Men

Un jour de plus de ton absence de Mélusine Huguet aux éditions Charleston

Un jour de plus de ton absence, Mélusine Huguet

Instagrammable d‘Eliette Abécassis aux éditons Grasset

Instagrammable, Éliette Abécassis

Sous Terre de James Delargy aux éditions Harper Collins Noir

Sous terre, James Delargy

Mamma Mia de Serena Giuliano aux éditons Pocket

Mamma Maria, Serena Giuliano

De mon plein gré de Mathilde Forget aux éditions Grasset

De mon plein gré, Mathilde Forget

La Datcha d’Agnès Martin-Lugand aux éditions Michel Lafon

La datcha, Agnès Martin-Lugand

Destins violés

Non classé

Deuil : (nom masculin) Douleur, affliction que l’on éprouve à la mort de quelqu’un. Mais pas que, cela veut également signifier se résigner à être privé de quelque chose de capital pour soi. De sa liberté de choisir, d’une amitié ourlée de sororité, de ses désirs les plus chers nourris en son sein. Les nouvelles les plus belles peuvent ainsi être entachées des pires maux.

Un jour de plus de ton absence, Mélusine Huguet

« Quand je serai grande, j’adopterai mon enfant. Je ne veux pas avoir de bébé dans le ventre. Tu me diras où est le magasin des bébés et j’irai en acheter un. » Ce que j’aime chez les enfants, c’est leur vision de la vie pure et sans encombres. A chaque problème, sa solution. Cette phrase d’accroche peu commune qui m’a value d’éclater de rire vous est gracieusement offerte pour aborder ce thème à la fois beau, mais tabou qu’est la maternité.

La maternité. Le fait de devenir une Maman, cet état de grâce, de neuf mois de gestation, n’est pas vécu par toute de la même manière. N’est tout simplement pas vécue par toute. Par choix, par problèmes de santé ou pour pléthores raisons intimes, qui ne regarde personne, sinon celle qui est concernée. Certaine font exulter à l’apparition des deux traits sur leur tests de grossesse, d’autres vont redouter ce moment. Certaines vont vivre le traumatisme d’une fausse couche, d’autres provoqueront le traumatisme de l’avortement. Certaines vivront neuf mois de plénitudes, quand d’autres vivront un véritable calvaire voire seront dans le déni le plus absolu.

La maternité. Une perception personnelle et propre à chacune, à son passé, ses envies. En bref, sa vie. Et ce n’est pas Jade, l’héroïne d’Un jour de plus de ton absence de Mélusine Huguet qui me contredira :  » Félicitations, madame Loiseau. Vous allez être maman ! » Fonder une famille avec Antoine, c’est le rêve de Jade depuis le tout premier jour de leur amour. Elle devrait nager en plein conte de fées : Antoine est fou de joie, ils ont la trentaine, des situations professionnelles stables, un appartement avec une chambre supplémentaire et des familles aimantes, toutes prêtes à accueillir cette nouvelle vie. Une seule ombre plane sur ce tableau idyllique : celle du mensonge qui dévore progressivement Jade… »

Etre une femme au vingt et unième siècle, qu’est ce que cela implique ? Au regard des thèmes abordées par l’auteure, le deuil et la résilience. La violence prédominante de la vie à notre encontre. Des autres – des hommes – par ces maux qu’ils peuvent nous infliger, de leurs poings, de leurs mots, de leurs chairs. Des autres – des femmes – qui se jugent sans se comprendre, telle une compétition au long court. Des injonctions de la société – tu seras mère ma fille -, des maladies inhérentes à notre sexe qui atteignent notre féminité et notre être. Ce danger permanent qui nous étreint. Le parcours de Jade est effrayant. Parce qu’il semble trop vrai, parce qu’il doit exister malheureusement trop souvent.

Par ma personnalité – constructrice de fortins protecteurs autour de ma personne (je suis un oignon) – je me protège de cette violence au quotidien et tend vers un espoir que la vie n’est pas une épreuve pour tout un chacune. Tout un chacun. De fait, je suis passée en partie à côté du roman.

Bien qu’il soit une belle découverte Un jour de plus de ton absence, de Mélusine Huguet qui aborde les problématiques fortes et par la même absurdes de notre société. A mes yeux, la vie devrait primer sur la survie.

Belle lecture à vous !

Un jour de plus de ton absence, de Mélusine Huguet est disponible aux éditions Charleston

La Comédie Humaine

Feel Good

Festivité : (nom féminin) fête, réjouissance. Et qui de mieux que sa famille pour célébrer ces moments magiques et uniques, tels que les fêtes de fin d’année ou les anniversaires. Sur le papier, l’idée semble bonne mais cela peut malheureusement se transformer en règlements de compte à Ok Corral, faisant sauter le vernis écaillé de cette image d’unicité.

Vous prendrez bien un dessert ?, Sophie Henrionnet

Même si nous sommes à l’aube d’un été caniculaire, il me tarde d’être en hiver. Je fais partie de ses rares personnes qui préfèrent les courtes et froides journées, ourlées d’un soleil ras, trop paresseux pour briller à son zénith. Quand la ville se pare de ses plus belles lumières, à la nuit tombante, et que notre plaisir est alors de se réunir dans la chaleur d’un foyer aimant et boire un vin euh chocolat chaud. J’aime ces réunions de famille de Novembre en ma Bretagne tempêtueuse. Même si Noel prévaut en général pour ces moments en famille partagés.

C’est ainsi que la famille Labarre ne déroge pas à la règle et n’a que l’heureux choix de se retrouver autour d’un sapin bariolé pour célébrer, tous ensemble et à leurs corps défendant, ce moment de félicité. D’apparence tout du moins. De la matriarche acariâtre aux petits enfants transparents, Sophie Henrionnet ne nous épargne aucun travers de cette famille hautement dysfonctionnelle avec Vous prendrez bien un dessert. « Les fêtes de fin d’année, un temps propice aux joies simples des retrouvailles et aux petits bonheurs en famille ? Pas chez les Labarre. Alors que toute la famille est réunie pour célébrer à la fois Noël et l’anniversaire de Louis, le patriarche, chacun a ses propres raisons de redouter ce huis clos familial. Bientôt, la neige envahit la vallée et le luxueux chalet dans lequel les Labarre sont rassemblés se referme sur eux comme un piège. Tandis que le champagne coule à flots, les apparences se fissurent… et secrets comme vieux démons se joignent à la fête.« 

Un chalet dans la montagne enneigée. Une grande famille disséminée ca et là, en trois générations. Un weekend de quatre jours organisé au cordeau pour un fiasco final des plus magistrales. Nous rencontrons l’un après l’autre les membres de cette famille désunie, aux proies à leurs qui viennent à un à un à reculons dans cette réunion infernal. Un huis clos familiale, où les convenances et le bon goût vacillent. Où rien ne prévaut plus que de garder les apparences. Faire semblant et garder la tête haute malgré tout.

A travers la galerie des portraits des membres de la famille Labarre, on en apprend un peu plus sur chacun. Et au fur et à mesure que le réveillon bat son plein, le drame point le bout de son nez. L’argent comme moteur de cette jovialité forcée. La vérité quant au désamours de mères envers leurs enfants. Les conséquences tragiques de liaisons passées et cachées, afin de sentir vivants et aimés. Un patriarche aimé de tous, mais haïssable à souhait. Une vérité latente qui une fois dite renverrai à chacun le visage du misérable qu’il est réellement.

Avec son roman Vous prendrez bien un dessert, Sophie Henrionnet dresse un portrait au vitriol d’une famille bourgeoise à l’égoïsme individuel affligeant. C’est fin, drôle et caustique, je m’en suis délectée.

Belle lecture à vous !

Vous prendrez bien un dessert de Sophie Henrionnet est disponible aux éditions Charleston