Après

Horreur

« A mon avis, ce qui suit est une histoire d’épouvante » nous prévient le narrateur dès les première lignes. Comme une précision quant à une plume, un style, familiers s’il en est, mais que certains ne connaissent encore que comme une légende et non un fait établi. Habile mise en abîme, qui m’a fait me caler un peu plus confortablement dans mon fauteuil, pour lire ce roman d’une traite.

Après, Stephen King

Cela faisait longtemps que je n’avais pas lu de romans de Stephen King. Cela date du lycée (hier donc) (c’est faux). Cette histoire de lecture compulsive et monomaniaque qui a tout de même durée une bonne année s’est terminée, après avoir lu la quasi totalité de sa biographie de l’époque, avec Le Fléau. Il faut dire qu’à l’époque j’avais attrapée un rhume au moment de ma lecture, et que cela avait engendré quelques mauvais rêves.

Stephen King et moi, c’est une histoire de masochisme. Chacun de ses livres lus m’a flanquée une frousse terrible, au point d’être tentée de mettre le livre dans le congélateur. Cujo en particulier. Ayant déjà une phobie des chiens sacrément handicapante quand on entreprend de faire des footings en campagne, ce choix n’était pas le plus judicieux. Mais j’ai aimé avoir peur, car la terreur est savamment dosée, et le contexte poisseux à souhait.

Dix-huit ans plus tard, je me suis décidée à renouer avec mon ancien amour lycéen, avec Après, dernier Opus en date de l’auteur : « Grandir, c’est parfois affronter les démons qui vous hantent. Jamie n’est pas un enfant comme les autres : il a le pouvoir de parler avec les morts. Mais si ce don extraordinaire n’a pas de prix, il peut lui coûter cher. C’est ce que Jamie va découvrir lorsqu’une inspectrice de la police de New York lui demande son aide pour traquer un tueur qui menace de frapper… depuis sa tombe. »

Comme à l’accoutumé, je me suis laissée happée par ma lecture, en y voyant des signes du destin toutes les trois pages, comme les mentions à la série The Wire que je découvre depuis peu, ou encore celles de Destination Finale, dont j’ai écouté le podcast de 2 heures de perdues il y quelques jours.

L’histoire quant à elle n’est pas d’une originalité à toute épreuve, reprenant des références de la pop culture bien connues du grand public mais elle a fonctionné sur moi. Le narrateur, jeune garçon puis adolescent, nous livre son vécu extraordinaire sous forme d’une histoire impeccablement rôdé, qui se veut ordinaire par beaucoup d’aspects, où se glisse de temps à autre des sauts dans son passé ou son avenir. La fin m’a malgré tout laissée sur ma faim, la trouvant un peu facile, sans le revirement spectaculaire que j’attendais.

Je ne saurai dire si Après est un grand cru du maître, mais je me suis perdue dans cette lecture, qui m’a tirée quelques cauchemars, alors je peux vous dire que ca a été un bon roman pour moi. Je pense d’ailleurs renouer avec cette relation masochiste trop longtemps laissée pour compte dans les semaines à venir.

Bonne lecture (et cauchemars) à vous !

Après de Stephen King est disponible aux éditions Albin Michel

Bilan Septembre 2021

2021, Bilan

Septembre : Mois de rentrée scolaire, des affaires joliment éphémères parce que neuves mais qu’on va s’amuser à user, reprise du sport et autres activités hautement sociales, comme profiter des dernières douces soirées en terrasse avec un verre de rosé.

Les jours brûlants, Laurence Peyrin est disponible aux éditions pocket

Les jours brûlants, Laurence Peyrin

Avec Les jours brulants, Laurence Peyrin nous livre un roman sublime, un road trip initiatique qui nous fait écho. Il me tarde de lire plus de romans de cette auteure.

On ne parle plus d’amour de Stéphane Hoffman est disponible aux éditions Albin Michel

On ne parle plus d’amour, Stéphane Hoffman

Je retrouve avec On ne parle plus d’amour ce qui m’avait plus dans les Belles Ambitieuses, une langueur et une paresse décrite chez les hommes, qui laissent aux femmes – et ceux bien malgré eux – l’occasion de grandir, de murir, et de prendre l’ascendant tout en finesse. Une lecture plaisante que nous offre Stéphane Hoffmann, qui permet de prolonger de quelques jours les vacances en ce mois de Septembre.

La définition du bonheur de Catherine Cusset est disponible aux éditions Gallimard

La définition du bonheur, Catherine Cusset

La promesse était trop belle pour être vraie. Loin d’être un coup de cœur pour moi, j’ai refermé le dernier Catherine Cusset, La définition du bonheur, avec cette question, qui n’attend pas de réelle réponse, « A quoi bon ? ».

Santa Mondega, d’Anonyme est disponible aux éditions Sonatine

Santa Montega, Anonyme

J’ai fermé – et quitté – Santa Mondega avec un regret, que ce dernier tome ne soit pas à la hauteur des précédents et me laisse sur ma faim. J’espère que cette fin n’est pas un adieu. Ma rentrée littéraire 2021 commence à mon grand damn à tourner au fiasco.

On ne parle plus d’amour

2021, Rentree Litteraire

« L’eau galope quand elle bout, contrairement à l’huile qui est bouillante tranquille » d’après La cuisine de Caroline, de Caroline Haedens. L’on dit de certains enfants facétieux qu’il faut les surveiller comme le lit sur le feu – et dieu si je me rappelle de ma première purée mousseline faite par mes soins et du débordement de lait sur la gazinière -, pourtant, dans le cas de Louise Lemarié, c’est un bouillonnement tranquille et sourd qui coule dans ses veines, dans son être.

On ne parle plus d’amour, Stéphane Hoffman

De part mon lycée, j’ai découvert l’existence des rallyes et d’une certaine caste aristocratique qui ne jurait que par ces événements pour trouver leur prétendants, respectant séant tous les critères à cocher selon Papa Maman. Même si cela inclue des incartades à côté. Même si cela inclut de vivre dans une hypocrisie sociale. J’étais à l’écart de ces quelques spécimens sur liste depuis leur naissance comme prétendants à un mariage dont ils ne voulaient que par formatage.

En faisant la connaissance de Pierre-Armand Foucher et de Louise Lemarié, personnages centraux du roman de Stéphane Hoffmann On ne parle plus d’amour, je suis retournée quelques années en arrière. La caste Brestoise ayant fait place pour cette fiction, à celle vannetaise, qui ne semble pas en reste dans la recherche d’apparat.

Louise pourtant vient troubler ses rigides fiançailles, en faisant l’amour à un autre, Guillaume, dont elle tombe sous le charme quasi immédiatement. Menaçant ainsi de faire vaciller l’équilibre précaire de sa jeune vie, ce dont elle n’a que peu conscience. « Louise et Guillaume ne parlent plus d’amour, ils le font. Pourtant, Louise doit épouser dans quelques mois un homme riche qu’elle méprise, quand Guillaume tente de se relever d’un chagrin où il a cru mourir. Leur passion bouleverse tout dans cette petite villégiature de Bretagne où s’agite une société qui ne croit qu’au champagne, aux régates, aux jardins, aux bains de mer et autres plaisirs de l’été. »

Nous sommes dans la campagne Vannetaise le temps d’un été. Entre Père et Mère Entre terre et mer. Entre régates et affaires notariales. Dans la fulgurance d’une rencontre, de rencontres. Celle de Louise et de Guillaume. Celle d’une génération de parvenues et d’aristocrates au long court. Il ne s’y passe absolument rien, si ce n’est quelques drames familiaux et financiers, dont on se joue, dont on rit. Drames qui sont tout au plus un amusement, une distraction dans la torpeur estivales. La paraître triomphant de l’être au final.

Je retrouve avec On ne parle plus d’amour ce qui m’avait plus dans les Belles Ambitieuses, une langueur et une paresse décrite chez les hommes, qui laissent aux femmes – et ceux bien malgré eux – l’occasion de grandir, de murir, et de prendre l’ascendant tout en finesse. Une lecture plaisante que nous offre Stéphane Hoffmann, qui permet de prolonger de quelques jours les vacances en ce mois de Septembre.

Bonne lecture à vous !

On ne parle plus d’amour de Stéphane Hoffman est disponible aux éditions Albin Michel