Paloma

Feel Good

Hirondelles : (nom féminin) de très nombreuses jeunes femmes qui ont quitté leurs communes de Navarre et d’Aragon pour venir travailler dans l’industrie de l’espadrille à Mauléon, dans le pays Basque. Une découverte de cette part d’histoire totalement inconnue pour la bretonne que je suis.

Les Demoiselles, Anne-Gaëlle Huon

A l’aube des vacances estivales, j’ai besoin d’évasion et de légèreté. Comme tout un chacun me direz vous. La lecture a pour moi ce pouvoir magique qu’elle me permet de me projeter dans des endroits hors de portée, hors de pensée aussi parfois. Dans des époques que l’on pensait connaître, mais que l’on a fait que survoler. Dans des intrigues qui nous bercent au fil de ses leurs mots. Des personnages que l’on se plaît à aimer, et qui deviennent, un temps défini des membres de nos vies.

Et c’est ainsi que j’ai rencontré Rosa, jeune fille effacée qui va devenir une femme affirmée au fil des ces rencontres et des ses expériences de vie pour le moins unique avec les Demoiselles qui prêtent leur nom au dernier roman d’Anne-Gaëlle Huon.

« Il n’y a que trois règles ici, Rosa. La première : ne jamais tomber amoureuse. La deuxième : ne jamais voler l’homme d’une autre. La dernière : ne boire que du champagne millésimé. Seule l’une de ces trois règles sera respectée.« 

De l’Espagne à la France, séparée par ces funestes Pyrénées. Des Hirondelles aux Demoiselles. Des destins croisées, des rencontres impromptues. D’une vie de courtisane à celle de couturière dans un atelier d’espadrilles. De la pauvreté à la richesse. De l’anonymat à à une notoriété certaine. Tant que la douceur des plumes et des rubans et l’ivresse du champagne peuvent tout emporter sur leur passage, la liberté chèrement acquise est un luxe dont peu peuvent se vanter. Le style est envolé, la personnages aux fortes personnalités et haut en couleur, qu’on se plait à aimer.

Un roman sous forme déclaration qui vante les amours contrariées, les amitiés échoués, les projets avortés, mais également les amours éclos, la réussite et le bonheur, malgré tout. Une déclaration à une région aussi, le Pays Basque et de son histoire si riche et qui m’était encore inconnu il y a peu. A l’Histoire se mêle une histoire, celle de Rosa et des demoiselles. Et on se plaît à vivre ce tourbillon qu’est leur vie.

Avec Les Demoiselles, j’ai enfin découvert la plume d’Anne-Gaëlle Huon, auteure solaire s’il en est et je dois dire que je ne suis pas déçue. Mon seul regret tout de même reste d’avoir lu trop vite ce roman pétillant, telle une coupe de champagne, qui est un véritable hymne à la liberté, une déclaration d’amours aux femmes.

Belle lecture à vous !

Les Demoiselles d’Anne-Gaëlle Huon est disponible aux Editions Albin Michel

Sex in the city

Feel Good

Série : (nom féminin) est une œuvre de fiction télévisuelle qui se déroule en plusieurs épisodes. Si elles sont désormais monnaie courante, et dépassent même en qualité pour certaines le septième art, elles se regardent puis s’oublient. Mais lorsqu’elles ont comme cadre New York, et qu’elles traitent des trentenaires célibataires à New York, elles deviennent intemporelles et même des références en la matière.

No sex in the city ?, Candace Bushnell

Le début de mon adolescence a été marquée par la série culte par excellence, j’ai nommé Friends. Elle a bercé en partie mes années collège, et je m’imaginais bien plus tard, avoir une bande de potes aussi attachante et barrée. Puis vint le lycée et mes années d’internat. Où j’ai vécu à moindre échelle ces partages de moments de vies, et créer des amitiés qui n’ont pas pris une ride. Tout comme nous. Ainsi que des lacunes en termes de pop culture.

C’est ainsi que j’ai découvert la série Sex and the City sur le tard, lors de mes études supérieurs, peu avant que le film sorte sur grand écran. Et j’ai aimé cette bande de filles, aux quatre caractères antagonistes, qui cherchent toutes au final la même chose, selon des critères bien différents. L’Amour. D’être aimées et de s’aimer (elles-même) en retour. Férues de mode et des derniers endroits sorties de terre, elles m’ont régalées pendant six saisons, où j’ai vécu leurs bonheurs ainsi que leurs déboires.

Une fois n’est pas coutume, j’ai vu l’adaptation avant de prendre connaissance de l’originale. Et c’est ainsi que je fis connaissance avec Candace Bushnell et sa plume corrosive, sur les relations hommes femmes, et la société New Yorkaise, à travers ses multiples romans. Vingt ans plus tard, elle récidive avec No sex in the city ? Mais ce n’est plus aux trentenaires mordantes qu’elles s’affrontent mais aux cinquantenaires en détresse, dans un monde qu’elles ne comprennent plus aussi bien qu’avant.

« Si vous pensiez qu’avec le temps Candace Bushnell s’était assagie, vous avez tout faux ! Vingt ans après avoir brisé les tabous et sacrément libéré les moeurs, l’auteure du best-seller légendaire Sex and the City revient… et elle n’a pas pris une ride. Ou presque.
Car elle aborde ici les problèmes rencontrés par les quinquas qui se retrouvent seules sur le marché de l’amour. Finie l’ère de la performance, du coup d’un soir et de la frivolité, bienvenue dans  le désert du… No Sex in the city ? »

Je ne me suis jamais vraiment projetée dans les héroïnes de Bushnell, ayant trop d’écart d’âge avec elles au moment de mes lectures. Mais j’aime son regard aiguisé et la verve qu’elle emploie quant à la description de ses contemporains. Nous retrouvons ainsi Candace aux proies à la soixantaine approchante, les questionnements qu’elle entraîne, les choix qui ont été faits et ceux qui seront à faire.

Des rencontres Tinder avec de fringants trentenaires aux sorties vélos spéciale drague, en passant par l’ex sous Kétamine qui plante sa tente dans le jardin à la crise de folie de la cinquantaine, l’auteure aborde un thème somme toute universelle, comment vivre avec sa solitude ? L’amour n’est il réservé qu’aux jeunettes qu’elles ont été elles et ses amies ?

Avec son dernier roman, No sex in the city ?, Candace Bushnell dresse un état des lieux touchants et mordants de vie de femmes, qui dresse un constat doux amer quant aux années passées. Si la crise de la cinquantaine est bien réelle, elle semble qu’elle ouvre la voie à l’épanouissement de la soixantaine. Je vous dirais cela dans quelques décennies.

Bonne lecture à vous !

(No) Sex in the City ? de Candace Bushnell sera disponible aux éditions Albin Michel le 17 juin’

Le sang et le feu

Thriller

Fanatisme : (nom masculin) Dévouement absolu et exclusif à une cause qui pousse à l’intolérance religieuse ou politique et conduit à des actes de violence. Dans certain cas, ce dévouement vous pousse à vous retrancher du monde contemporain, pour créer le votre, propre à vos convictions et imperméables au monde qui peut l’entourer. Et ce en toute innocence et bien pensance. Jusqu’à preuve du contraire.

Le jour des cendres, Jean-Christophe Grangé

A mon sens, les auteurs de thrillers pourraient être de parfaits psychopathes. Cette théorie m’est très personnelle. Cette noirceur décrite sur papier blanc est tellement sombre parfois, qu’elle prête à faire peur. Malgré tout c’est un genre que j’affectionne, que ce soit en littérature ou au cinéma. Le lecteur n’est pas qu’un simple spectateur mais devient acteur par sa réflexion ou les pistes qu’il échafaude. Rien de plus grisant que de mener une enquête, qui peur parfois ébranler nos perceptions et émotions. C’est ce qui me plait le plus dans ce type de lecture, de jouer à Sherlock Holmes, et me poser mille questions, avec comme but ultime de trouver la fin dès le début.

J’ai découvert il y a quelques années déjà Jean-Christophe Grangé grâce à ma lecture des Rivières Pourpres, que j’avais beaucoup aimé. Il m’a d’ailleurs fallu quelques temps avant de regarder l’adaptation, décevante à mes yeux aux vues de l’épaisseur du roman. Comme bien souvent les adaptations ou alors c’est que je suis très exigeante. De Grangé j’ai ensuite lu toute sa bibliographie, des livres parus avant aux livres à paraître au fils des ans, que je m’empressais d’acheter dès leur sortie. Et ce jusque Kaïken. Et puis, je l’ai laissé de côté. Par lassitude peut être. J’arrivais à saturation du genre. J’ai découvert d’autres auteurs, je lisais moins de thrillers. Mais la curiosité s’est faite plus forte que le reste. Le jour des cendres marque nos retrouvailles.

« Dans un monde de pure innocence, quel peut être le mobile d’un tueur ? Dans une communauté sans péché, comment le sang peut-il couler ? À moins qu’à l’inverse… Le coupable soit le seul innocent de la communauté. »

Des retrouvailles avec l’auteur, mais pas seulement. Celles avec le commandant Niemans, qui menait la danse dans Les Rivières Pourpres. L’Alsace et ses vignes comme lieu du crime. Une communauté de religieux coupés du monde comme cible. Des écorchés vifs qui viennent chercher refuge dans ces vendanges tardives. Une bulle hors du temps, hors du monde. Une bulle qui se craquelle avec les meurtres de certains de ses membres. La rudesse de la police aux gros sabots confrontée à la délicatesse du silence d’une communauté à la pureté de façade.

Une enquête au cordeau dans le froid de l’hiver alsacien, où la nuit et le froid prédominent et apportent une atmosphère particulière, sans lumière, sans espoir. Du nihilisme à l’état pur. L’ingrédient (pas si) secret de l’auteur. Les pages s’enchaînent à une vitesse vertigineuse, laissant poindre une certaine amertume de la part du lecteur. Le sang coulent et les cendres pleuvent. Quelle est cette bête dont la venue est tant crainte ? Chimère ou réalité ?

Bien qu’il m’ait été plaisant de retrouver l’esprit noir de Jean-Christophe Grangé, la déception l’emporte malgré tout sur le reste. La vision du monde apportée est trop manichéenne à mon goût, sans grandes nuances et avec force cliché. L’intrigue se déroule lentement, mais ne prend pas en épaisseur. Sa linéarité nous apporte un dénouement rapide et dénué de suspens, qui m’a laissée perplexe.

Mes images d’épinal avaient laissé en moi un souvenir d’excellence. Comme à l’accoutumé dans ces cas là, le présent fait souvent pâle figure.

Bonne lecture à vous !

Le jour des cendres de Jean-Christophe Grangé est disponible aux Editions Albin Michel