Bilan Février 2021

Feel Good

Février : (nom propre) Mois de mon anniversaire, des crêpes et du froid et donc meilleur mois de l’année pour moi.

Bad Man, de Dathan Auerbach aux éditions 10/18

Bad Man, Dathan Auerbach

L’embarras du choix de Laure Manel aux éditions Le Livre de Poche

L’embarras du choix, Laure Manel

Tu n’es pas belle, tu es pire, de Morgane Pellennec aux éditions Albin Michel

Tu n’es pas belle, tu es pire, Morgane Pellennec

Trois Vœux, de Liane Moriarty aux éditions Albin Michel

Trois vœux, Loane Moriarty

Chems, de Johann Zarca aux éditons Grasset

Chems, Johann Zarca

Pierre qui roule de Donald Westlake aux éditions Rivages

Pierre qui roule, Donald Westlake

Là où nous dansions de Judith Perrignon aux éditions Rivages

Là où nous dansions, Judith Perrignon

Ben et Eric

Thriller psychologique

Fraternité : (nom féminin) sentiment profond, lien existant entre personnes de la même famille ou se considérant comme tel. Toutefois, bien que de la même famille certains frères peuvent se sentir des étrangers l’un pour l’autre, allant parfois même se détester.

Bad Man, Dathan Auerbach

Plus jeune, j’ai eu ce qu’on pourrait appeler des phases de lecture. Pour ne pas dire que j’étais légèrement monomaniaque. Je le suis toujours. Quand j’habitais à Paris, boire un verre au café Mabillon, jouxtant le métro et la rue susnommée était un jeu qui plaisait. Après avoir lu la quasi totalité des Agatha Christie, je me suis ainsi tournée vers le maître de l’épouvante sur papier glacé, j’ai nommé Stephen King.

Autant je suis imperméable aux films d’horreurs, m’endormant allégrement devant la scène qui glace le sang de toute personne normalement constitué, autant lire King me procurait un frisson, une angoisse, au fur et à mesure que je tournais les pages. Cujo, en tête, ayant déjà une peur bleue du meilleur ami de l’homme au quotidien. Le Fléau, ayant contracté en pleine pandémie les symptômes avant coureur d’une fin précoce, à savoir ceux du rhume. Pour finir Shining, et cet solitude ouatée angoissante, ce monde parallèle qui attend en tapinois le moindre signe de faiblesse.

Shining donc, et son adaptation magistrale par l’un des maître du cinéma, cet art à mes yeux complémentaire à la littérature, j’ai nommé Kubrick. Alors quand le bandeau promotionnel vend « Shining au supermarché » sur une couverture à la plus que sombre sobriété, je me laisse tenter. C’est ainsi qu’à commencer mon aventure avec le Bad Man de Dathan Auerbach. « On dit qu’après quarante-huit heures, les chances de retrouver une personne disparue sont quasi nulles. Deux jours pour ratisser les bois alentour, frapper à toutes les portes, remuer ciel et terre. Passé ce délai, l’espoir n’est plus permis. Eric, trois ans, a disparu il y a cinq ans. Peu à peu, les affichettes ont jauni, les policiers se sont désintéressés de l’affaire, la vie a repris son cours dans cette petite ville désaffectée de Floride. Pas pour Ben, le grand frère de la victime. Qui ne s’est jamais remis du drame. Qui a vu sa famille sombrer. Mais qui n’a jamais cessé ses recherches. »

Un supermarché comme point de départ. Une disparition d’enfant. Un grand frère responsable d’avoir détourné le regard. Ben perd Eric, son cadet âgé de trois ans. Le rideau se lève cinq ans plus tard, le décor reste le même, le mystère entier. Le supermarché comme lieu du drame, où tous les possibles s’offrent à nous. Un supermarché la nuit, vide et silencieux, comme lieu de l’action, dont on connaît par cœur le plan à force d’y trainer les pieds bon an mal an. Lieu qui crée malgré lui une tension. Une sort de huis clos, entre conserves et bouteilles de lait. Des indices semés aux comptes gouttes, qui donnent un espoir incertain, celui de retrouver cet enfant perdu. Une galerie de personnages troubles et hors normes. Qui sème des mensonges ? Qui dit vrai ? le doute est permis, et l’opacité se fait de plus en plus dense autour de Ben.

Mais, j’ai été déçue. Déçue par un dénouement d’intrigue qui ne m’a pas plu. Je suis TRES exigeante en termes de résolution. Seul Poirot peut se permettre de garder pour lui des indices dans son chapeau, melon au demeurant. Je m’attendais en outre à voire sauter derrière les rayons des monstres et autres créatures malfaisantes. Que le suspens établi soit plus tangible.

La principale raison de mon attachement à l’intrigue est triviale et personnelle. Les prénoms des frères sont ceux de deux frères d’armes, amis d’enfance, de mon cercle. Cela m’a fait sourire. Et a bien évidemment été partagé aux principaux intéressés. Les deux premiers tiers du roman m’ont tenue en haleine, puis l’ennui s’est invité. Bad Man d’Anton Auerbach a souffert de ma sédentarité et de mon manque d’entrain du moment. Ainsi que d’une publicité mensongère qui le dessert même avant d’entamer la lecture.

Malgré tout, bonne lecture à vous !

Bad Man d’Anton Auerbach est disponible aux éditions 10/18

La vérité est la fille du temps

Thriller

Richard III (personnage historique) : le dernier roi d’Angleterre de la maison d’York, de 1483 à sa mort, en 1485. De courte durée fut son règne. La postérité garde de Richard l’image d’un tyran machiavélique et monstrueux, coupable d’infanticide, suite aux portraits dressés par les historiens de la période Tudor. William Shakespeare lui accorda l’une de ses premières tragédies.

La  fille du temps,  Joséphine  Tey

L’une de mes matières préférées a toujours été l’Histoire. Je trouve cela passionnant à divers niveau. Apprendre à connaître ceux qui nous ont précédés, leurs mœurs et coutumes. De la dynastie romaine des douze Cesars au sacré de Napoléon Bonaparte en passant par la cour du Roi Soleil, le règne de ses hommes à la main de fer me subjuguent. Les transformations sociales et societales me fascinent.

Autant, l’Histoire de France n’a pas trop de secrets pour moi (au Trivial Pursuit tout du moins), autant j’ai de grosses lacunes en ce qui concerne nos voisins d’outre Manche. A l’exception peut être de Richard Cœur de Lion, par le prisme d’un célèbre prince des voleurs et de ses multiples adaptations. Ainsi, Richard III m’était totalement inconnu il y a encore quelque jours.

C’est sans compter sur la plume de Joséphine Tey, auteure écossaise de la première moitié du XXe siècle, qui en fait un coupable présumé à l’affaire non jugée, dans La fille du temps : « Immobilisé sur son lit d’hôpital, l’inspecteur Grant s’ennuie. Pour se distraire, il passe au crible de son œil criminologiquement très exercé des portraits de personnages historiques. Parmi eux, un visage lui inspire sympathie et déférence. Mais il s’avère être celui de l’épouvantable Richard III, roi d’Angleterre, parvenu au trône (voyez Shakespeare) grâce à l’assassinat de ses neveux, les enfants d’Edouard »

C’est sur un postulat singulier mais non sans charmes que l’intrigue est basée. Le portrait de Richard III reflète un homme hanté et d’une tristesse infinie. Si tel était le cas serait il réellement le bourreau qui a fait exécuté ses neveux pour accéder brièvement au trône d’Angleterre ? C’est depuis un lit d’Hopital aux nurses affables et visiteurs curieux que l’enquête se déroulent. Comment être en mesure de réunir des faits et non des bruits de couloirs plus de six cents ans après les faits ? Comment appréhender l’Histoire et ses sources pour réhabiliter un Roi crapuleux, détesté de son peuple et ce depuis des siècles ?

Outre l’enquête particulière qui a capté toute mon attention, j’ai aimé la peinture de la bonne société anglaise, faite de thé et de temps pour soi, d’un je ne sais quoi de snobisme qui me fait tant aimé ce genre de roman légèrement suranné. C’est pour toutes ses raisons que La Fille du temps est un coup de cœur que je ne saurai que vous recommander.

Belle lecture à vous !

La fille du temps de Joséphine Tey est disponible aux éditions 10/18.