Bilan Janvier 2021

2021, Bilan

Bilan : (nom masculin) Inventaire chiffré. Définition lapidaire d’un mot utilisé à tout va, surtout en ce moment, en cette période où les chiffres n’ont jamais autant été sortis de leur contexte. Sur une note plus gaie, je vous propose mon bilan de lecture de ce mois de Janvier 2021. Six au total, pour égayer le quotidien de cette nouvelle année. A déguster sans modérations accompagnées de crêpes toutes chaudes. Pour la Bretonne que je suis, la chandeleur dure tout le mois de Février.

Les Quatre Fille du Docteur March, Louisa May Alcott aux éditions Gallmeister

L’enfant de la prochaine Aurore de Louise Erdrich aux Editions Albin Michel

L'enfant de la prochaine aurore, Louise Erdrich

Les Sœurs Livanos de Stéphanie des Horts aux éditions Le Livre de Poche

Les sœurs Livanos, Stéphanie des Horts

Les Bordes d’Aurélie Jeannin aux éditions Harper Collins

Les Bordes, Aurelie Jeannin

Eden de Monica Sabolo aux éditions Le Livre de Poche

Éden, Monica Sabolo

La Fièvre de Sébastien Spitzer aux Editions Albin Michel

La fièvre, Sébastien Spitzer

L’Esprit de la forêt

Thriller psychologique

Forêt : (nom féminin) vaste étendue de terrain couvert d’arbres. Dans ma Bretagne chérie elles sont légions, et revêtent ce côté mystique propre aux légendes des Chevaliers de la Table Ronde, de la Dame du Lac ou encore des Korrigans. En m’y promenant, même adulte, j’aime à croire que ces légendes puissent avoir un fondement. Que la forêt possède une âme réelle.

Éden, Monica Sabolo

Les bruits de la ville me rassure, bien que je peste après la circulation. Les commerces de proximités en bas de chez moi me rassurent, dans le cas où il me manquerait quelque chose d’une importance capitale, même si je n’y mets jamais les pieds au moment opportun. Les terrasses qui fleurissent l’été à portée de main, trop bondée pour pouvoir y accéder. Pour toutes ces raisons contradictoires et hautement futiles, je suis une citadine. C’est un fait indéniable. Le silence des espaces vides tend à m’angoisser.

Pourtant, j’aime à me perdre dans la contemplation de l’océan, dans ces endroits connus que de peu de personnes. J’aime à courir en rase campagne, sur un parcours bien défini pour éviter de se faire croquer une fesse par un chien de ferme, mais c’est une autre histoire. J’aime le calme que la montagne procure en moi, majesté époustouflante qui n’a rien à prouver. J’aime à me perdre en forêt, et prendre le temps de contempler ce calme que nous offre la nature. Dans tous ces endroits, je me suis plus à imaginer mille histoires, de pirates, de chevaliers et j’en passe. Avec ce sentiment que quoiqu’il advienne, quoique l’Homme fasse, la Nature finira par régner.

Les Esprits de la Forêt. Gardien de ce temple sacré qu’est la Nature. La Forêt qui lie des destins entre eux, en défait d’autres, pétrie de mystères, de ce voile mystique qui la rend si désirable; ce lieu mais également ce personnage central du roman de Monica Sabolo, Eden. »Un esprit de la forêt. Voilà ce qu’elle avait vu. Quand on lui demandait, avec douceur, puis d’une voix de plus en plus tendue, pressante, s’il ne s’agissait pas plutôt de Lucy – Lucy, quinze ans, blonde, un mètre soixante-cinq, short en jean, disparue depuis deux jours –, quand on lui demandait si elle n’avait pas vu Lucy, elle répondait en secouant la tête : “Non, non, c’était un esprit, l’esprit de la forêt.” Dans une région reculée du monde, à la lisière d’une forêt menacée de destruction, grandit Nita, qui rêve d’ailleurs. Jusqu’au jour où elle croise Lucy, une jeune fille venue de la ville. Solitaire, aimantant malgré elle les garçons du lycée, celle-ci s’aventure dans les bois. »

L’adolescence. Cet âge ingrat. Ingrat par cette mue opérée par nos corps que l’on ne reconnaît plus. Ingrat par cette préoccupation constante que devient le regard des autres : ceux des garçons du même âge, dont nous sommes en attente, et celui des jeunes femmes de quelques années nos aînées, dont on cherche l’approbation silencieuse. Ingrat par cet apprentissage de la vie, par des vérités que l’on voit voler en éclat en levant ce voile d’innocence de l’enfance. Avec comme voisine imposante, cette forêt qui nous aimante, enlevant les âmes des êtres aimés, peuplés de bêtes aussi somptueuses que cruelles. Cette forêt prête à nous livrer le secret, que dans les actes les plus inhumains, les plus abjectes, l’Homme est bien celui qui officie.

J’ai été transportée dans l’Eden de Monica Sabolo, qui n’a de Paradis que le nom. Elle nous conte avec force et douceur mélangées les instincts primaires et bestiaux dont peuvent être esclaves les humains, Sans nous enlever pour autant cette sensation que la lueur rédemptrice est à , défaut d’être à portée de main, à la portée de nos esprits. A l’instar d’un simple choix.

Belle lecture à vous !

Eden de Monica Sabolo est disponible aux éditions Le Livre de Poche