Tonnerre de Brest

Feel Good

Brestois : (nom masculin) Personne têtue et résiliente, taiseux parfois, de mauvaise foi toujours. Amateur de beurre salé – un breton sans beurre, c’est un breton qui meurt – et des embruns. Estime en grande majorité que la Bretagne se définit au Finistère et que les autres départements sont superflus. 

Va où le vent te berce, Sophie Tal Men

Brest. Cette ville que je déteste et que j’aime à la fois. Ville qui a vu porter mes espoirs de jeunesse, mes rêves estudiantins et qui vu naître ses amours avortés. Ville dans laquelle j’ai vécu le temps de mes études, du Lycée à la fin de Master. Ville de marins, bercée par la mer qui l’enlace et les bars de Kersauson. Brest. Cette ville que je déteste mais qui me rassure, parce qu’immuable, comme les amitiés que j’y ai créées.

Vivre à Brest. Hors de question. Mais lire Brest, avec grand plaisir. D’autant plus quand il s’agit de s’immerger dans les aventures de « Breizh Anatomy », des internes en médecine de Sophie Tal Men, aux vies pleines et truculentes, qui nous font passer du rire aux larmes. C’est avec une hâte non dissimulée que j’ai entrepris ma lecture de Va où le vent te berce, fébrile à l’idée de retrouver la rue du Bois d’Amour et ses charmants occupants. « En intégrant une association de bénévoles à l’hôpital, Gabriel devient berceur de bébés. Anna, jeune médecin, s’apprête à mettre au monde, seule, son premier enfant. Chacun a son propre combat à mener, un fossé les sépare, et pourtant leur rencontre va tout changer. Et si, ensemble, ils apprenaient à se reconstruire ? À vaincre leurs peurs et à affronter les fantômes du passé ?« 

C’est avant tout l’histoire de rencontres. De celles qui changent votre vie à jamais. Pour le meilleur. La rencontre d’une mère avec ses enfants. Cet amour inconditionnel et instantané, qu’on appréhende, tantôt pataud, tantôt virtuose. La rencontre de deux êtres abîmés par la vie, sauvages, qui trouvent en l’autre une planche de salut, une fois les masques tombées. La rencontre d’un homme avec lui-même, par le biais de son contact privilégié avec les enfants.

C’est aussi la vie en ‘tribu’. Celles des internes de médecines, liés par leurs études, les nuits blanches, leurs vies, qui les malmènent parfois. Cette famille qu’ils se sont créée et qui prévaut sur le reste.

C’est surtout l’histoire de la vie. Celle qui vous malmène, et vous laisse des séquelles. Celle qui blesse des enfants, trop innocents pour se défendre et qui abîme des adultes pas préparés à tant de cruauté. Celle qui vous répare également, qui vous grandit, qui vous construit, qui vous fait vous dépasser, devenir la meilleure version vous même. Cette histoire qui a raisonné en moi d’une façon singulière, qui a trouvé un écho dans ma propre vie.

Cette lecture fut un vrai coup de cœur. Aussitôt achetée, aussitôt dévorée. Impossible à reposer tant les émotions qu’elle a suscité en moi étaient fortes et profondes. Je ne remercie pas Sophie Tal Men de m’avoir tirer les larmes dans les transports en commun, Malgré tout, je ne saurai que vous recommander cette belle histoire de résilience qu’est Va où le vent te berce. Parce que les mots décrivent à merveille les sentiments. Que le pathos n’a jamais sa place. Et que les histoires d’amour qui ne nouent sous nos yeux sont tissées par des liens indéfectibles.

Belle lecture à vous !

Va où le vent te berce de Sophie Tal Men est disponible aux éditions Albin Michel accompagné de sa bande-son Brest, Miossec

 

Ici c’est BREST !

Feel Good

Brest : (Nom propre) Ville où il pleut beaucoup et dont la mairie est la 2de plus moche de France (coucou Le Havre). J’y ai accessoirement fait mes études, et vécu mes soirées estudiantines !

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Mise en abîme de bronzeuse désœuvrée à la plage bretonne

Malgré le fait d’y avoir habité somme toute 8 longues années, je n’ai malheureusement pas succombé aux charmes de cette ville. Au grand damn de mes amis brestois. Mais il m’est toujours plaisant de pouvoir vivre une intrigue aux regards de mon vécu. Même si la Bretagne est mon seul point commun avec l’intrigue, à l’exception peut-être de quelques soirées médecines ….

C’est un jour de pluie (sans mauvais esprit ni jeux de mots) que je me suis laissée aller à feuilleter Les Yeux Couleurs de Pluie. Mon mal de Bretagne et mon manque de salidou l’ayant emporté sur la raison, je suis repartie avec le premier roman de Sophie Tal Men. Le quatrième de couverture ayant fini de me convaincre : « Les tribulations d’une étudiante en médecine, affectée à Brest du jour au lendemain. Le bout du monde à ses yeux…
Pour Marie-Lou, c’est une nouvelle vie qui commence, loin des siens, de ses montagnes. L’insouciance et la légèreté de ses vingt-cinq ans se mêlent à la dure réalité de l’hôpital, des gardes aux urgences, du contact avec la maladie. Et au beau milieu de la nuit, cette Savoyarde en ciré jaune croisera Matthieu, un surfer, interne en ORL. Ce loup solitaire, mystérieux et poétique, arrivera-t-il à lui faire une place dans sa vie ?
»

J’ai donc passé quelques bons moments avec Mathieu et Marie Lou, les amoureux têtus et perdus, au gré de leurs internats et leurs soirées, de la pluie bretonne. La vie au rythme des marées, en quelques sortes. Une petite parenthèse de bien être en somme, pour la bretonne en mal de pays que je suis.

Ce qui m’a plu dans ce roman : le lieu de villégiature, et le nom de famille du protagoniste principal (coucou copain) mais pas que ! Outre le fait que l’univers médical soit omniprésent, on ne tombe jamais dans le pathos. Sophie Tal Men a subtilement mêlé drames et miracles, avec humour et délicatesse.

Je suis donc sortie heureuse et légère à la fin de la lecture des Yeux Couleurs de Pluie ! Je ne savais pas encore que j’allais recroiser le chemin de nos amoureux torturés à 2 reprises cet été, pour le meilleur de mes vacances, avec Entre Mes Doigts Coule Le Sable et De Battre la Chamade !

Le second opus nous entraîne dans un second trimestre d’internat plutôt mouvementé, avec une valse des personnages secondaires qui nous permet de découvrir d’autres pans des personnalités de Matthieu et Marie Lou. Et de changer un peu la toile de fond, pour l’ile De Groix ! En effet, avec Entre Mes Doigts Coule le Sable, l’auteur nous plonge dans les affres des addictions, mais avec cette touche d’optimisme qui la caractérise, elle offre également la rédemption.

Quant au 3ème opus, De Battre la Chamade, que j’ai littéralement avalé, il permet de nous évader à Quimper ! Je n’en dirais guère plus au risque de vous gâchez votre plaisir à venir ! Mais sachez que ce petit tour de Bretagne est rafraîchissant, et qu’il a réussi à me faire battre la chamade !

Bonne lecture a vous ! 🎈

Les deux premiers volumes sont disponibles chez Livre de Poche et De Battre la Chamade aux éditions Albin Michel, ainsi que dans toutes bonnes librairies bretonnes qui se respectent !