La vengeance du Tout-Puissant

Horreur

Purgatoire : (nom masculin) Lieu où les âmes des justes expient, se purifient de leurs péchés avant d’accéder au paradis. Ou dans une version passablement alcoolisé, bar qui mène aux portes de l’Enfer, et de facto, aux âmes damnées.

La légende de la Table Ronde, et de son folklore enchanteur, sont pour moi une source inépuisable d’inspiration, dans les divers arts. Ainsi Chrétien de Troyes, Barjavel ou encore Guy Ritchie ont su donner corps à ce mythe, qu’est la quête du Graal. Cultes païens et religions se côtoient au fil des divers interprétation,ns et point de vue. Mais toujours avec cette dichotomie du bien et du mal. La plupart des grandes épopées contemporaines se basent d’ailleurs sur ce schéma.

Anonyme ne fait pas tout à fait exception à la règle. Certes la notion de bien dans son œuvre est toute relative. Mais les croyances se confrontent et se côtoient, sous l’égide du Mal et l’œil aiguisé du Diable. La noirceur absolue. Pour ma part, j’aime bien cette vision déconstruite du mal et du très mal.

La première trilogie des aventures du Kid s’encrait dans un monde peuplé de vampires et de loup garous, donnant la part belle aux créatures démoniaques et autres bizarreries que les entrailles de la terre sont susceptibles de porter. La part biblique n’est quant à elle que peu présente, si ce n’est par l’évocation de crucifix ou d’eau bénite. Et de l’Enfer. Uniquement de l’Enfer. Ainsi qu’une vague affiliation christique.

La donne commençait à changer avec l’apparition du Pape dans le précédant opus. Et c’est dans Bourbon Kid qu’elle prend toute son ampleur avec l’apparition de personnages tel que Caïn et les Chevaliers de l’Apocalypse. Et accessoirement un Jésus rocailleux et imbibé : « Imaginez que vous décidiez un jour de percer le secret des Dead Hunters, impitoyable confrérie de justiciers sanguinaires installés dans le Cimetière du Diable. Et, pendant que vous y êtes, d’éliminer le serial killer le plus insaisissable de tous les temps : le Bourbon Kid. Peut-être y réfléchiriez-vous à deux fois. Lui, non. Son nom est Caïn.Et c’est avec une allégresse presque contagieuse qu’il va s’atteler à la tâche. On lui souhaite bien du courage. »

Bienvenue à vous dans ce nouvel opus complètement barré ! Nous sommes lancés à la poursuite des traces d’Indiana Jones, renommé ici Diana, la faute aux tâches de gras salissant ses mémoires. L’Apocalypse est prête à abattre, par le bras vengeurs quatre fantastiques égocentrés. Un Caïn plus belliqueux que jamais en arrive à faire prier le Diable. La Planète des singes de Tim Burton ne verra jamais le jour. Et ça, ça n’a pas de prix ! La possible fin du monde dans les mains d’un Barman arriviste et pleutre.  En bref, un joyeux foutoir sous adrénaline et hémoglobine. Un bijou du genre fêlé.

J’ai adoré Bourbon Kid pour son traitement lunaire de la religion, l’invraisemblance des situations et la bêtise crasse de ses personnages aux yeux vides. Pour cette vision disruptive dont seul Anonyme est maître. Un vrai régal que ce Bourbon. Peut être meilleur que le Gin Tonic même.

Bonne lecture (déjantée) à vous !

Bourbon Kid d’Anonyme est disponible aux éditions Le Livre de Poché