Queen’s Gambit

Feel Good

Echec : (adjectif) Situation du roi ou de la reine qui se trouve sur une case battue par une pièce de l’adversaire. Ce jeu demande patience, rigueur et réflexion. Comme à peu près tout au final. Mais parfois certain sont doué et talentueux de naissance. Les Echecs s’érigent alors au rang d’art.

Le jeu de la dame, Walter Tevis

J’ai un problème de concentration quand il s’agit de regarder un film chez moi. Je suis incapable de rester sagement assise dans mon canapé, subjuguée par l’action. Je suis sans cesse titiller par l’idée de faire autre chose – manger, boire, regarder mon téléphone, lancer une lessive, j’en passe et des meilleurs – sont d’autant d’occasion pour moi de mettre pause et de passer à côté de l’intrigue. En l’état, constat navrant de l’année écoulée, je n’ai pas dû voir un film que je ne connaissais pas déjà. Alors que j’étais sans cesse fourrée au cinéma. Chercher l’erreur.

Je ne connais toutefois pas ce soucis avec les séries. Leur format court de plusieurs épisodes permet de m’évaporer de tout mon soûl entre deux. Les scénarios sont de plus en plus travaillé, l’image de plus en plus léchée et les acteurs, plus confidentiels ou cantonnés aux rôles de l’ombre au cinéma, détrônent parfois par leur talent ceux du grand écran. Ma préférence va pour des formats courts, de quelques saisons seulement ou sous forme d’anthologie, afin de ne pas connaître la lassitude.

C’est ainsi qu’il y a quelques mois déjà je me suis laissée happée par l’énigmatique et charismatique Beth Harmon, avec la mini série Le jeu de la dame. Ne voulant pas que la magie s’arrête, je me suis réfugiée il y a quelques jours dans l’ouvrage de Walter Tevis. « Petite fille, Beth Harmon a appris les échecs à l’orphelinat. Prodigieusement douée, elle devient rapidement une joueuse exceptionnelle. Mais le milieu des échecs est féroce, les intrigues les plus sournoises sont permises, et les Etats vont jusqu’à s’affronter à travers leurs champions respectifs. Sa rencontre avec le champion soviétique sera l’occasion d’une confrontation impitoyable.« 

J’ai pu l’espace de quelques jours retrouver des personnages connus que j’ai appris à aimer ou détester – à quoi peu bien servir la demi mesure -, dans cet univers feutré et très normé que sont les échecs. A ma grande surprise, l’adaptation a rendu plus que justice à l’œuvre originale, en arrivant même à la sublimer, fait assez rare à mes yeux pour être noté. Là où Walter Tevis s’axe sur la complexité du jeu et des ces divers manière tacticienne de l’aborder, la série explore plus amont le psyché des personnages. Ce premier ne m’a pas dérangé car les échecs sont un jeu que j’affectionne, même si mon niveau relève du pur amateurisme à côté des grands maitres côtoyés.

En ces temps incertains, où notre humeur est sujette à faire la girouette, il est bon de se complaire dans ce que nous connaissons et nous rassure. En tout cas, cela vaut pour moi. Alors si vous avez aimé Beth Harmon et son roux flamboyant, je vous invite à la découvrir brune nous la plume de Walter Tevis, dans la version originale du Jeu de la Dame.

Bonne lecture à vous !

Le Jeu de la Dame de Walter Tevis est disponible aux éditions Gallmeister