Vivre ou survivre

Feel Good

Résilience : (nom féminin) phénomène psychologique qui consiste, pour un individu affecté par un traumatisme, à prendre acte de l’événement traumatique pour ne plus, ou ne pas, avoir à vivre dans la dépression et se reconstruire d’une façon socialement acceptable. Quant à Daniel Balavoine en bande son, c’est mon cadeau du dimanche. J’insiste.

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Je crois vous l’avoir déjà dit mais je mets en général un point d’honneur à ne pas vivre d’expérience littéraire qui pourrait être trop proche de la vraie vie, cela me laisse souvent un amer souvenir et peu me gâcher la lecture. Un grand besoin d’évasion s’impose en général, pour oublier la frénésie des transports et trouver un sommeil chafouin.

Mais comme j’essaie de ne pas être complètement psychorigide, n’étant déjà pas très souple, il ne faudrait pas abuser, je fais de temps en temps entorse à ma règle. Grand bien m’a pris il y a quelques années avec Les Gens Heureux Lisent et Boivent du caféd’Agnes Martin-Lugand. J’ai découvert un trésor.

Un trésor d’écriture, tout d’abord. Je suis tombée en pâmoisons sous la plume de l’auteure, et il me tarde de lire chacun de ses nouveaux romans. Je n’ai d’ailleurs plus que quelques semaines à attendre pour sa prochaine pépite. Un trésor d’humanisme ensuite. Nous ne sommes pas dans la mièvrerie loin de là, mais dans l’analyse presque clinique des ces petits moments qui font une vie, et qui permettent de prendre pleinement conscience que nous n’en avons qu’une. Et qu’il faut nous battre pour nous (re)construire car cela en vaut la peine.

Vous l’aurez compris je pense, j’ai littéralement été séduite par Les Gens, dont je vous livre ici le quatrième de couverture : « Diane a perdu brusquement son mari et sa fille dans un accident de voiture. Dès lors, tout se fige en elle, à l’exception de son cœur, qui continue de battre. Obstinément. Douloureusement. Inutilement. Égarée dans les limbes du souvenir, elle ne retrouve plus le chemin de l’existence. C’est peut-être en foulant la terre d’Irlande, où elle s’exile, qu’elle apercevra la lumière au bout du tunnel.
L’histoire de Diane nous fait passer par toutes les émotions. Impossible de rester insensible au parcours tantôt dramatique, tantôt drôle de cette jeune femme à qui la vie a tout donné puis tout repris, et qui n’a d’autre choix que de faire avec.
 »

J’ai eu plaisir à retrouver Diane dans sa version dessinée, qui lui rend bien hommage. Tout du moins, les traits prêtés aux personnages sont ceux que je leur avait imaginé. J’ai pris un réel plaisir à relire leurs vies blessées, à elle et Edward.

C’est sans objectivité aucune que je vous recommande de (re)lire Les gens heureux lisent et boivent du café d’Agnes Martin-Lugand. Toutefois, je vous conseille la lecture des deux versions, car elles se complètent, tout simplement.

Belle (re)lecture à vous !

Les gens heureux lisent et boivent du café d’Agnes Martin Lugan est disponible en roman aux éditions Michel Lafon et aux éditions pocket 

Disponible en bande dessinées par Véronique Grisseaux et Cecile Bidault aux éditions Michel Lafon 

Le bonheur après tout

Feel Good

Bonheur : (nom masculin) État de satisfaction complète, stable et durable. Ou l’effet que me procure chacun des écrits d’Agnès Martin-Lugand.

Lire allongée sur son carrelage, un concept !

J’ai découvert Agnès Martin-Lugand il y a maintenant trois ans avec Les Gens Heureux Lisent et Boivent du Café. Ce titre m’avait intriguée, moi grande consommatrice de café et de littérature ! Sur les conseils d’une amie, je m’étais lancée dans cette lecture. Qui m’a littéralement bouleversée. Tant par le sujet  – peuton guérir après la perte d’un enfant – que par la manière dont il est traité. L’espoir pointe le bout de son nez au fil des pages et jamais on ne sombre dans le pathos. C’est beau, et cathartique. Cette lecture m’avait mis du baume au cœur et à l’âme. Depuis, je n’ai de cesse de guetter les nouveautés dans ma librairie de quartier, dans l’espoir de lire à nouveau cet auteur chéri.

Il y a quelques semaines maintenant, je suis tombée nez à nez avec le petit dernier, A La Lumière du Petit Matin. Comme à l’accoutumée, je suis subjuguée par la photo de couverture, en noir et blanc, qui a dû être choisie avec soin. J’en ai sincèrement le sentiment, car elle en dévoile toujours des traits de caractère du personnage principal. A noter que ce dernier est toujours féminin ! Le quatrième de couverture quant à lui complète l’ébauche d’intrigue que j’ai d’ores et déjà commencé à m’imaginer  : »À l’approche de la quarantaine, Hortense se partage entre son métier de professeur de danse et sa liaison avec un homme marié. Elle se dit heureuse, pourtant elle est peu à peu gagnée par un indicible vague à l’âme qu’elle refuse d’affronter jusqu’au jour où le destin la fait trébucher. Mais ce coup du sort n’est-il pas l’occasion de raviver la flamme intérieure qu’elle avait laissée s’éteindre ? »

Plus jeune, je voyais la quarantaine comme un âge avancé, dans lequel on devait se plier à la vie qu’on s’était tracée. En mûrissant, car oui je ne vieillis pas, j’ai compris que l’âge ne définit en rien notre vie. Et que l’amour et la passion ne sont pas l’apanage de la jeunesse. Loin de là. Car c’est de cela dont il est question, vivre sa vie passionnément et en payer le prix fort.

Pourtant, même si l’intrigue semble convenue, l’auteure ne tombe pas dans les clichés des conséquences d’une relation adultérine. Elle essaie bien au contraire, et ce, avec brio, d’en livrer avec pudeur et sans jugements les dégâts que cela peut causer sur une femme, dont le monde repose sur un équilibre précaire. Le corps comme point de rupture. Difficile à affronter quand ce corps est l’instrument de toutes les passions.

Joli choix d’ailleurs que le prénom d’Hortense pour notre héroïne, qui au fil des pages, au printemps de sa vie, après un hiver particulièrement rigoureux, va s’épanouir et se reconstruire. Même si je lui préfère la Bretagne, c’est le Sud qui sera le théâtre de cette thérapie. Avec la danse, présente en filigrane, à chaque pas et entrechats d’Hortense.

Je n’en livrerai pas plus, de peur de vous gâter le plaisir, mais que vous découvriez ou aimiez déjà Agnès Martin-Lugand, sachez que vous allez passer un beau moment.

Belle lecture à vous ! 🎈

A la lumière du petit matin d’Agnès Martin Lugand est disponible aux Editions Michel Lafon.