Élémentaire ma chère Jane

Thriller

Détective : (nom masculin) privé – personne chargée d’enquêtes privées. Le plus célèbre étant Sherlock Holmes, sublimé il n’y a pas si longtemps déjà par Guy Ritchie, sous les traits de Robert Downey Jr. Du pur génie.

Des gens d’importance de Mariah Fredericks

J’ai toujours eu un faible pour les intrigues se passant au début du siècle dernier. L’émergence des nouvelles technologies telles que les automobiles et le téléphone ou encore de la médecine légale, côtoie une société aux mœurs patriarcales, où la femme n’a que peu de droits. De fait, celles qui se taillent la part du lion dans les romans me plaisent car pleine de caractères et d’intelligence, d’impertinence et d’un discernement exacerbé. On retrouve d’ailleurs cette idée dans la série Peaky Blinders, ou encore dans le Gang or New York de Martin Scorsese, avec les principales protagonistes féminines.

Comment ai-je fait la rencontre de l’épatante, mais néanmoins, discrète Jane Prescott me demanderez-vous ? Un heureux hasard que je dois à mon goût pour le noir, en tous les sens du terme, et les secrets d’alcôve, qui m’ont poussée m’intéresser aux pages qui se cachait derrière cette superbe couverture, Des gens d’importance, de Mariah Fredericks. Le quatrième de couverture met en place, quant à lui, les jalons contextuels qui m’ont conquis tout au long de ma lecture : « New York, 1910. Jane Prescott, femme de chambre, jouit d’une réputation exemplaire et d’un esprit affuté qui lui permet de voir bien au-delà du mode de vie mondain et fastueux des riches parvenus chez qui elle sert. Jane est ainsi la première à comprendre ce que les fiançailles de sa jeune maîtresse avec le très en vue Norrie Newsome, déjà promis à une autre, ont de scandaleux. Et quand ce dernier est retrouvé mort, elle est aussi la mieux placée pour trouver qui avait intérêt à le voir disparaître. Dans un contexte social incandescent, le coupable est à chercher aussi bien dans les milieux anarchistes que les demeures bourgeoises. Car Jane sait que, autant dans la bonne société que dans les entrailles abandonnées de la ville, la haine et la violence couvent sous la surface et peuvent éclater à tout moment… »

Même si nous évoluons au sein des riches familles originelles New Yorkaises, nous côtoyons également les anarchistes révolutionnaires. Jane, abandonnée par son père à son arrivée à la grosse pomme, après avoir fui l’Ecosse, est recueillie par son oncle dans un foyer de femmes, avant de devenir une femme de chambre exemplaire. Tel un caméléon, elle se fond aisément dans chacun des décors dans lesquels elle est amenée à évoluer.

A travers son point de vue, nous apprenons a voir au delà des apparences, des mariages de raisons et de ceux d’amour. Nous côtoyons des pharmaciens avant gardistes, rompus à l’art de la médecine légale, des journalistes à sensation ayant à cœur de démontrer la vérité. Nous résolvons un meurtre sordide, aux apparences plus que trompeuses. Un bijou dans le genre dont Sir Arthur Conan Doyle n’aurait pas à rougir.

J’ai littéralement dévoré Des gens d’importance de Mariah Fredericks. A mon grand regret. Je ne souhaiter pas laisser partir Jane Prescott et son entourage si vite. Qu’elle ne fut pas ma joie lorsque j’appris que la suite des ses aventures est à paraître courant 2019. Il me tarde déjà d’y être.

Belle lecture à vous ! 🎈

Des gens d’importance de Mariah Fredericks est disponible aux éditions 10/18.

Arnaque, crime et manipulation

Thriller, Thriller psychologique

Manipulation : (Nom féminin) manœuvre malhonnête. Sauf si vous êtes un kinésithérapeute, et encore, cela reste sujet à débat.

Le bonheur de lire à Carantec, vivement les prochaines vacances !

Toute ressemblance dans le titre avec le Arnaque, Crime et Botanique de Guy Ritchie n’est absolument pas fortuite. Bien que les intrigues soient aux antipodes. A aucun moment dans cette lecture, vous ne rencontrerez Sting, en tenancier de pub, et par certains égards, cela me semble dommage.

Mais trêve de plaisanteries. Les Apparences, donc. C’est par ce roman que j’ai découvert la géniale Gillian Flynn, et son art de la mise en scène macabre. Il faut dire que la couverture sobre, le prix des lecteurs Elle et le quatrième de couverture cryptique sont alléchants : « Amy et Nick forment en apparence un couple modèle. Victimes de la crise financière, ils ont quitté Manhattan pour s’installer dans le Missouri. Un jour, Amy disparaît et leur maison est saccagée. L’enquête policière prend vite une tournure inattendue : petits secrets entre époux et trahisons sans importance de la vie conjugale font de Nick le suspect idéal. Alors qu’il essaie lui aussi de retrouver Amy, il découvre qu’elle dissimulait beaucoup de choses, certaines sans gravité, d’autres plus inquiétantes.« 

Ce que j’ai aimé en premier lieu est la construction narrative du roman, coupée en deux parties. La première basée sur l’alternance de points de vue : celui de Nick, le mari bafoué, au temps présent, et celui du journal intime d’Amy, du passé lointain au passé proche. Cette narration atypique donne de la profondeur à l’intrigue, qui s’épaissit au fur et à mesure que nous tournons les pages. La seconde partie du roman quant à elle fait voler en éclat toutes nos croyances durement établies.

Gillian Flynn brouille les pistes et se joue de nos émotions. Nous éprouvons ainsi tour à tour empathie, dégoût et stupeur. Les Apparences n’est pas un thriller ordinaire, mais il a gagné le pari de renouveler le genre et de tenir en haleine son lecteur. Ça n’est pas pour rien que le maître du thriller du 7e art, j’ai nommé David Fincher (Seven, Zodique), s’est octroyé les droits du roman pour en faire la très bonne adaptation qu’est Gone Girl.

A mon sens, Gillian Flynn est une prodige du genre, de chacun de ses trois romans a découlé l’année suivante une adaptation cinématographique, que ce soient films ou série.

Je ne saurai que vous inviter à vous plonger dans son univers désillusionné, qui nous laisse un goût amer et fait voler en éclat notre perception du politiquement correct. Cela n’est d’ailleurs pas sans rappeler un certain Match Point, d’un petit réalisateur sans prétention. Woody Allen.

Belle lecture à vous ! 🎈

Les Apparences de Gillian Flynn est disponible aux Éditions Livre de Poche. On doit à David Fincher son adaptation réussie dans les salles obscures, datant de 2014, sous le titre de Gone Girl.

Le jeu des apparences

Feel Good, Thriller

Apparence : (Nom féminin) aspect extérieur, considéré comme différent de la réalité. Elles ont tendance à être trompeuses dans mes lectures, ce qui est pour me plaire.

On notera une grande imagination dans mes illustrations

À mes yeux, et à mes goûts surtout, le thriller est à la littérature ce qu’est le rock à la musique : un repère, vers lequel je me plais à revenir de temps à autre. Un retour aux sources en quelque sorte. Il est vrai qu’Agatha Christie et Sir Arthur Conan Doyle m’ont accompagnés durant mes années collèges. Et Kurt Cobain, bien que défunt, pendant les suivantes. Avec les années, mes goûts se sont affinés, en même temps que mes talents de détective en herbe se sont aiguisés. Il n’est pas rare que je trouve le coupable et le mobile (coucou le Cluedo) à mi roman, même si cela paraît inopportun à l’instant donné.

  • Depuis quelques années, je suis donc à la recherche de mon Graal personnel, à savoir, le parfait petit polar. Celui qui combine une intrigue haletante et addictive avec une fin non téléphonée mais pas non plus complètement ubuesque. Et que l’écriture soit fluide également. Je ne pense pas être si exigeante que cela et si vous êtes dans mon cas, vous savez que ça n’est pas facile à trouver !
  • C’est dubitative que je me suis tournée vers La Fille D’Avant de JP Delaney. Le titre n’était pas sans me rappeler La fille du train, que je n’ai pas particulièrement apprécié. Il est toutefois à noter que les deux romans n’ont strictement rien avoir, que ce soit en termes d’intrigues ou de style. Je me suis laissée convaincre par les critiques dithyrambiques ainsi que par le sempiternel quatrième de couverture : « Après un drame éprouvant, Jane cherche à tourner la page. Lorsqu’elle découvre le One Folgate Street, elle est conquise par cette maison ultra moderne, chef d’oeuvre de l’architecture minimaliste, parfaite. Mais pour y vivre, il faut se plier aux règles draconiennes imposées par son architecte, Edward Monkford, aussi mystérieux que séduisant. Parmi celles-ci : répondre régulièrement à des questionnaires déconcertants et intrusifs. Peu à peu, Jane acquiert une inquiétante certitude : la maison est pensée pour transformer celui qui y vit. Or elle apprend bientôt qu’Emma, la locataire qui l’a précédée et qui lui ressemble étrangement, y a trouvé une fin tragique.Alors qu’elle tente de démêler le vrai du faux, Jane s’engage sur la même pente, fait les mêmes choix, croise les mêmes personnes… et vit dans la même terreur que la fille d’avant. »
  • L’exercice est ardu tant il serait facile de trop en dire sans le vouloir. Donc si vous le voulez bien, une fois de plus, nous nous en tiendrons plus à la forme qu’au fond. En effet, cela reviendrait à gloser la couverture.
  • La forme donc. Tout le suspens et l’intrigue se basent sur un savant jeu de temporalité entre les deux protagonistes principales. S’alternent alors les chapitres avant, qui donnent la parole à la défunte Emma, et les chapitre après, avec Jane. Ce qui fait la force de cet enchainement, c’est la temporalité du récit. Bien que les histoires soient narrées à trois ans d’intervalle, nous avons l’impression que les chapitres se suivent, sans scission dans le récit.
  • Je ne puis tellement vous en dire plus sans vous gâcher le plaisir, mais je ne saurai que trop vous conseiller La Fille d’Avant.
  • Belle lecture à vous ! 🎈

La Fille d’Avant de JP Delaney est disponible aux éditions Livre de Poche.