Génération(s) Désenchantée(s)

Feel Good

Bug : (anglais) Punaise, insecte, en traduction littéral. Déformation professionnelle oblige, j’y ai lu d’un prime abord un soucis d’ordre informatique. Le titre m’évoquait une panne de réveil… J’ai réussi à museler la geek qui sommeille en moi et comprendre la substantifique moelle de ce titre, pour le moins original.

Bed Bug, Katherine Pancol

Il y a quelques temps je m’étais juré de ne plus de Katherine Pancol suite au fiasco qu’avait été pour moi 3 Baisers, son précédent opus. Ah ça non on ne m’y reprendrait plus. C’était sans compter un titre intriguant. Bed Bug. Une couverture sobre et magique à la fois, qui évoque mille images. Et qui est tout simplement belle de simplicité. Ma curiosité l’a donc emportée. Et puis, qu’est ce qu’une dernière fois si on promet qu’on nous y reprendra plus ?

Je me suis fait prendre à mon propre piège, et je ne vais pas renier mon plaisir, j’ai redécouvert une plume à part. Une plume légère et virevolante, cette même plume qui m’a fait dévorer un roman en deux jours : « Rose est une jeune biologiste. Elle fait des recherches à Paris et à New York sur une luciole, Lamprohiza splendidula, qui semble très prometteuse pour la recherche médicale. Si elle étudie avec grande maîtrise l’alchimie sexuelle des insectes et leur reproduction, elle se trouve totalement désemparée face à Léo quand elle en tombe amoureuse. La vie n’est pas comme dans un laboratoire. Et ce n’est pas sa mère (cachée derrière des lunettes noires) ni sa grand-mère (qui parle à Dieu et à ses doigts de pied) qui vont pouvoir l’aider. Bed bug ou le désarroi amoureux d’une femme au bord d’un lit. »

Bed Bug. Un petit titre, pour un roman si grand. Par son optimisme d’abord. La recherche comme centre d’attention. La recherche contre la maladie comme but noble et croisade de vie. Ne serait-ce que ce thème fait grandement écho en moi. Mon amie la plus chère a de commun avec Rose son statut de chercheuse d’or expatriée.  J’adorerai qu’elle porte des pantalons roses chinées en friperie. Sait-on jamais.

Trois femmes. Trois générations. Trois destins dissemblables de vernis mais liées par une omerta, et pas des moindres. Celle du viol. Celle qui déconstruit une vie et qui vous fait vivre avec des monstres sous le lit.

Rose. La fille, la cadette, va briser ce silence pour faire éclater la vérité et pouvoir jouir de sa vie de femme, en tant que telle. Celle qui n’a eu de cesse de chercher de l’amour va comprendre que la plus belle preuve qu’il soit, c’est qu’elle soit capable d’en donner.

De ses mots virevoltants, Katherine Pancol nous dresse le portrait d’une trentenaire qui apprend à être. De sa plume voluptueuse, elle nous ravit de termes scientifiques qui auraient pu avoir raison de nous. Tout du moins de moi. De sa prose poétique, elle m’a fait retombé amoureuse. Et ce n’était pas rien, aux vues de mon caractère entier.

Belle lecture à vous !

Bed Bud de Katherine Pancol est disponible aux Editions Albin Michel

Noëls austiniens

Feel Good

Jane Austen : (nom propre) Femme de lettres anglaise du 19e siècle. A travers ses œuvres, elle met en lumière la dépendance des femmes à l’égard du mariage pour obtenir statut social et sécurité économique. Elle raille notamment les romans sentimentaux de la seconde partie du 18e. C’est à mes yeux l’une des plus belles plumes de son siècle.

Noël et Préjugés

Si je ne devais garder qu’un livre de l’oeuvre de Jane Austen, ce serait Orgueil et Préjugés. Parce qu’il est intemporel et qu’il dresse des caractères, des plus détestables au plus aimables, et qu’il fait la part belle à la droiture et au code d’honneur. Celle qui n’est pas tombé amoureuse du sombre Darcy, lève la main. Ce n’est pas pour rien que Bridget Jones en à fait son idéal masculin.

A travers Noel et Préjugés, nous assistons à six réécritures contemporaines et enneigées de l’amour qui unit Elisabeth Bennet à Fitzwilliam Darcy : « Pour Noël, Eva se voit offrir une cure d’amaigrissement détox en Savoie, Cassandra un séjour de rêve dans un hôtel perdu dans les montagnes. Lisa se réfugie chez sa psychanalyste, terrifiée à l’idée de revoir son amour de jeunesse. Vincent tente désespérément de reconquérir son ex avec l’aide d’un coach en séduction loufoque. Lara est enfermée dans un magasin de jouets avec son chef qu’elle exècre, quant à Charlie, elle est coincée dans une tempête de neige à New York, coupée du monde à un moment crucial…Ces six personnages ne se connaissent pas, mais sont liés à leur insu par le même roman : une ancienne édition d’Orgueil et Préjugés à la couverture rouge, qui passe de main en main et pourrait leur porter chance… ou pas ! »

Nous croisons six personnages aux antipodes, unies par un livre rouge, celui de leur auteure fétiche. Il sera le trait d’union qui permettra de vivre un amour naissant ou de raviver les braises du passé. Voire dans un cas certain, de les enterrer pour de bon. Les nouvelles se suivent mais ne se ressemblent pas. J’ai retrouvé la patte des auteures que j’aime déjà telles Marie Vareille ou Sophie Henrionnet. Mais j’en également découvert d’autres plumes, dont il me tarde d’en lire plus.

Si tout comme moi vous avez d’ores et déjà enclenché le compte à rebours avant Noël, vous pouvez prendre votre mal en patience avec ce recueil de nouvelles, qu’est Noël et Préjugés, toutes plus barrées les unes que les autres.  Ce livre s’accompagnera parfaitement d’un thé à la cannelle et de marrons glacés, lové sous un plaid, prêt d’une cheminé.

Belle lecture à vous !

Noël et Préjugés, nouvelles des auteures Marianne Levy, Marie Vareille, Tonie Behar, Sophie Henrionnet, Isabelle Alexis et Adèle Bréau est disponible aux Editions Charleston.

Sound of Silence

Feel Good

Silence : (nom masculin) Fait de ne pas s’exprimer, de ne pas divulguer. Il y a des silences qu’il faut savoir accepter, car ils nous apportent sérénité. Et d’autres, qu’il faut savoir briser, pour panser les maux de l’âme. Le silence est un élément qui m’a longtemps effrayé et paradoxalement, dans lequel j’ai aimé à me plongé en dépit du bon sens.

La vie est belle et drôle à la fois, Clarisse Sabard

La période de Noël est pour moi un moment particulier et magique. Particulier car même si c’est une célébration d’une journée, nous sommes en immersion dans un monde fait de lumières et de décorations pendant un mois entier. Le mois de décembre se pare de ses plus beaux atouts, pour enchanter petits et grands. Il est violent en même temps, si notre humeur ne se prête pas à la fête.  Magique puisqu’il nous permet de vivre une trêve, dans laquelle on profite des ses amis et de sa famille, peu importe les facéties que la vie s’est plu à nous jouer. J’ai en tous cas cette chance de vivre une semaine en immersion familiale chaque année, pour mon plus grand plaisir.

Ce qui n’est pas le cas de Lena, la sympathique trentenaire forcée de célébrer cette fête qu’elle honnit tant, dans La vie est belle et drôle à la fois de Clarisse Sabard : « Il me reste quelques rêves à réaliser et le moment est venu de m’y atteler. Je vous aime très fort. À très bientôt ! Maman. » Léna n’en revient pas. Comment sa mère, qui l’a convoquée pour passer Noël dans la maison de son enfance, a-t-elle pu disparaître en ne lui laissant que ce message sibyllin ? La voilà donc coincée dans le petit village de Vallenot au coeur des Alpes de Haute-Provence et condamnée à passer la fête qu’elle hait plus que tout, entourée de sa famille pour le moins… haute en couleur ! Mais les fêtes de famille ont le don de faire rejaillir les secrets enfouis. Les douloureux, ceux qu’on voudrait oublier, mais aussi ceux qui permettent d’avancer… » Je crois que si mes parents m’abandonnaient à mon triste sort comme une vieille chaussette, je serai drôlement colère. Vous avez bien lu, ce ne serait pas un état, mais une personnification.

Léna, par son retour aux sources, doit se confronter à sa propre genèse. Et ce n’est pas chose aisée. Elle doit laissée l’adolescente qu’elle a été, tout en confrontant la petite fille  pour embrasser pleinement sa vie de femme. En brisant l’omerta qui entoure le décès subit de son grand père, dont elle n’a pas fait le deuil, et dont elle a été témoin. Et surtout, en remettant en cause ses préjugés quant aux relations amoureuses.

Sur fond de Noël et de Saint Sylvestre, avec un décor enneigé à souhait, Clarisse Sabard nous livre une belle histoire de résilience, à travers des personnages hauts en couleur, en passant par une grand-mère inscrite sur Meetic et un père aux multiples conquêtes féminines, dont on se délecte.

La vie est belle et drôle à la fois m’a offert une bulle de douceur et de chaleur, un moment de lecture plaisant et apaisant. Me rappelant que les silences doivent être brisés si l’on souhaite avancer.

Belle lecture à vous !

La vie est belle et drôle à la fois de Clarisse Sabard est disponible aux Editions Charleston