Trois mariages

Feel Good

Mariage : (nom masculin) Union de deux personnes, qui théoriquement s’aiment inconditionnellement. Cette union devient alors un état, un projet de vie à deux, ponctués de bonheur et d’aléas, d’imprévus et de routine. Si l’amour dure trois ans pour certain, (mais peut être est ce la passion), comment le mariage peut il être dans ce cas un contrat à durée indéterminée ? Vous avez quatre heures.

L’embarras du choix, Laure Manel

Faire un choix. Ce dilemme quotidien s’impose à tous je crois. Quelle tenue vais je mettre ce matin ? Sachant que je vais devoir marcher voire courir, après le métro mais enchainer sur une journée de présentations au bureau ? Certes cet exemple relève de l’utopie sachant que l’uniforme depuis un an se révèle être un parfait combo de vêtements doudou qui de loin, s’apparentent à un prolongement de couette. Vais je emprunter ce charmant chemin boisé durant mon footing ? Sachant que si je me perds je risque à nouveau d’entamer une nouvelle course, en Uber cette fois, pour me ramener dans la civilisation. Un verre de Chablis ? Bon ok, dans ce cas la question est purement théorique. Vous aurez compris l’idée.

Faire un choix. Renoncer en d’autres termes, pour les plus pessimistes d’entre nous. Je rentre clairement dans la catégorie verre à moitié vide, nihiliste dans l’âme, envers et contre tous. Faire un choix ne m’a jamais vraiment poser de problèmes. Même si cela est synonyme d’échecs. Même si cela remet une vie en question, parfois pour le meilleur.

Faire un choix. A la question tant attendue par certains, dire oui sans trembler. Etre sûr de soi, de l’autre, et savoir que l’on choisit un avenir radieux, couvé des yeux d’une assemblée qui retient son souffle d’un seul homme, en attendant cette évidence réponse. Qui tarde à venir dans le cas d’Emma, l’héroïne de Laure Manel dans l’Embarras du choix, qui voit défiler trois versions de sa vie future, trois versions désenchantées, désabusées. Trois versions qui feraient définitivement de son choix un renoncement. « Vous êtes-vous déjà retrouvé confronté à des choix qui peuvent déterminer votre vie ? Une demande en mariage, par exemple. Prenons Emma. La pétillante Emma est devant l’autel, sur le point de dire  » oui  » à Julien. À cet instant fatidique où toute l’assemblée est suspendue à ses lèvres dans l’attente du précieux sésame, pour le meilleur et pour le pire. Mais il suffit d’un microscopique contretemps pour que l’hésitation s’engouffre dans l’esprit de la future mariée et la projette soudain dans une vie parallèle, entre oui et non. Ce film intérieur dont elle est l’héroïne lui apportera-t-il la réponse à la question que le prêtre vient de poser ? »

Bien que bourrée de qualité, ma meilleure amie a ce défaut qu’est l’indécision. Ainsi nous avons passés de longues heures au restaurant attendre qu’elle décortique la carte, tandis que le Sheldon Cooper que je suis, monomaniaque à souhait savait déjà ce qu’elle mangerait avant de fouler l’entrée. C’est alors qu’après avoir visionnée Just Married avec Julia Roberts, je l’imaginais chausser de basket le jour de son mariage, prête à prendre la poudre d’escampette au moindre instant. Je trouve toujours cette idée cocasse, sachant que si ce jour venait à arriver, elle serait aisément chausser de Converses sous sa robe.

Un mariage. Une femme sur le point de s’unir à homme pour le reste de leur vie, par ce simple mot, oui. Pendant que l’imagination de la marié vagabonde dans trois futurs possibles – si elle embrasse son mariage, trois scenarios qui se muent inévitablement par une séparation voire un adultère – les pensées des invités s’entrechoquent. Quand l’une joue ses possibles vies, les autres posent un regard placide et clinique sur la leur. Mille histoires se jouent au sein de cette assemblée, qui n’est que de façade à la fête. Quant au marié, faut il lui laisser voix au chapitre ?

J’ai passé un bon moment au côté d’Emma et de ces états d’âmes, qui ont fait écho à Histoires d’@, autre roman de Laure Manel. Aux autres liaisons dangereuses, et et questionnements quant à la place de l’amour et de la passion dans le couple. Après 3 ans, après 7 ans , après 23 ans. Et cela finit mal, en général.

Bonne lecture à vous !

L’embarras du choix de Laure Manel est disponible aux éditions du livre de poche.

Café Society

Biographie, Feel Good

Ennemi : (nom masculin) personne qui s’oppose à un autre. Et lui nuit. Deux sœurs, amies par essence peuvent elles se retrouver dresser l’une contre l’autre par une haine qui a consumé cet amour familial ? Deux hommes que tout opposent sont ils assez puissants pour mener ce tour de force ? Ou suffit il que la mauvaise fortune s’en mêle ?

Les sœurs Livanos, Stéphanie des Horts

La Grèce Antique. Berceau de la tragédie. De cette fortune qui s’abat sur soi, si tant est que l’on ait offensé les Dieux, qu’on se soit joué d’eux ou pis, qu’on se soit pris pour l’un deux. La Grèce. Berceau de la tragédie contemporaine que fut le destin des sœurs Livanos, qui se sont ôtées la vie à force d’amour. Berceau de la guerre des nerfs entre deux manias des mers. Bâtissant leur fortune au gré des flots et de la jalousie qu’ils attisent l’un envers l’autre.

La Grèce comme héritage. Deux sœurs qui avaient tout pour être érigées au statut de déesses, mais qui ont sombré dans leurs vies de paraître. Des maris absents et volages, à la main lourde et aux présents fastueux, qui n’ont eu de cesse de vouloir briller plus haut, plus fort, plus vite. Quitte à s’en brûler les ailes.

« Elles avaient tout : la beauté, l’intelligence, l’élégance, la fortune. En épousant les richissimes Onassis et Niarchos, elles ont cru atteindre leur idéal. Elles ignoraient que ces séducteurs, hommes d’affaires redoutables et ennemis jurés, ne vénéraient qu’un dieu : l’argent. L’amour n’était qu’une arme de plus au service de leur pouvoir. De New York et Paris aux somptueuses villas de la mer Egée en passant par Saint-Moritz, les sœurs Livanos illuminent les soirées de la jet-set. Elles se jalousent, s’adorent, se détestent tandis que leurs maris s’affrontent à coups de pétroliers, de palais, d’œuvres d’art, de manipulations politiques ou mondaines. Mais derrière les flashes des paparazzis et les sourires envoûtants de Jackie Kennedy, Maria Callas, Gianni Agnelli ou Marilyn Monroe, un drame se joue. Quatre fauves ont lié leur destin pour mieux se déchirer.« 

Ce n’est pas tant les sœurs Livanos qui nous sont comptés, qu’une époque fastueuse, où l’on croise des personnalité en mal de notoriété, d’argent, de paraître, de renommé. Où les sourires ne sont que de façades, quand des couteaux vous sont plantés dans le dos. Enfant, je regardais Dallas (en rediffusion) puis plus tard Gossip Girl. Je me dis alors que rien n’a été inventé. Que cette hallucinante vacuité ne pouvait être qu’exagérer. Il semblerait que mon innocence et moi-même étions bien loin du compte.

J’avais aimé découvrir la plume précise et documentée de Stéphanie des Horts en mars dernier avec la vie mouvementée – à l’amour, à la haine – des sœurs Bouvier. Il me tardait de la retrouver et c’est avec un plaisir non feint que je me suis délectée des courtes trajectoires abyssales des vies des Soeurs Livanos.

Bonne lecture à vous !

Les sœurs Livanos, de Stéphanie des Horts est disponible aux éditions Le Livre de Poche

Little Women

Feel Good

Classique : (nom masculin) œuvre caractéristique d’un genre ou d’une époque, qui traverse le temps sans prendre de rides aucune et vous procure une tranche de vie, d’une époque révolue. Les classiques peuvent être considérés comme rébarbatifs – et certains le sont réellement malheureusement – mais d’autres sont de véritables bijoux, unique en leur genre.

Si je devais garder un livre du début de mon adolescence, c’est bien les Quatre filles du docteur March. Quatre sœurs aux tempéraments et physiques distincts. Quatre petites femmes exceptionnelles, durant la Guerre de Sécession qui ont marqué les esprits – tout du moins le mien – par leur vitalité et leur abnégation. Par leur farouche volonté de liberté et d’amour. Du grenier transformé en salle de théâtre, aux pâturages voisins ou au petit salon abritant cette famille unie et soudée, l’intrigue – l’instantané du passage à l’âge adulte et à la fin de l’innocence que cela représente souvent – se tisse dans un univers familier, chaleureux. Par leur quatre personnalités différentes mais tout aussi attachantes. Par ces abréviations des prénoms, qui font de Laurie un garçon et de Jo une fille, et par la même d’une certaine modernité dans le traitement des personnages.

« Dans une petite ville du Massachussetts, durant la guerre de Sécession, une famille modeste, quatre jeunes sœurs et leur mère, guette avec inquiétude chaque lettre du père parti au front. Mais rien ne peut arrêter la jeunesse, et la vie continue à façonner les destinées de Meg, l’aînée pragmatique et conformiste, Amy la frivole, Jo, la romancière en herbe et féministe avant l’heure, et la douce Beth, à la santé fragile. De l’enfance à l’âge adulte, confrontées à la découverte de soi, elles partagent une joie de vivre débordante apprenant la sororité, l’amitié mais aussi le sacrifice. Ensemble, ces quatre adolescentes impétueuses sauront réclamer à ce monde bien plus qu’il ne semble pouvoir leur offrir. »

La jolie et douce Meg, envieuse parfois de cette richesse d’apparat qu’arbore ses connaissances, qu’elle jalouse malgré elle, se plaignant de temps à autre de cette pauvreté – relative – qu’est la sienne. La frondeuse Jo, garçon manqué s’il en est, opposée à Laurie, le garçon adoré de la bande des filles, seul autorisé à faire parties de leurs jeux d’enfants. Mon personnage préférée et de loin. Colérique et bornée parfois, talentueuse écrivain, au cœur grand et loyal, elle représente, à l’instar de Marmee, le pilier de la famille March. La délicate Beth, fragile et timide, mais s’exprimant habilement par son piano qui lui permet de rendre ainsi par quelques belles notes, les siens heureux. La têtue Amy, tantôt capricieuse, tantôt sérieuse, artiste accomplie, et dame de compagnie agréable, obsédée par son nez, qui s’est souvent vu serti d’une pince à linge.

Quatre filles, quatre petites femmes qu’on ne peut qu’aimer et admirer. Quatre petites femmes qui ont à cœur d’être bonnes pour leur prochains malgré tous leurs petits défauts. Quatre petites femmes que je me représente malgré moi sous les traits des actrices du film de GilliaN Armstong. A chaque chapitre, je pouvais voir les moues, sourires ou éclats d’une Winona Ryder ou Susan Sarandon.

A l’approche des fêtes, j’avais besoin d’une lecture doudou, dans laquelle je pouvais me réfugier facilement, picorer ici et là quelques pages, sans perdre le fil, sans que cela soit trop fastidieux. J’ai trouvé le réconfort attendu par ces quatre amies de longue date que j’ai pris plaisir à retrouver, avec ce classique de la littérature américaine que sont Les quatre filles du Docteur March de Louisa May Alcott.

Belle (re)lecture à vous !

Les quatre filles du Docteur March de Louisa May Allcott est disponible aux éditions Gallmeister