Paris en bouteille

Feel Good

Conditionnelle : (nom féminin ) Subordonné à la réalisation d’un certain fait de certaines conditions. La légende dit qu’avec des si et des peut-être, on mettrait Paris en bouteille. J’aimerai bien voir cela tiens, je suis d’humeur farceuse en ce moment.

Avec des Si et des Peut-être, Carène Ponte

L’été est déjà bien installé et avant de pouvoir plonger mes orteils dans l’eau (gelée) de la Manche, je me divertis avec des lectures plus légères, qui sont pour moi synonymes de vacances. Essayez, vous verrez, on en oublierait presque les joies du métro bondé par fortes chaleurs quand on fait un mètre cinquante neuf. Un bonheur au quotidien. Plus que trois jours à tenir, courage moi.

Cela faisait quelque temps déjà que je connaissais de nom Carène Ponte, mais je ne m’étais jamais essayée à l’un de ses romans. C’est désormais une lacune que je peux rayer, avec des Si et des Peut-être, que j’ai dévoré en moins de temps qu’il en faut pour le dire. Les chapitres sont courts, et la ligne de temps originalement traitée, cela aide en effet à tourner les pages : « Professeur de français, Maxine vit en colocation avec Claudia (et ses crèmes au jus d’herbe fermenté), aime Flaubert (ses élèves plutôt Stromae), courir avec ses deux meilleures amies (trois cents mètres c’est déjà bien) et aller chez le dentiste (sa sœur, pour papoter).
Elle croit aux signes et aux messages de l’univers. Pourtant, elle ne peut s’empêcher de se demander :  » Et si j’étais allée ici plutôt que là, si j’avais fait ceci au lieu de cela ?  »
En bonne prof, Maxine aime le conditionnel… Mais à trop réfléchir  » avec des si et des peut-être « , ne risque-t-on pas d’oublier de vivre au présent ? Et si la vie décidait de lui réserver un drôle de tour
 ? »

La vie n’a pas été rose avec Maxine, qui se fait un devoir de mettre au conditionnel toutes actions ou décisions dans sa vie. Jusqu’à ce qu’elle se trouve propulsée dans sa vie rêvée, idéale de façade, pour vite déchanter quand elle ouvrira les yeux sur la personne qu’elle est devenue. Une jolie façade qui a renoncé aux vraies valeurs, familiales s’il en est. La trame, voire quelques scènes dans leur globalité, n’a pas été sans me rappeler 30 ans sinon rien, film girly lui même inspiré de Big, avec Tom Hanks. Cela a réveillé en moi un certain sentiment d’inconfort, tant l’effet de Déjà vu était prononcé. J’ai même été en colère jusqu’à ce que l’auteure fasse référence à Big. Je suis tatillon sur les références.

Malgré cela, j’ai réellement apprécié la fraîcheur de la plume de l’auteure, qui nous peint des personnages hautement improbables et hauts en couleurs. Cela a toujours le don de me faire rire quand j’essaie de les projeter dans des situations de la vie quotidienne. Oui, il m’arrive parfois de faire montre d’idées saugrenues. Ma touche littéraire très certainement.

En résumé, si vous chercher une lecture dilettante pour accompagner votre Spritz sous parasol et écran total, Avec des Si et des Peut-être de Carène Ponte est fait pour vous.

Avec des Si et des Peut-être de Carène Ponte est disponible aux éditons Pocket

If you’re going to be a fucking rock star go be one*

Feel Good

Rock’n’roll : (courant musical) Prenons la définition donnée par Joan Jett si vous le voulez bien. « Cela signifie plus que la musique, plus que la mode, plus qu’une bonne manière (attitude). C’est un langage de la contre-culture, de la rébellion, de l’intégrité, de la frustration, de l’aliénation, et du lien qui a mis plusieurs générations à l’écart de la société non-naturelle et de l’auto-destruction. A son essence la plus fondamentale, le rock and roll est un langage d’habilitation qui unit les rebelles, les freaks [les déclassés, les phénomènes], et les privés de droits, sous un drapeau commun, leur donnant voix, identité et communauté. »

D’aussi loin que je me souvienne, la musique fait partie intégrante de ma vie. Je n’en pratique absolument pas, à mon grand dam, et aimerai y remédier dans les mois à venir. Dans le genre liste des choses à faire avant mes hum hum ans. J’avais préféré enfant la rigueur de la danse classique à celle du solfège. Vous verriez mes sauts de chat, vous trouveriez cela édifiant… de nullité. Mais je me plais à l’entendre, à la vivre même lors de concert, à lire sa genèse et la vie de ceux qui la font vivre, qui la hissent à son rang d’art.

Je suis devenue relativement éclectique au fil des années, même si ma préférence ultime est, et restera le rock. Un peu gras de préférence, soit avec une voix très harmonieuse, soit chanté vraiment très faux. Je ne suis pas vraiment quelqu’un d’exigeant. Par contre s’il y a bien quelque chose dont j’ai horreur, c’est d’écouter par procuration dans les transports en commun la musique moisie des autres. Voilà, c’est dit.

Sans transition aucune, j’ai jeté mon dévolu sur Daisy Jones & The Six de Taylor Jenkins Reid pour plusieurs raisons. La couverture qui m’a fait penser à un album des Doors. Le titre en lui même qui sonne comme le titre d’un album. Les critiques dithyrambiques, venant aussi bien d’outre atlantique que du vieux continent, bien que j’ai tendance à me méfier dès qu’une œuvre est « trop vendue ». Et surtout son quatrième de couverture, qui m’a intriguée et , je dirai même, subjuguée : « Daisy Jones & The Six… le groupe de rock le plus mythique de tous les temps. Leurs concerts remplissaient les stades aux quatre coins de la planète et ils ont enflammé les nuits de toute une génération. De leurs débuts dans les bars miteux d’un Sunset Strip écrasé de soleil californien à la gloire, leur histoire est celle d’une ascension fulgurante. De l’euphorie qui vient avec le succès, des excitants qu’on prend pour entretenir la magie et des calmants qu’on avale pour essayer de dormir. C’est l’histoire du rock’n’roll. C’est aussi celle de Daisy Jones, l’icône ultime. Mais le 12 juillet 1979, après le plus mémorable des concerts, le groupe a éclaté. Personne n’a jamais su pourquoi… Jusqu’à aujourd’hui. Musiciens, fans, managers, amants, gardiens d’immeubles… ils ont tous été les témoins de cette histoire… Mais quarante ans plus tard, chacun a sa propre version de la vérité. »

Nous voilà plongé en immersion dans les sept années qui ont fait et défait un groupe de rock mythique et légendaire, laissant des milliers de fans sur leur faim. Dans le cœur de la création artistique intiment lié à la destruction du soi. Aux fragilités se confrontant à des égos démesurés. A la drogue, au sexe mais aussi à l’amour. Celui destructeur du stupre et rédempteur d’un entourage bienveillant. Nous assistons en première ligne à cette histoire qui a marqué l’Histoire de la musique, de l’âge d’or du rock.

Cela a déjà été écrit me direz vous. Mais c’est là que réside le génie de l’auteure : le roman n’en ai pas vraiment un, plutôt un recueil des témoignages des Six et de Daisy Jones, avec le format d’une retranscription d’interviews a posteriori, qui nous fait vivre l’intrigue en son cœur, en alternant les points de vues et ressentis des acteurs de ce voyage. Les textes des chansons en fin de roman confèrent au sublime, à la magie de la création. On se plait à imaginer les mélodies qui les accompagnent.

Daisy Jones & The Six de Taylor Jenkins Reid a été pour moi une vraie claque. L’impression de lire successivement des numéros collector de Rolling Stone Magazine, d’interviews des groupes qui ont fait le Rock, qui en ont porté l’essence et qui sont des légendes malgré eux. Tout simplement époustouflant de véracité, si bien qu’on a souvent tendance à oublier que les personnages ne sont que fiction. Si vous ne deviez avoir qu’une lecture cette été, ce devrait être ce roman.

Belle lecture à vous ! 🤟🏻

Daisy Jones & the Six de Taylor Jenkins Reid est disponible aux Editions Charleston

*L’auteur de cette superbe phrase n’est autre que Lemmy de Motorhead

Surprise !

Feel Good

Surprise : (nom féminin) Cadeau ou plaisir inattendu fait à quelqu’un. Mais également état de quelqu’un qui est frappé par quelque chose d’inattendu. Dans les deux cas, c’est l’absence de préméditation qui prime. C’est parfois bon de se laisser porter, mais cela peut également mettre nos nerfs à rudes épreuves.

Surprends moi, Sophie Kinsella

Si je devais résumer ce que j’aime de la Grande Bretagne ? L’Ecosse et ses pubs. Erasmus oblige. Ses landes tempétueuses et capricieuses, qui me rappelle ma Bretagne chérie. Sa musique – Punk, Rock, The Beatles. Ses accents – cockney, snob, incompréhensible. Ses auteurs – Marie Shelley, Oscar Wilde, Jane Austen si je devais résumer mes préférences. Son humour noir et son cynisme. Et pour finir, le personnage de Becky Bloomwood, accro au shopping devant l’Eternel.

En effet, s’il y a bien une auteure qui me fait rire au rythme échevelé des vie pour le moins farfelues et hautes en couleur de ses héroïnes, c’est Sophie Kinsella. Pionnière et reine de la chick-litt, en quelque sorte. Que j’affectionne également sous le pseudonyme de Madeleine Wickham où elle se révèle plus caustique et grinçante. Alors, même je suis moins friande de ce genre littéraire ces derniers temps, ça aurait été un crime de lèse majesté que de passer à côté du petit dernier, Surprends-moi. « À Londres, de nos jours. Après dix ans de vie à deux, Sylvie et Dan vivent dans une maison confortable, ont des jobs épanouissants, deux jumelles absolument parfaites, et s’entendent tellement bien que dès que l’un commence une phrase, l’autre la termine. Jusqu’à ce fatal rendez-vous médical, où ils apprennent qu’ils vivront certainement centenaires et qu’ils ont encore soixante-huit ans de vie commune devant eux… Sept décennies côte à côte ? Une éternité ! La panique s’installe. Pour préserver la flamme, le couple lance le projet « Surprise me » avec, au rendez-vous, des cadeaux inattendus, des restaurants par milliers, des photo shoots sexy… Et autant d’occasions de malentendus, aussi drôles que désastreux. Mais les fous rires laissent rapidement place à d’étonnantes révélations. Et quand un scandale du passé resurgit, Sylvie et Dan finissent par se demander s’ils se connaissent réellement… »

Déçue à nom ce que je suis. Vraiment. Je cache mon désarroi dans des figures stylistiques désuètes. La déception donc. Et ce pour plusieurs raisons. A contrario du titre, l’auteure ne m’a pas surprise, et loin de là même. Elle reprend quelques mécanismes éculés de ses précédents romans, et cela m’a laissée pantoise. Les personnages ensuite, téléphonés mais en même temps déroutants. Un couple de trente deux ans, parents d’adorables enfants, mais qui ne sont pas vraiment attachants, plutôt chiants. Je deviens trivial, je m’en excuse platement. Je vais finir mon procès par l’intrigue, que j’ai eu l’impression d’avoir mainte fois lue. N’en jetez plus, la coupe est pleine. En cette période estivale, j’ai habillé ce roman pour la prochaine saison.

Peut être cela vient-il de moi également. Il s’est tout de même passer douze ans depuis ma première rencontre avec la plume de l’auteure. J’ai certainement un peu mûri – tout du moins je l’espère – et mes goûts se sont sans conteste affinés. Il faut dire également que je sors de la lecture de La vie rêvée des chaussettes orphelines, de Marie Vareille, véritable coup de cœur, qui a révolutionné le genre à mes yeux  et qui affadi un peu le style de ses consœurs.

Je suis donc passée à côté de Surprends-moi de Sophie Kinsella. Si tant est que vous soyez têtue et ne prenez jamais rien en compte de ce que je vous dis, ce roman pourra toujours être un allié agréable pour vos vacances estivales.

Belle lecture à vous ! 🎈

Surprends-moi de Sophie Kinsella est disponible aux Editions Belfond