Fée électricité

Feel Good

Fée : (nom féminin) Être imaginaire d’apparence féminine auquel la légende attribue un pouvoir surnaturel et une influence sur la destinée des humains. Mais être fée est un métier à plein temps de certaines femmes, bonté incarnée et muse malgré elle. Les fées ne sont pas qu’imaginaires, ce sont elles qui rendent la vie plus belle.

Le dérèglement joyeux de la métrique amoureuse, Mathias Malzieu et Daria Nelson

Je sais ce que je voudrais faire quand je serai grande ! Je serai médecin, pompier et fée. Car ce sont trois métiers qui permettent d’aider les gens. Mais pour fée, je ne suis pas certaine d’apprendre à voler‘. Cette phrase d’une humanité absolue a été entendue d’une petite voix flutée de six ans, à la propriétaire bien décidée de faire le bien autour d’elle. Depuis, je crois à nouveau aux fées, ces bonnes âmes qui veillent sur nous, durant notre quotidien, sans que nous nous en rendions vraiment compte. Celles qui apportent amour et bonheur dans nos cœurs, par le simple fait d’exister.

En devenant adulte, certain perde leur âme d’enfant et toute la magie qui la peuple, faisant place à un pragmatisme en noir et blanc. Ainsi on devient triste, fade, maussade. Alors qu’avec des rêves fous, des pensées doucement saugrenues et des yeux qui s’emerveillent devant la beauté de la nature, on nuance nos vie de mille touches de couleurs. Et on se plaît à croire de nouveau aux fées.

Comme Mathias Malzieu, poète dans l’âme, quand il fait face à sa rencontre, sa panthères des neiges, sa fée életricité, Daria Nelson. Et cela donne le dérèglement joyeux de la métrique amoureuse :  » C’est l’histoire d’une fée qui enlève ses ailes avant d’aller se coucher et d’un apprenti poète qui fait la vaisselle. Cela ressemble à un rêve et pourtant tout est vrai. C’est l’histoire d’un coup de foudre, quand tout est surprise et métamorphose. Quand le corps redevient un parc d’attractions, quand le cœur se transforme en Rubik’s Cube. »

Ce titre tout en antinomie donne le la de ce recueil de rêves, de poèmes, d’échanges tout en subtilité et douceur, ode à la rêverie et à l’amour. D’une rencontre à un coup de foudre, d’un coup de foudre à un amour fou, on assiste à la naissance d’une idylle, portée par les ailes graciles de cette fée fragile. Des regards aux corps impatients, nous lisons une magnifique prélude d’une histoire d’amour sans pareil, celle de deux êtres magiques.

Sous nos yeux se forment une superbe déclaration d’amour, toute en sensualité et en délicatesse. Mathias Malzieu offre avec le dérèglement joyeux de la métrique amoureuse une superbe sérénade à Daria Nelson, pour un conte de fée des temps modernes.

Belle lecture à vous !

Le dérèglement joyeux de la métrique amoureuse de Mathias Malzieu et Daria Nelson est disponible aux éditions Iconopop.

Patience est le maître mot

Feel Good

Patience: (nom féminin) Aptitude à persévérer dans une activité, un travail de longue haleine, sans se décourager. Ainsi notre vie peut être dans certain cas perçue comme une montagne d’obstacles insurmontables dont le franchissement demande du temps, et de la pugnacité. Et ce n’est pas plus facile d’en user, même si l’on est ainsi nommé.

Depuis quelques mois, voire années maintenant, j’ai une nouvelle marotte : écouter des podcasts. J’ai toujours lu dans les transports mais cela m’était impossible sur la ligne 13, trop d’espace, que je ne savais qu’en faire. C’est ainsi que je repris des cours d’Histoire particulier avec Frack Ferrand, qui m’ont permise de m’évader. Le temps d’un trajet. Puis le temps d’une marche ou encore d’un footing. Afin de ne pas trop exceller au Trivial Pursuit, il a bien fallu diversifier mes écoutes, de la littérature à la popculture.

J’ai ainsi découvert Hannelore Cayre, avocate pénaliste au barreau de Paris, il y a peu, lors du confinement, en écoutant Popopop le génial podcast d’Antoine de Caunes. Cette femme m’a plu par son intelligence aigue et sa façon d’être. Tout du moins celle de s’exprimer. Il ne m’en fallait pas plus pour que je me décide à la lire.

J’ai ainsi découvert La daronne : Patience Portefeux, 53 ans, deux filles, un chien, un fiancé flic et une vieille mère en EHPAD. Patience trime. Patience est traductrice de l’arabe pour le ministère de la Justice. Des milliers d’heures à transcrire des écoutes entre petits dealers et grands bandits. Puis Patience franchit la ligne jaune : elle détourne une montagne de cannabis issue d’un Go Fast. Sans culpabilité ni effroi. Simplement une petite entorse morale. Et encore. Et Patience devient la Daronne.

Prudence. C’est ainsi que j’ai lu malgré moi le nom de la veuve Portefeux durant les cinquantes premières pages. C’était le troisième prénom de ma grand mère paternelle dont je prenais plaisir à me moquer plus jeune. Un prénom comme une réminiscence du passé, que je ne m’attendais réellement pas à trouver.

Patience. Un prénom tel un mantra, qui guide une vie telle un phare cassé. Car si la patience est une vertu, elle peut par moment se muer en tare. Tout vient peut être à point à qui sait attendre, mais lorsque l’attente se fait vaine, il y a de quoi se rebeller. Patience, femme au bord de la rupture, n’en peut plus d’attendre. Devenue une mère pour celle qui ne l’a jamais été pour elle et ne côtoyant que poliment, et de manière lointaine ses filles, elle se décide à être maitresse de sa propre fortune. De forcer le destin en embrassant la route de la criminalité, en embrassant peu ou prou le même destin que son père avant elle.

Avec force cynisme et second degré, Hannelore Cayre nous livre avec sa Daronne, un ovni savoureux, qui se dévore le sourire aux lèvres.

Bonne lecture à vous !

La Daronne d’Hannelore Cayre est disponible aux éditions Points

La Sylphide

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Sylphide (nom féminin) : génie aérien féminin plein de grâce. Se dit d’une femme d’une femme d’une beauté fine et gracieuse. Et quand cette dernière arbore une crinière de feu et des yeux d’agathe, elle semble tout droit sorti d’un rêve.

Souviens toi que tu m’aimes, Catherine-Rose Barbieri

L’Ecosse. Pays de cœur. Ne serait ce que pour William Wallace, et cette farouche liberté prônée envers et contre tous. Pour ses paysages sauvages, à vous couper le souffle, balayé par le vent et les embruns, de vastes landes et des ruines mystiques disséminées ça et là. Pour cette culture celtique, que nous partageons en tant que bretons. Pour les six mois passés en cette douce contrée, cet Erasmus qui m’a changée et m’a donnée une autre perception du monde.

L’Ecosse. Pays de légendes et de farfadets. Où les elfes et les korrigans ont leur place bien à eux, dans ces brumes cotonneuses qui s’abattent de temps à autres. Ce pays, si pret et si loin à la fois, à la langue rude et à l’accent prononcé, qui me plait tant.

L’Ecosse. Le pays de James, la voix masculine du dernier roman de Catherine Rose-Barbieri, en proie à ses demons, sa memoire trouble et ses rêves envolés, au fin fond de son âme. L’Ecosse. Le trait d’union avec Heloise, qui semble tout droit sortie d’une légende celte. Une rencontre, un coup de foudre et puis la vie, tout simplement, dans Souviens toi que tu m’aimes : « Lorsqu’Héloïse rencontre James dans ce wagon du TGV Lyon-Paris, le coup de foudre est réciproque. Mais rien n’est simple pour Héloïse. D’abord, elle ne croit pas au coup de foudre : le romantisme, très peu pour elle ! Ensuite son sens de la loyauté est particulièrement aigu, au point d’être dans cette histoire un vrai handicap. La jeune femme fait donc taire ces sentiments inédits dont elle ne sait que faire, et ce qui aurait pu être le début d’une belle idylle en reste là. Deux ans et demi plus tard, après bien des épreuves et pas mal d’errance, Héloïse et James se retrouvent par hasard en Ecosse. Le coeur d’Héloïse n’a rien oublié. Elle est prête à croire que le destin vient de lui accorder une faveur. James, en revanche, ne se souvient pas d’elle. En effet, beaucoup de choses ont changé en deux ans et demi. Beaucoup, oui, mais pas toutes… »

Mon pragmatisme doublé d’un cœur de Pierre me font rester stoïque quant au coup de foudre. De la même manière, et dans un antagonisme totale ne soyons plus à une contradiction près, je suis persuadée que si deux personnes s’aiment elles sont vouees à se retrouver. Je crois en l’amour passion, celui qui vous sublime tout comme il peut vous détruire. Et c’est ce que vont apprendre à vivre nos protagonistes, à faire taire leur sentiment par pudeur ou amitié, par lâcheté et par oubli. A vivre sans l’autre et malgré eux. A travers leurs histoires personnelles et communes, ils vont apprendre à se connaître eux-mêmes, puis tous deux.

Avec Souviens-toi que tu m’aimes, j’ai aimé retrouvé le talent de conteuse de fables des temps modernes de Catherine-Rose Barbieri. Une lecture réconfortante et qui fait chaud au cœur, parfait pour la saison.

Belle lecture à vous !

Souviens toi que tu m’aimes de Catherine-Rose Barbieri est disponible aux éditions Eyrolles.