Divine Comédie

Feel Good

Divin : (adjectif) Qui est dû à Dieu ou assimilé à une divinité. Ou encore que l’on trouve parfait, sublime. Quand il s’agit de nos vies, elles endossent les adjectifs qu’on se plait à vouloir leur donner. Mais nos vies peuvent elles être jouées, à l’instar d’une pièce de théâtre jusqu’à en devenir une comédie ? Mon cynisme aurait tendance à répondre par l’affirmative.

La divine comédie de nos vies, Gavin’s Ruiz

Enfant, notre éducation nous façonne peu à peu pour devenir qui nous seront adultes. Notre foyer nous dicte des règles de vies, nous apprend la notion de bien et de mal. Il nous inculque également des principes et des préceptes auxquels il croit et se réfère, même si parfois de manière imparfaite.

Adolescent, la crise survient et fait voler en éclat – temporairement – tous ces fondements que nous pensions acquis et qui nous semblait innés. Et ce par la confrontation avec un monde extérieur. Par la volonté d’affirmation. Par le regard que peuvent porter de tiers personnes, qui ne nous connaissent pas mais qui savent blesser malgré elle. Par cette incapacité de passer outre sa vision nombriliste et révoltée.

Adulte, il est temps de faire face à nos choix et de les assumer, quitte à choisir de tout balayer d’un revers de main. C’est de ce postulat que Jérôme est partir pour reprendre sa vie en main, envers et contre tous, dans la Divine Comédie de nos vies de Gavin’s Ruiz : « Une seule chose est sure : j’aurais dû dire stop avant. Avoir le courage de parler. Sans le savoir, ma femme et son amant m’ont fait le plus beau cadeau du monde. »

Au travers d’un roman chorale, nous faisons la connaissance de quatre garçons plein d’avenir, unis comme les doigts de la main depuis leur lycée. Une histoire d’amitié, qui a su traverser le temps et les épreuves, malgré tout. Une histoire dont le vernis du paraître s’est malgré tout érodé avec le temps, avec les non dits, avec les amours avortés, inavoués.

La divine comédie de nos vies de Gavin’s Ruiz nous offre le bilan pas toujours reluisant de la vie de quatre quadragénaires en proies avec leurs envies et à leurs doutes, qui nous renvoie au final, par un effet de miroir, à nos propres vies, à nos propres aspirations.

Bonne lecture à vous !

La divine comédie de nos vies de Gavin’s Ruiz est disponible aux éditions Albin Michel

Ce genre de fille

Feel Good

Genre : (nom masculin) Groupe d’êtres ou d’objets concrets ou abstraits présentant des caractères communs. Ainsi, les ados lorsqu’ils arborent le summum de leur look (pantalon serpillière et gilet multicolore) revendiquent ainsi leur appartenance à un groupe. Depuis, je suis taumatisée par le style perroquet et j’ai embrassé le style corbeau monochrome.

Je suis le genre de fille, Nathalie Kuperman

Je suis le genre de fille à attirer les âmes en peine dans la rue. Ainsi dimanche alors que j’attendais au soleil ma correspondance à la gare de Rennes, les yeux vissés sur mon livre – ce livre – mon latte à mes pieds, un gentil punk à chien tout bourré s’est assis à côté de moi et m’a raconté sa vie. Faisant facilement les questions réponses, je n’avais qu’à dodeliner de la tête. Je suis restée bien quinze minutes à l’écouter, de peur d’être impolie. J’ai prétexté mon train pour m’en défaire, dans un mélange de gêne, de honte et de nausée.

Je suis le genre de fille à être attiré par la couverture d’un roman, avant son contenu. Pas le genre quand même à les exposer dans son dressing – faut pas déconner – mais la beauté de l’objet prime parfois. L’objet livre a un atout charme indéniable à mes yeux. Et voici comment j’ai acheté Je suis ce genre de fille de Nathalie Kuperman : « D’accord » : c’est peut-être le mot qu’elle dit le plus souvent, par fatigue, lâcheté ou absence d’à-propos. Mais certains soirs, tard, après avoir improvisé une danse dans son salon pour chasser les contrariétés de la journée, elle est capable d’envoyer des mails incendiaires ou insensés pour rectifier la situation. Oui, c’est le genre de fille accommodante, avec ses proches, son ex-mari un brin narquois, son adolescente de fille, son trop parfait collègue de travail. Puis ceux à qui elle tient inlassablement la porte dans le métro, ceux qu’elle laisse passer indéfiniment devant elle à la caisse du supermarché au motif que leur caddie est moins rempli. Conciliante, oui, jusqu’au moment où elle dit non, un immense Non lancé comme un éclat de rire à la figure de ceux qui ne doutent jamais d’eux, qui tiennent à jouer le premier rôle dans leur comédie sociale »

Une fois n’est pas coutume, pas grand chose à dire si ce n’est que je suis complètement passée à côté de ma lecture. Déçue en partie de la promesse que m’avaient fait les commentaires dithyrambiques sur Instagram. Je me suis mise à attendre quelque chose d’indéfinissable, qui n’est au final jamais venu. Un raté pour moi que cette lecture.

Bonne lecture à vous si vous tentez l’aventure malgré tout !

Je suis le genre de fille de Nathalie Kuperman est disponible aux éditions Folio

Les mouettes

Feel Good

Merveilleux : (adjectif) qui est admirable au plus haut point, exceptionnel. On pense ainsi aux succulentes pâtisseries de Fred. Mais cet adjectif sied également aux amitiés, et à leurs souvenirs de jeunesse. Ces moments baignés d’innocence où tous les possibles s’offrent à vous et que la vie reste à être écrite.

Je n’ai jamais fait partie d’une bande de filles, leur préférant les garçons, dans leurs idées fantasques et cette absence de rivalités. Avec ce côté rassurant que vous vous fondez dans la masse, du moment que vous leur demander de tirer sur votre doigt. (Pardon les copains, je vous sais plus délicats.)

Je n’ai jamais fait partie d’une bande de filles, mais d’une bande d’amis. De ceux qui vous soutiennent, vous écoutent et qui sont de temps à autre autorisés à vous rabrouer. De ceux qui sont immuables et immortels. De ceux qui façonnent les souvenirs et avec qui il nous tarde d’en créer d’autres, inoubliables.

Je n’ai jamais fait partie d’une bande de fille mais j’ai été contente de rencontrer et de vivre aux côtés des Mouettes de Laure Rollier, dans nous étions merveilleuses. « L’été de leur dix-huit ans, Noémie, Lisa, Marion et Stéphanie ont vécu un voyage inoubliable qui a scellé leur amitié pour toujours. Quatorze ans plus tard, les quatre amies décident de mettre leur vie d’adulte, le quotidien et toutes ses contrariétés de côté pour revivre le périple de leur adolescence. Ce qu’elles ignorent, c’est qu‘il sera le plus important de toute leur existence. »

Brest. Cette ville est à nouveau une fois – et ce bien malgré moi – au cœur de mes lectures. Brest comme point de départ d’amitiés sans failles et sans reproches. Point de départ des êtres aimés, de ceux qui laissent des cicatrices au cœur et à l’âme. Point de départ d’un road trip qui va se muer en quelque chose de plus profond, de plus puissant. Qui se mue en voyage initiatique en quête de soi, afin d’embrasser pleinement leurs vies de femmes accomplies.

Belle ôde à l’amitié et à la vie que nous étions merveilleuses de Laure Rollier, qui nous rappelent que nous sommes maîtres de nos vies et que seuls nous meme sommes capables de provoquer notre bonheur au final.

Belle lecture à vous !

Nous étions merveilleuses de Laure Rollier est disponible aux éditions le livre de poche