La vie rêvée d’Ava – Sophie Kinsella

Feel Good

“La vie est un rêve, mais rêver n’est pas vivre. » Constantin Huygens.

La vie rêvée d’Ava, Sophie Kinsella

Il y a quelques années j’ai eu un coup de cœur cinématographique pour La vie rêve de Walter Mitty. Ce dernier, joué par Ben Stiller, rêve sa vie éveillé, et ne prends aucun risque dans aucun domaine qui soit. Jusqu’au jour où Sean Penn ne lui laisse pas vraiment le choix. Et sa vie morne va se transformer en une farandole d’aventures, sous fond de voyages existentiels, aux paysages fabuleux. Je me rappelle avoir été émerveillées par les paysages de carte postal et émue aux larmes par le personnage de Walter Mitty.

Il y a quelques années j’ai découvert Sophie Kinsella, comme beaucoup, avec les aventures de Becky, son incorrigible accro du shopping. J’ai aimé l’univers fantasque qu’elle a créé, avec ses héroïnes non conventionnelles, un peu fofolles et terriblement attachantes.

Quand la dernière héroïne de l’auteure rêve sa vie au point de manquer de passer à côté, je ne pouvais que lire ses aventures, plus précisément sa vie rêvée, avec La Vie rêvée d’Ava : « C’est décidé, Ava arrête le dating en ligne. Après beaucoup trop de rencards désastreux, elle ne se fiera plus qu’au seul algorithme qui vaille : son instinct. Et que lui dit son instinct dans cet atelier d’écriture auquel elle s’est inscrite sur un coup de tête ? Que ce bel inconnu assis non loin d’elle pourrait bien être… »

La recette des romans de Kinsella est peu ou prou la même à chaque fois, mais est à mes yeux toujours aussi plaisante. Prenez une jeune femme gaffeuse – Ava – qui rencontre l’homme de ses rêves – Matt – aux antipodes de ses valeurs, de ce qu’elle aime, en bref de qui elle est. Ajoutez à cela une ex encombrante et narcissique, des beaux parents froids comme des portes de prisons et des une bande d’amis haute en couleur. Mélangez le tout et vous obtiendrez la parfaite lecture de l’été, légère et pétillante, à déguster sur votre serviette de bain.

Vous l’aurez compris, La vie rêvée d’Ava de Sophie Kinsella est la parfaite lecture de l’été !

Belle lecture à vous !

La vie rêvée d’Ava de Sophie Kinsella est disponible aux éditions Belfond

Désenchantées – Marie Vareille

Feel Good

« Celui qui n’est plus ton ami ne l’a jamais été » Aristote. Je ne suis pas vraiment d’accord avec cette affirmation. Peut-être pare que j’ai failli à ce rôle plus d’une fois, que je n’ai pas toujours su en être une, et que j’ai reproché à d’autres de ne pas l’être en retour. La réciproque est aussi vraie. Mais ceux qui le sont encore, ou le sont devenus plus tard, sont des piliers inestimables.

Désenchantées, Marie Vareille

L’amitié est un lien sacré, qu’il faut chérir et entretenir. C’est l’un des liens les plus indéfectibles qui soit, l’un des plus précieux aussi. Les amitiés de jeunesse nous permettent de grandir, de nous construire. D’avoir cette oreille attentive qui jamais ne jugera, et qui sera toujours à l’écoute. De celle qui nous écoute des heures durant parler de notre avenir, de notre passé, d’essuyer nos larmes – les bruyantes comme les silencieuses – en étant tout simplement présente.

L’amitié, enfant, c’est un peu à la vie à la mort. Et quand elle se créé sur un drame, sur une absence, elle se substitue à la famille. C’est ce que vivent Sarah et Angélique, deux enfants à la vie cabossée, en mal d’amour, de repères. Leur rencontre, une évidence. Leur histoire, fusionnelle et respectueuse. De l’enfance à l’adolescence, deux âmes sœurs.

L’amitié, mise à mal pour se transformer en guerre ouverte. Aux vues et sus de tous. Une vie qui se scinde à nouveau en deux, que tout oppose, surtout le silence. Qui se pose en complice du drame qui se joue dans la vie de ces femmes en devenir. Jusqu’au moment où ce silence est tout ce qu’il reste. Bienvenue dans le dernier roman de Marie Vareille, Les Désenchantées. « La disparition de Sarah Leroy, quinze ans, a bouleversé la petite bourgade de Bouville-sur-Mer et ému la France entière. Dans chaque foyer, chaque bistrot, on élaborait des hypothèses, mais ce qui est vraiment arrivé, personne ne l’a jamais su. Vingt ans plus tard, Fanny revient sur les lieux de ce drame qui a marqué sa jeunesse. Et c’est tout un passé qu’elle avait préféré oublier qui resurgit…
Car l’histoire de Sarah Leroy, c’est aussi un peu la sienne, et celle d’une bande de filles qui se faisaient appeler les  » Désenchantées « . Une histoire qui a l’odeur des premières cigarettes et du chlore de la piscine municipale, des serments d’amitié et surtout, des plus lourds secrets.
« 

Ce que j’aime dans les romans de Marie Vareille, c’est l’alternance de points de vues dans sa construction narrative. Qui a pour résultante de m’empêcher de reposer ses histoires une fois que j’en ai lu deux chapitres. On oscille entre un récit clinique, descriptif, de l’enfance à l’adolescence, sous forme de recueil, qui plante le décor de la disparition tragique de Sarah, quinze ans auparavant. Et les points de vues des femmes que sont devenues Angélique, et sa sœur Fanny. D’un récit omniscient confronté à deux points de vues internes, ayant chacun leur vérité.

(la suite peut contenir des spoils)

L’adolescence. Cette période d’appréhension de soi, de la fin de ce cocon qu’est l’enfance pour entrer dans la jungle de l’âge adulte. Les fréquentations pas toujours bonnes, mais qui sont celles que l’on se doit d’avoir pour devenir populaire. A l’instar d’un beau frère au charme ravageur, aux multiples conquêtes, qui se révèle être un monstre, qui vole aux deux adolescentes les plus proches de lui, leur innocence, leur amour propre et bien plus encore. Couvert par sa mère, aveuglée par sa beauté physique, unique signe de valeur d’une personne à ses yeux chaussés d’œillères.

Le deuil. De parents décédés, de parents absents, d’une enfance heureuse, d’une virginité ravie sous la contrainte. D’une amitié parce que pas assez policée, assez bien en apparence. Lorsque les apparences quand elles se craquèlent révèlent des êtres indignes, infâmes. A l’âme laide et au cœur sombre. L’injustice comme juste punition. Lorsque les solutions pour survivre se réduisent à peau de chagrin. Mais malgré tout l’espoir d’un avenir meilleur pour celles qui ont survécu à ces quinze années de deuil.

Avec Désenchantées, Marie Vareille signe un roman brillant sous forme de cosy mistery, sur l’amitié, sur des femmes fortes que rien ni personne ne peut faire ployer, sur une sororité implacable, qui n’ont au final de désenchantées que le nom.

Belle lecture à vous !

Désenchantées de Marie Vareille est disponible aux éditions Charleston

Luna – Serena Giuliano

Feel Good

« La lune est le rêve du soleil « Paul Klee. Il s’avère qu’elle lui vole parfois la vedette, brillant plus fort et devenant un phare dans mes les ténèbres que peuvent être la nuit.

Luna, Serena Giuliano

La première fois que j’ai mis les pieds en Italie fut par le biais de mes cours d’Histoire et de Latin. Rome comme capitale d’un Empire imposant, à la pointe de son époque, aux sublimes bâtiments jonchants la ville, véritables lieux de vie du peuple. Quelques années plus tard, j’ai eu la chance d’y aller véritablement. Et de ces monuments qui ont franchi cet obstacle qu’est le temps, je n’ai rarement trouvé aussi imposant que le Colisée. Je m’y suis sentie petite, dans ce lieu vibrant de siècles d’Histoire.

La seconde fois, j’ai découvert Naples, en me plongeant à corps perdu dans la saga d’Elena Ferrante, Une amie prodigieuse. Une ville faisant face au Vésuve, belle et forte, mais contaminée par la pire gangrène qui soit, la mafia. J’avais adoré plonger dans la moiteur de la ville, me balader le long la méditerranée et voir évoluer ces vies aux antipodes, celles de ces deux femmes que tout a fini par opposer. J’y suis retournée avec Luna de Serena Giuliano, et ai eu droit à un autre type de visite, plus intime et personnelle. « Luna arrive à Naples contre son gré : son père est gravement malade. Rien, ici, ne lui a manqué. Ses repères, ses amies, son amour sont désormais à Milan. Alors pourquoi revenir ? Pourquoi être au chevet de son papà, au passé trouble, et avec lequel elle a coupé les ponts ?
Mais Napoli est là, sous ses yeux : ses ruelles animées et sales, ses habitants souriants et intrusifs, sa pizza fritta, délicieuse et tellement grasse, son Vésuve, beau et menaçant…
Est-il seulement possible de trouver la paix dans une ville si contrastée ? Et si ce retour aux sources sonnait finalement l’heure de l’apaisement ? »

Luna. De retour dans sa ville natale par obligations. Ville honnie, reniée. Aux antipodes de la femme qu’elle est devenue. Naples comme ville qui a causé mille malheurs. Son père, comme terreau de ses tourments enfouis. Et pourtant. Le retour aux sources comme une bouffée d’air salvatrice, pour dénouer les tensions des années passées.

Luna. C’est aussi une femme bien entourée. D’amies aux tempéraments forts, mais inextricablement liée à elle, entre elles. L’amitié comme sororité. Une cousine avec le cœur sur la main, les valeurs familiales portées en bandoulière. Une voisine volubile, la solitude qui lui fait écho. Un amour naissant et incertain. Un amour filiale brisée par l’incompréhension. Le Vésuve comme toile de fond d’une histoire de pardon, de rédemption, d’avenir à embrasser pleinement en acceptant son passé.

Avec Luna, Serena Giuliano signe avec son troisième roman – mon préféré à ce jour- une ode à l’amitié et une déclaration d’amour à l’Italie, pays solaire, pendant parfait de son héroïne lunaire.

Belle lecture à vous !

Luna, de Serena Giuliano est disponible aux éditions Le livre de poche