Gang of London

Feel Good

Gang : (non masculin) Bande organisée, association de malfaiteurs. La bande des Quarante Elephants a ainsi sévie dans le Londres du XIXe – XXe siècle, excellant dans les rapines et autres vols à l’étalage. Sa particularité fut qu’il était exclusivement féminin, menée par Alice Diamond, jeune femme de seulement ving-trois ans.

Le Gang de la Tamise - Les soeurs Mitford enquêtent - Jessica Fellowes

A défaut de pouvoir se déplacer sur les bords de la Tamise moderne, je me console sur les bords de l’Erdre, avec mes lectures, moyen d’évasion éprouvé et validé s’il en est. Je revisite ainsi les années folles londoniennes. Cette ville effervescente, à la vie qui ne l’est pas moins, où les mondains se savent plus où donner de la tête pour occuper leur soirée, se mêlant aux petites gens dans les caves enfumées, à l’alcool prohibé, au rythme de jazz endiablé. Les femmes tendent à prendre leur liberté, leurs cheveux se libérant de leurs entraves, en troquant les longueurs tressées pour les coupes à la garçonne.

On s’attend à ce que cette fièvre s’estompe en arrivant à la campagne, mais il s’y joue souvent des intrigues plus intimes, et bien plus féroces. Un huis clos, un jeu, quelques protagonistes au dessus de tout soupçon, saupoudré de meurtre sont les ingrédients de la soirée de d’anniversaire de Pamela Mitford, qui va entrer malgré elle dans une quête de la vérité. Bienvenue dans le second opus des Sœurs Mitford enquêtent de Jessica Fellowes, j’ai nommé le Gang de la Tamise. « 1925. La jeune Pamela Mitford s’apprête à fêter ses dix-huit ans et sa sortie dans le monde. Pour l’occasion, ses parents organisent un superbe bal costumé à Asthall Manor. Mais la soirée tourne au drame lorsque l’un des invités est retrouvé mort au pied du clocher de l’église. Très vite, la police arrête une domestique, membre d’un gang notoire. Louisa Cannon, chaperon et confidente des sœurs Mitford, persuadée de l’innocence de la jeune femme, va tout faire pour la disculper, aidée de Pamela. Tandis que le véritable assassin rôde peut-être non loin de là…« 

Maintenant que j’ai compris que les soeurs Mitford sont le prête nom de l’intrigue qui permette de planter le décor, je me suis plu à retrouver Louisa, la bonne d’enfant. Elle nous apparaît plus murie, plus apaisée, mais malgré tout, en proie aux tourments liés à sa condition. Elle cherche sa place en tant que femme au sein d’une société en mutation. Chaperon des aînées Mitford dont elle partage l’âge, elle les aide à accomplir leurs incartades bonne enfant quand elle est jugé au moindre faux pas. Sa soif de liberté l’a fait flirté avec son passé de fille de la rue, livrée aux pratiques de vol et autres entourloupes de son monde. Son personnage prend de l’ampleur et s’affirme comme élément central du roman, servant joliment une intrigue certes réchauffée mais agréable malgré tout.

Si comme moi vous prenez plaisir à lire les romans de mœurs du début du siècle dernier, je vous invite à vous évader aux côté des sœurs Mitford, et vous aventurer dans deux univers aux antipodes, en zigzagant entre les petits salons poudrés aux bas fonds des quartier mal famé, avec le Gang de la Tamise de Jessica Fellowes.

Bonne lecture à vous !

Le gang de la Tamise – Les sœurs Mitford enquêtent de Jessica Fellowes est disponible aux éditions Le Livre de Poche

Roman Epistolaire v2.1

Feel Good

Épistolaire : (adjectif) genre littéraire formel composé par une correspondance ou un échange de correspondances. Elles peuvent être fictives ou réelles. Mon genre littéraire préféré après le Romantisme.

Les romans épistolaires et moi, c’est une histoire d’amour qui remonte au lycée. Je dois à mon choix de filière Littéraire la découverte du génialissime Liaisons Dangereuses, de Choderlos de Laclos. N’ayons pas peur des hyperboles, si vous ne l’avez pas encore lu, je vous conseille de le faire séance tenante. C’est un petit bijou de modernisme et de perversité. L’adaptation cinématographique de Stephen Frears avec Glenn Close et John Malkowitch est tout aussi parfaite d’ailleurs.

Forte de cette lecture, je me ruai vers de vraies correspondances, telles les lettres de Flaubert à Louise Collet ou celles de Balzac à Mme Hanska, pour ne citer qu’elles. Il exhalait de ces écrits une beauté et une passion sans pareil. L’un de mes rêves depuis est d’entretenir une correspondance manuscrite. N’oublions pas que je considère  » [être] née trop tard dans un monde trop vieux ».

Puis vinrent les réseaux sociaux, et leur immédiateté. Les réponses sans filtres et aux fautes d’orthographe en prime. Des inconnus pouvant nous écrire et entrer dans notre intimité sans politesse. J’ai longtemps boudé ces médias, pour finalement succomber au diktat contemporain. Cela m’a permis d’entretenir quelques échanges post études ou post Erasmus. Et de poster des clichés plus ou moins réussis des petits moments magiques du quotidien.

Puis vint le confinement, et cette étrange sensation d’être enfermé vivant. Pour notre bien à tous certes, mais sans accès à ses proches si ce n’est par le prisme des écrans. Ecrans que je me mis à bouder lors de son long temps libre octroyé, car j’y passe mes journées à travailler, à naviguer sur la toile de ce réseau tentaculaire qu’est le web. #vismasviededigitalanalyst. Mais j’aimais cette bouffée d’oxygène que m’apportait les écrits de Virginie Grimaldi, toujours dédiée à sa Mamie, et qui nous adonné ce recueil loufoque et doux amère qu’est Chère Mamie au pays du confinement. Témoignage d’une expérience inédite de vie, en quelques sortes.

Il y a un an tout pile, je lisais la v1 de Chère Mamie. Novembre est toujours aussi cafardeux, mais retrouver cette Chère Mamie aux pays du confinement – de surcroit confinée – est un plaisir que je n’ai su bouder. Savourez bien cette MAJ 2.1 (excusez mon langage de geek, légère déformation professionnelle, qui fera passer inaperçu à la lecture je l’espère ce sentiment de redite dans mes propos. )

Belle lecture à vous ! 🎈

Chère Mamie au pays du confinement de Virginie Grimaldi est disponible aux Editions Fayard et Le Livre de Poche. Tous les bénéfices sont reversés à l’association La Fondation des Hopitaux de Paris.

La fille au fer à repasser

Feel Good

Voyage : (nom masculin) Action de se rendre dans un lieu relativement lointain ou étranger ; séjour ou périple ainsi fait. L’est tout autant une exploration, découverte, description de quelque chose qu’on suit comme un parcours . Les deux ne sont pas incompatibles, et c’est ainsi qu’un séjour anodin peut se transformer en périple d’une vie, celui qui créé des liens indéfectibles et permet de dénouer ceux qui nous rongent, nous blessent, nous usent.

Eugène et moi, Katherine Pancol

Un voyage comme initiation. Quitter ses habitudes confortables et sa langue maternelle pour sillonner seul un pays inconnu est la plus belle manière de faire de nouvelle rencontre, mais aussi de se retrouver, se trouver soi même. Profiter de cette opportunité comme d’une aventure qui nous change en bien et nous fait murir, pour se recentrer sur l’essentiel et rétablir un sens des priorités, un équilibre qui pouvait être inexistant.

Un voyage comme fuite. Quand les problèmes s’amassent, qui n’a jamais de claquer la porte, partir loin et ne jamais revenir ? « Si c’est comme cela, je m’en vais.  » J’ai tenté ce genre de rébellion à l’âge de 3 ans, doudou en main et sac à dos éléphant, la porte à peine ouverte, je suis retournée me cacher sous ma couette. Parfois, cette fuite est nécessaire pour mieux rebondir et affronter ces problèmes de front.

Un voyage comme une expérience unique. Cette richesse des cultures, des lieux, des rencontres. Qui commence parfois dès les portes d’embarquement. A l’instar de celles de Katherine et Eugène, leur jeunesse en bandoulière, leur beauté en insolence. Bienvenue dans le dernier roman de Katherine Pancol, Eugène et moi. »Elles n’ont rien en commun, si ce n’est une féroce envie d’indépendance. Elles vont pourtant se lancer ensemble dans une aventure qui les mènera de Paris au Mexique puis à Saint-Tropez. De chaos en cahots, elles vont apprendre à devenir celles qu’elles ont envie d’être. Katherine, la blonde et Eugène, la rousse n’ont rien en commun sauf leur vingt ans et un mot d’ordre : « sans risque la vie est trop triste ». À l’affût des moindres surprises de la vie, Eugène initie Katherine à la liberté la plus radicale. On tremble, on rit, on court derrière elles de Mexico à Paris et de Paris à Saint-Tropez en plein coeur des années 70.« 

La plume unique de l’auteure nous offre une belle histoire, celle d’une amitié entre deux femmes, à l’instar de celle qui s’est construite -brève mais intense – entre Thelma et Louise. Point de road movie ou de meurtre ici, mais la volonté d’être respectée et aimée en tant que femme. De ne pas être des trophées exhibés à la merci des hommes, mais d’exister pour elle même et par elle même. Et c’est à cet exercice que Katherine Pancol excelle. Traiter des sujets lourds, tristes voire sordides avec cette plume chantante et virevoltante qu’est la sienne. Qui nous offre ainsi toujours l’espoir de jours meilleurs, quoiqu’il puisse advenir.

Lire c’est avant tout voyager, votre destination est ici toute trouvée. Eugène et moi est le parfait roman à dévorer en cette période de morosité exacerbée – le mois de novembre et sa déprime en prime – qui vous fera voir du pays d’Acapulco à Saint Tropez, au rythme des pérégrinations des nos héroïnes.

Belle lecture à vous !

Eugène et moi de Katherine Pancol, illustré par Anne Boudart, est disponible aux éditions Albin Michel