A charge de revanche

Feel Good

« Mon défaut ? Je prends tout trop à cœur. Impossible de ne pas m’impliquer. » Les premiers mots de Fixie me définissent parfaitement. Ce que certain qualifierait volontiers de susceptible – et c’est surement vrai par moment – je le définirai en perfectionniste, qui ne supporte pas être prise à défaut. Est ce signe de stabilité mentale ? Pas certaine, mais c’est aussi pour cela que Monica existe dans Friends. Rien de bien rationne de plus à ajouter.

A charge de revanche, Sophie Kinsella

Juillet 2021. Les vacances. L’été d’après. D’après quoi exactement ? D’une pandémie ? De confinements ? D’envoi d’un premier manuscrit aux éditeurs et mais pourquoi ils ne répondent pas dans la minute même si c’est négatif ? D’une année scolaire à nouveau achevée peut être. Car même si je ne suis plus étudiante et ne dépends pas du système éducatif, je reste une fervente passionnée du calendrier scolaire.

Juillet 2021. L’été. La Bretagne ensoleillée. Les cocktails de fin de journée. Les quelques heures passés sur le sable de la plage à contempler les couvertures de ses romans, qui nous suivent partout, dont les pages se cornent, alors qu’on ne les a pas vraiment ouvert. L’appel de l’eau, de la sieste, voire des pâtés de sable étant bien trop fort pour nous faire plonger à corps perdu dans une intrigue et nous faire réfléchir trop longtemps. Oui, l’été je ne réfléchis pas, voilà. Certaine lecture s’impose alors à moi, comme une évidence. Comme une compulsion. C’est la « chick-litt » qui s’impose alors par KO. Et c’est ainsi que je retrouvais Sophie Kinsella pour quelques heures de détente, avec A charge de revanche. « À 27 ans, la douce et discrète Fixie se retrouve à la tête de la Maison Farr, la boutique fondée par ses parents, nichée en bordure de Londres. Mais pas le temps pour la jeune femme de célébrer cette promotion, car la voilà qui doit gérer une lutte fratricide : Nicole, sa sœur fashionista, est bien décidée à faire du drugstore de quartier le centre de yoga le plus tendance de la capitale, quand Jack, leur frère so snob, y verrait plutôt une épicerie de luxe. Alors que les ventes chutent, que la faillite approche, Fixie va devoir arbitrer : conserver l’esprit désuet de la Maison Farr ou la transformer en super-fashion-concept-store ? Maintenir la cohésion familiale ou se mettre à dos Nicole et Jack ? Affronter les problèmes ou rester planquée sous la couette ? Ne manquent plus que le retour d’un ex envahissant et l’apparition d’un bel inconnu pour plonger la timide Fixie dans le plus inextricable des embarras…« 

Pour ce cocktail savoureux qu’est la lecture sans prise de tête et de  » je ne suis pas obliger de lire tous les mots deux fois pour tout comprendre » (oui nous en sommes là), vous avez besoin des ingrédients suivants : une jeune femme de type Pierre Richard, jolie comme un cœur et d’une intelligence hors pair mais qui s’ignore ; d’un M. Wickham intrigant mais pourri à souhait; d’un M. Darcy, tout en droiture et en flegme britannique. Accompagnez le tout d’une kyrielle de personnages haut en couleur, tout aussi têtes à claque les uns que les autres, mais attachants malgré tout. Mélangez le tout à la cuiller – j’insiste. Vous obtenez la parfaite lecture de vos vacances.

Certes les recettes de Sophie Kinsella sont toujours peu ou prou les mêmes, mas elles font mouche à chaque fois. A charge de revanche est une lecture divertissante et amusante, parfaite à déguster au côté d’un spritz frais pendant vos longues heures de farniente. N’oubliez pas l’écran total 😉

Bonne lecture à vous !

A charge de revanche de Sophie Kinsella est disponible aux éditions Pocket

The Crown

Feel Good

« Le seul accessoire indispensable nécessaire à un Roi de Grèce est sa valise » phrase attribuée à Georges II, roi de Grèce successivement destitué et exilé. A la lumière de ma culture générale remise au goût du jour par un visionnage intensif de la série The Crown, cette affirmation prend tout son sens. On notera ainsi une certaine délicatesse dans la Révolution.

J’ai lu il y a peu que de regarder plusieurs fois un film ou une série dont on connaît la fin de l’intrigue est un élément de réassurance quand le chaos est présent dans nos vies. La période faisant que c’est le cas de tout un chacun, cela me chagrine un peu moins. J’aime pourtant à me réfugier dans une lecture doudou, au déroulé bien huilé. Même si stricto sensu la fin m’est inconnu. Mon refuge en terme de littérature est le « Cosy Mystery« . J’en use – voire en abuse – allégrement ces derniers temps.

Mélanger à cela des références historiques pour bâtir l’intrigue, et des héroïnes collets montés, cela ne peut que me ravir au plus haut point. C’est avec plaisir que j’ai retrouvé Le bureau du Mariage Idéal, qui prend des airs de bureau de détectives privés, plus que de marieuses. Ce qui n’est pas pour me déplaire. Et quand c’est La Couronne qui commandite ladite enquête, on ne peut que s’en réjouir, et plonger tête la première dans ce Mariage Royal que nous propose Allison Montclair: « Londres en 1946. Le Bureau du Mariage idéal commence tout juste à prendre son envol et les propriétaires, Mlle Iris Sparks et Mme Gwendolyn Bainbridge, ont besoin d’un bureau plus grand et d’une secrétaire pour faire face à la demande croissante. Malheureusement, l’argent manque. Alors, quand la cousine de Gwen arrive avec une offre intéressante, elles sont tout ouïes. La princesse Elizabeth s’est entichée d’un prince grec, mais une lettre de chantage, faisant allusion à des informations potentiellement préjudiciables le concernant, met en danger l’alliance entre les deux familles. Pour éviter les commérages au palais, la famille royale se tourne vers Gwen et Iris pour découvrir le passé secret du prince, avant l’annonce de ses fiançailles avec Elizabeth. L’avenir de l’Empire et celui du Bureau sont en jeu ! »

Iris Sparks. James Bond au féminin, féministe jusqu’au bout de ses talons tolérés par le rationnement. Coquette jusqu’au bout des lèvres, même quand elle se doit d’assommer de possibles ravisseur. Gwendolyn Bainbridge, aristocrate veuve de guerre. En guerre contre sa belle famille et romantique invétérée. Belle à damner un saint. Amicalement vôtre en jupons, où le whisky de contrebande remplace le martini à la cuiller.

Comme intrigue prenez e mariage du siècle dernier menacé, entre Elisabeth Windsor et Philip Mountbatten. Ajoutez y une pincé d’agents secrets, un zeste de gangsters, saupoudrer de dames de compagnies en proie à l’ennuie. Vous obtiendrez ainsi une enquête équilibrée, entre humour noir et mystères.

Un mariage Royal d’Allison Montclair est la parfaite lecture de farniente, les pieds en éventails et cocktail à porté de mains !

Bonne lecture à vous !

Un Mariage Royal – une enquête de Sparks & Bainbridge, d’Allison Montclair est disponible aux éditions 10/18 Grands Détectives

Lady Rose

Feel Good

« Il écrivait en abrégé ; sa fleur bien trop tôt s’est fanée, Et une mort prématurée a fait de lui un abrégé » Epitaphe (grinçant à souhait mais étant une personne de petite taille je me sens parfois moi-même abrégée et serais encline de le lui emprunter le temps voulu) de William Lawrence.

Les enquêtes de Lady Rose, MC Beaton

De mon Erasmus écossais, j’ai hérité de quelques petites choses. Un amour immodéré pour le roux, dont j’use et j’abuse sur ma chevelure corbeau. Une descente de verre(s) pas piquée des hannetons. Un sens de l’humour grinçant et cynique conjugué à un flegme à toute épreuve. De loin, ce portrait ressemble à s’y méprendre à Bree Van der Kamp. Il faudrait que je songe à une introspection à l’occasion.

Cynisme et Flegme donc seront les termes que nous choisiront de retenir. Ainsi lorsqu’une jeune femme de l’aristocratie fait tout pour s’émanciper du joug de ses parents au lieu de se marier et s’enfonce dans un pétrin sans commune mesure, cela ne pouvait qu’attirer mon attention et ravir le début des mes vacances estivales. Ainsi entra dans ma vie la Lady Rose de MC Beaton : « Belle et rebelle, telle est Lady Rose. Après s’être compromise avec les suffragettes, au grand désespoir de ses parents, la jeune fille de bonne famille fait une entrée désastreuse dans la haute société londonienne… Ce qui ne dissuade pas un Sir aux allures distinguées de lui faire les yeux doux. Très louche, selon le père de Lady Rose, qui charge le capitaine Harry Cathcart, aristocrate désargenté, d’en savoir plus sur le prétendant… En démasquant un imposteur, Harry se découvre des talents de détective privé. Et une petite fortune à se faire ! Lorsqu’au beau milieu d’une réception, un meurtre est commis, il propose à Lady Rose de faire équipe avec lui. L’occasion idéale pour l’indocile jeune femme d’échapper à la chasse au mari…« 

Depuis que j’ai lu ( et suis éperdue tombée en admiration de) Agatha Christie, j’aime à me plonger dans des enquêtes en huis clos. Dont les meurtres exécutés le sont souvent pour des raisons triviales et / ou pécunières. Je me fourvoie souvent dans la résolution, mais la chasse aux indices me plait et apporte du piquant à ma lecture. Et surtout, ce que je préfère par dessus tout, la dissection des mœurs des notables qui se croient au dessus des lois par expression divine ou toute autre faculté inhérente à la naissance.

J’ai aimé rencontrer Rose Summer et sa rébellion assumée. Sa dame de compagnie Daisy et son langage fleurie. Le détective privé Harry Cathcart, fervent adepte du « vivons heureux, vivons cachés (des scandales) ». Son valet Becket, intriguant de l’ombre. A eux quatre ces joyeux drilles révolutionnent allégrement leur monde, et se révèlent être de fins limiers.

Vous l’aurez compris, je ne saurais que chaudement vous recommander d’accompagner votre thé estival des Enquêtes de Lady Rose, de MC Beaton.

Bonne lecture à vous !

Les Enquêtes de Lady Rose – Meurtre & Séduction et Soupçons et Préjugés de MC Beaton sont disponibles aux éditions Albin Michel