Sex in the city

Feel Good

Série : (nom féminin) est une œuvre de fiction télévisuelle qui se déroule en plusieurs épisodes. Si elles sont désormais monnaie courante, et dépassent même en qualité pour certaines le septième art, elles se regardent puis s’oublient. Mais lorsqu’elles ont comme cadre New York, et qu’elles traitent des trentenaires célibataires à New York, elles deviennent intemporelles et même des références en la matière.

No sex in the city ?, Candace Bushnell

Le début de mon adolescence a été marquée par la série culte par excellence, j’ai nommé Friends. Elle a bercé en partie mes années collège, et je m’imaginais bien plus tard, avoir une bande de potes aussi attachante et barrée. Puis vint le lycée et mes années d’internat. Où j’ai vécu à moindre échelle ces partages de moments de vies, et créer des amitiés qui n’ont pas pris une ride. Tout comme nous. Ainsi que des lacunes en termes de pop culture.

C’est ainsi que j’ai découvert la série Sex and the City sur le tard, lors de mes études supérieurs, peu avant que le film sorte sur grand écran. Et j’ai aimé cette bande de filles, aux quatre caractères antagonistes, qui cherchent toutes au final la même chose, selon des critères bien différents. L’Amour. D’être aimées et de s’aimer (elles-même) en retour. Férues de mode et des derniers endroits sorties de terre, elles m’ont régalées pendant six saisons, où j’ai vécu leurs bonheurs ainsi que leurs déboires.

Une fois n’est pas coutume, j’ai vu l’adaptation avant de prendre connaissance de l’originale. Et c’est ainsi que je fis connaissance avec Candace Bushnell et sa plume corrosive, sur les relations hommes femmes, et la société New Yorkaise, à travers ses multiples romans. Vingt ans plus tard, elle récidive avec No sex in the city ? Mais ce n’est plus aux trentenaires mordantes qu’elles s’affrontent mais aux cinquantenaires en détresse, dans un monde qu’elles ne comprennent plus aussi bien qu’avant.

« Si vous pensiez qu’avec le temps Candace Bushnell s’était assagie, vous avez tout faux ! Vingt ans après avoir brisé les tabous et sacrément libéré les moeurs, l’auteure du best-seller légendaire Sex and the City revient… et elle n’a pas pris une ride. Ou presque.
Car elle aborde ici les problèmes rencontrés par les quinquas qui se retrouvent seules sur le marché de l’amour. Finie l’ère de la performance, du coup d’un soir et de la frivolité, bienvenue dans  le désert du… No Sex in the city ? »

Je ne me suis jamais vraiment projetée dans les héroïnes de Bushnell, ayant trop d’écart d’âge avec elles au moment de mes lectures. Mais j’aime son regard aiguisé et la verve qu’elle emploie quant à la description de ses contemporains. Nous retrouvons ainsi Candace aux proies à la soixantaine approchante, les questionnements qu’elle entraîne, les choix qui ont été faits et ceux qui seront à faire.

Des rencontres Tinder avec de fringants trentenaires aux sorties vélos spéciale drague, en passant par l’ex sous Kétamine qui plante sa tente dans le jardin à la crise de folie de la cinquantaine, l’auteure aborde un thème somme toute universelle, comment vivre avec sa solitude ? L’amour n’est il réservé qu’aux jeunettes qu’elles ont été elles et ses amies ?

Avec son dernier roman, No sex in the city ?, Candace Bushnell dresse un état des lieux touchants et mordants de vie de femmes, qui dresse un constat doux amer quant aux années passées. Si la crise de la cinquantaine est bien réelle, elle semble qu’elle ouvre la voie à l’épanouissement de la soixantaine. Je vous dirais cela dans quelques décennies.

Bonne lecture à vous !

(No) Sex in the City ? de Candace Bushnell sera disponible aux éditions Albin Michel le 17 juin’

On ne badine pas avec l’amour

Feel Good

Vacances : (nom féminin) Période de congés des personnes en activité. Pour ma part, j’aime quand elles sont un juste équilibre d’activités sportives et de farniente. C’est peut être même la seule période de l’année où je délaisse la lecture, pour profiter de l’instant présent et de ceux qui m’entourent.

L'ivresse des Libellules, Laure Manel

Les amis. Les miens sont une seconde famille. Certes ils sont disséminés au quatre coin de l’Hexagone, voire du Globe, mais malgré la distance et le peu de communication parfois, la conversation reprend son cours avec une facilité déconcertante, et les moments passés, aussi brefs et éphémères qu’ils soient, créent toujours de bons souvenirs.

Les amis. Peu peuvent se targuer de ce qualificatif. Ils sont là que la vie soit une fête ou une cacophonie. Présents pour le meilleur et pour le pire, à n’importe quelle heure du jour et de la nuit. Et ce, uniquement poussé par ce que leur dicte leur cœur.

Les amis. Source intarissable de scénarios de films ou intrigues de roman, ce sujet a été maintes fois traitées, en cinéma et littérature. On pense forcément aux Petits Mouchoirs ou encore Barbecue, où les vacances deviennent un lieu de règlements de compte, de jugements de valeur ou encore. Des vacances au pugilat, il n’y a qu’un pas, allègrement franchi.

Les amis. Au centre du troisième roman de Laure Manel, L’ivresse des Libellules. Le choix de vacances sans enfants, pour se retrouver réellement. Les enfants, l’éducation comme source de crispation et de discorde, ne s’invitent pas à la fête. Pour mieux savourer ce moment de retrouvailles. Cette parenthèse enchanteresse annuelle, qui du rêve va devenir cauchemar.

« Quatre couples d’amis dans la quarantaine décident de s’octroyer des vacances sans enfants dans une villa de rêve.
Mais l’ambiance qui se voulait insouciante et idyllique ne tarde pas à se charger d’électricité. La faute aux caractères (et petites névroses) de chacun, aux modes de vie différents, à l’usure et la routine qui guettent les amoureux quand s’invite le quotidien, et à des parents qui ont oublié ce qu’était leur vie lorsqu’ils ne l’étaient pas encore…
Quand débarque une jeune et jolie célibataire, le groupe est plus que jamais au bord de l’implosion.
« 

Laure Manel croque un moment de vie, vrai, dans les doutes, les blessures, mais également dans l’espoir et le bonheur. D’une amitié qui ne souffre ni du temps, ni des remarques. D’une relation de bonté et d’écoute, malgré les sentiments et ressentiments de chacun. D’une volonté farouche de protéger ceux que l’on aime, peu importe le prix, même si cela égratigne au passage quelques égos qui s’en remettront. De quatre couples aux antipodes les uns des autres, mais à la recherche d’un même but, aimé et être aimé en retour.

L’ivresse des Libellules est la parfaite lecture de l’été, à lire accompagné d’un cocktail frappé, et entouré de ceux que vous aimez.

Belle lecture à vous !

L’ivresse des libellules de Laure Manel est disponible aux éditions Le Livre de Poche

La main de l’injustice

Non classé

Vengeance : (nom féminin) dédommagement moral de l’offensé par punition de l’offenseur. Certes, ce n’est pas un procédé très moral. Dans certain cas il s’avère malgré tout un juste retour des choses, un équilibre rétabli. Et plus elle est calme et réfléchie, plus ses répercussions se font violemment sentir. Ne dit on pas après tout que la vengeance est un plat qui se mange froid.

Couleurs de l'incendie, Pierre Lemaître

Ourdir une vengeance sur le long cours n’est pas chose aisée. Tarantino en a d’ailleurs fait un superbe long métrage, scindé en deux volumes, j’ai nommé Kill Bill. Madeleine Péricourt est bien loin de l’image pop culture de la Mariée, mais le postulat de base reste le même. La femme bafouée rendra la monnaie de sa pièce à ses offenseurs, quoi qu’il en coupe. On ne s’attaque pas au petit d’une louve impunément.

Nous l’avions laissée enceinte dans Au revoir là-haut, en personnage secondaire, effacée, dont la force de caractère nous a pleinement dévoilée au fil des pages. Émancipée de son gourgandin de mari mais coûte que coûte fidèle à son père. C’est en véritable chef de famille que nous la retrouvons dans Couleur de l’Incendie, deuxième opus de la trilogie de Pierre Lemaitre, Les enfants du désastre.

« Février 1927. Après le décès de Marcel Péricourt, sa fille, Madeleine, doit prendre la tête de l’empire financier dont elle est l’héritière. Mais elle a un fils, Paul, qui d’un geste inattendu et tragique va la placer sur le chemin de la ruine et du déclassement.
Face à l’adversité des hommes, à la corruption de son milieu et à l’ambition de son entourage, Madeleine devra mettre tout en œuvre pour survivre et reconstruire sa vie. Tâche d’autant plus difficile dans une France qui observe, impuissante, les premières couleurs de l’incendie qui va ravager l’Europe
« 

1927. La France continue a panser les douloureuses blessures infligées par cette guerre mortifère qu’a été la Première Guerre Mondiale. Le peuple gronde. Une économie nouvelle se dessine. A ce chaos national, va s’ajouter le naufrage de la famille Péricourt. Un décès. Une chute aux conséquences tragiques. La ruine et le déclassement. Ces trois événements n’ont rien et tout à voir à la fois, car il concerne une femme, Madeleine Péricourt, qui en un battement de cil voit son monde s’effondrer.

1933. Six ans ont passé. La facisme monte en Italie et en Allemagne. La France est vue comme une ennemie. Le peuple assommée de taxe se soulève et bat le pavé pour survivre. La colère de Madeleine est intacte, froide, calculée. Les masques sont tombées et la vérité est sue. Elle fera payer aux trois hommes les conséquences de leurs actes, et de leurs agissements qu’ils croient aux dessus des lois.

Nous assistons à une intrigue finement menée, tel un roman d’espionnage, doublée d’un cour d’Histoire, au sein d’une Europe en proie à des mutations sociétales et sociales, qui déboucheront sur la Seconde Guerre Mondiale. Au fil des pages de Couleurs de l’incendie, Pierre Lemaitre avec un talent de conteur hors pair, nous fait revivre les prémices de cet incendie qui a ravagé l’Europe – et le Monde – avec une violence sans précédant.

Bonne lecture à vous !

Couleurs de l’incendie de Pierre Lemaitre est disponible aux éditions Le Livre de Poche