Tu veux être mon amoureux ?

Feel Good

Amoureux : (nom masculin) qui éprouve de l’amour, qui aime. Désigne également sa douce moitié dans les cours de maternelle et de primaires; sur des critères aussi originaux que divers. Et en un sens, l’amour devrait rester aussi simple, dénué de fioriture en grandissant, cela éviterai bien des tracas.

Tu n’es pas belle, tu es pire, Morgane Pellennec

La Saint Valentin. Journée de l’amour qui déchaine les passions et les points de vues. Pour ma part, cette journée a toujours eu une autre signification. Le jour d’anniversaire de mon grand père. Et même s’il n’est plus, je suis heureuse d’avoir cette journée pour me le rappeler encore un peu plus. Surtout ne pas l’oublier.

La Saint Valentin. Seule journée de l’année malgré tout où j’assume mon côté romantique, voire cucul la praline. Le reste de l’année, il est refoulé bien loin je l’avoue. Cette année encore, j’ai eu la chance de la passer bien entourée, d’autant plus que des déclarations en tous genres sont venues se mêler à la fête. Celles du recueil de Morgane Pellenec, tu n’es pas belle, tu es pire. « En fouillant dans sa boîte à souvenirs, Morgane Pellennec a retrouvé un trésor qu’elle avait presque oublié. Une lettre envoyée par son premier amour de colonie de vacances. Le petit mot était drôle, touchant, un peu absurde. Elle s’est alors demandé quelles perles pouvaient bien contenir les boîtes à souvenirs des autres, et en a finalement récolté près d’une centaine ! Ce livre rassemble ces mots d’amours d’enfants et les souvenirs qui les accompagnent.  « 

Dès les premières pages, je me suis retrouvée propulsée des années en arrière, à force de papier à lettres Diddle, de mots griffonnés en cours et passés à la barbe des professeurs ou encore des mots échangés sur les agendas et autres cahiers de textes. J’ai lu chaque déclarations et souvenirs avec une certaine nostalgie. J’ai aimé les déclarations enflammées des bouts de choux de sept ans, plein de ferveur dans leurs mots et leurs sentiments. J’ai aimé cette polygamie assumée, ces phrases qui s’enchainent, sans queue ni tête parfois. Cette politesse dans ces demandes en mariage et autres projets d’avenir au long cours.

J’ai souri, j’ai ri. Je me suis souvenue. De mes premiers coups de cœur, de mes premières amourettes, de mes premiers émois, de mon premier amour. De cette bascule qui s’effectue, quand la simplicité fait place à la pudeur, quand les sentiments commencent à nous faire peur. De ce naturel déconcertant propre à l’enfance qui nous quitte du jour en lendemain sans nous prévenir.

A l’heure de l’amour consommable et jetable, lire ce recueil de (jolis) mots d’enfants m’a fait un bien fou, et je ne saurai trop vous conseiller de vous y réfugier, ou de l’offrir, en bref de savourer Tu n’es pas belle, tu es pire de Morgane Pellennec.

Belle lecture à vous !

Tu n’es pas belle, tu es pire de Morgane Pellennec est disponible aux éditions Albin Michel

Trois mariages

Feel Good

Mariage : (nom masculin) Union de deux personnes, qui théoriquement s’aiment inconditionnellement. Cette union devient alors un état, un projet de vie à deux, ponctués de bonheur et d’aléas, d’imprévus et de routine. Si l’amour dure trois ans pour certain, (mais peut être est ce la passion), comment le mariage peut il être dans ce cas un contrat à durée indéterminée ? Vous avez quatre heures.

L’embarras du choix, Laure Manel

Faire un choix. Ce dilemme quotidien s’impose à tous je crois. Quelle tenue vais je mettre ce matin ? Sachant que je vais devoir marcher voire courir, après le métro mais enchainer sur une journée de présentations au bureau ? Certes cet exemple relève de l’utopie sachant que l’uniforme depuis un an se révèle être un parfait combo de vêtements doudou qui de loin, s’apparentent à un prolongement de couette. Vais je emprunter ce charmant chemin boisé durant mon footing ? Sachant que si je me perds je risque à nouveau d’entamer une nouvelle course, en Uber cette fois, pour me ramener dans la civilisation. Un verre de Chablis ? Bon ok, dans ce cas la question est purement théorique. Vous aurez compris l’idée.

Faire un choix. Renoncer en d’autres termes, pour les plus pessimistes d’entre nous. Je rentre clairement dans la catégorie verre à moitié vide, nihiliste dans l’âme, envers et contre tous. Faire un choix ne m’a jamais vraiment poser de problèmes. Même si cela est synonyme d’échecs. Même si cela remet une vie en question, parfois pour le meilleur.

Faire un choix. A la question tant attendue par certains, dire oui sans trembler. Etre sûr de soi, de l’autre, et savoir que l’on choisit un avenir radieux, couvé des yeux d’une assemblée qui retient son souffle d’un seul homme, en attendant cette évidence réponse. Qui tarde à venir dans le cas d’Emma, l’héroïne de Laure Manel dans l’Embarras du choix, qui voit défiler trois versions de sa vie future, trois versions désenchantées, désabusées. Trois versions qui feraient définitivement de son choix un renoncement. « Vous êtes-vous déjà retrouvé confronté à des choix qui peuvent déterminer votre vie ? Une demande en mariage, par exemple. Prenons Emma. La pétillante Emma est devant l’autel, sur le point de dire  » oui  » à Julien. À cet instant fatidique où toute l’assemblée est suspendue à ses lèvres dans l’attente du précieux sésame, pour le meilleur et pour le pire. Mais il suffit d’un microscopique contretemps pour que l’hésitation s’engouffre dans l’esprit de la future mariée et la projette soudain dans une vie parallèle, entre oui et non. Ce film intérieur dont elle est l’héroïne lui apportera-t-il la réponse à la question que le prêtre vient de poser ? »

Bien que bourrée de qualité, ma meilleure amie a ce défaut qu’est l’indécision. Ainsi nous avons passés de longues heures au restaurant attendre qu’elle décortique la carte, tandis que le Sheldon Cooper que je suis, monomaniaque à souhait savait déjà ce qu’elle mangerait avant de fouler l’entrée. C’est alors qu’après avoir visionnée Just Married avec Julia Roberts, je l’imaginais chausser de basket le jour de son mariage, prête à prendre la poudre d’escampette au moindre instant. Je trouve toujours cette idée cocasse, sachant que si ce jour venait à arriver, elle serait aisément chausser de Converses sous sa robe.

Un mariage. Une femme sur le point de s’unir à homme pour le reste de leur vie, par ce simple mot, oui. Pendant que l’imagination de la marié vagabonde dans trois futurs possibles – si elle embrasse son mariage, trois scenarios qui se muent inévitablement par une séparation voire un adultère – les pensées des invités s’entrechoquent. Quand l’une joue ses possibles vies, les autres posent un regard placide et clinique sur la leur. Mille histoires se jouent au sein de cette assemblée, qui n’est que de façade à la fête. Quant au marié, faut il lui laisser voix au chapitre ?

J’ai passé un bon moment au côté d’Emma et de ces états d’âmes, qui ont fait écho à Histoires d’@, autre roman de Laure Manel. Aux autres liaisons dangereuses, et et questionnements quant à la place de l’amour et de la passion dans le couple. Après 3 ans, après 7 ans , après 23 ans. Et cela finit mal, en général.

Bonne lecture à vous !

L’embarras du choix de Laure Manel est disponible aux éditions du livre de poche.

Ben et Eric

Thriller psychologique

Fraternité : (nom féminin) sentiment profond, lien existant entre personnes de la même famille ou se considérant comme tel. Toutefois, bien que de la même famille certains frères peuvent se sentir des étrangers l’un pour l’autre, allant parfois même se détester.

Bad Man, Dathan Auerbach

Plus jeune, j’ai eu ce qu’on pourrait appeler des phases de lecture. Pour ne pas dire que j’étais légèrement monomaniaque. Je le suis toujours. Quand j’habitais à Paris, boire un verre au café Mabillon, jouxtant le métro et la rue susnommée était un jeu qui plaisait. Après avoir lu la quasi totalité des Agatha Christie, je me suis ainsi tournée vers le maître de l’épouvante sur papier glacé, j’ai nommé Stephen King.

Autant je suis imperméable aux films d’horreurs, m’endormant allégrement devant la scène qui glace le sang de toute personne normalement constitué, autant lire King me procurait un frisson, une angoisse, au fur et à mesure que je tournais les pages. Cujo, en tête, ayant déjà une peur bleue du meilleur ami de l’homme au quotidien. Le Fléau, ayant contracté en pleine pandémie les symptômes avant coureur d’une fin précoce, à savoir ceux du rhume. Pour finir Shining, et cet solitude ouatée angoissante, ce monde parallèle qui attend en tapinois le moindre signe de faiblesse.

Shining donc, et son adaptation magistrale par l’un des maître du cinéma, cet art à mes yeux complémentaire à la littérature, j’ai nommé Kubrick. Alors quand le bandeau promotionnel vend « Shining au supermarché » sur une couverture à la plus que sombre sobriété, je me laisse tenter. C’est ainsi qu’à commencer mon aventure avec le Bad Man de Dathan Auerbach. « On dit qu’après quarante-huit heures, les chances de retrouver une personne disparue sont quasi nulles. Deux jours pour ratisser les bois alentour, frapper à toutes les portes, remuer ciel et terre. Passé ce délai, l’espoir n’est plus permis. Eric, trois ans, a disparu il y a cinq ans. Peu à peu, les affichettes ont jauni, les policiers se sont désintéressés de l’affaire, la vie a repris son cours dans cette petite ville désaffectée de Floride. Pas pour Ben, le grand frère de la victime. Qui ne s’est jamais remis du drame. Qui a vu sa famille sombrer. Mais qui n’a jamais cessé ses recherches. »

Un supermarché comme point de départ. Une disparition d’enfant. Un grand frère responsable d’avoir détourné le regard. Ben perd Eric, son cadet âgé de trois ans. Le rideau se lève cinq ans plus tard, le décor reste le même, le mystère entier. Le supermarché comme lieu du drame, où tous les possibles s’offrent à nous. Un supermarché la nuit, vide et silencieux, comme lieu de l’action, dont on connaît par cœur le plan à force d’y trainer les pieds bon an mal an. Lieu qui crée malgré lui une tension. Une sort de huis clos, entre conserves et bouteilles de lait. Des indices semés aux comptes gouttes, qui donnent un espoir incertain, celui de retrouver cet enfant perdu. Une galerie de personnages troubles et hors normes. Qui sème des mensonges ? Qui dit vrai ? le doute est permis, et l’opacité se fait de plus en plus dense autour de Ben.

Mais, j’ai été déçue. Déçue par un dénouement d’intrigue qui ne m’a pas plu. Je suis TRES exigeante en termes de résolution. Seul Poirot peut se permettre de garder pour lui des indices dans son chapeau, melon au demeurant. Je m’attendais en outre à voire sauter derrière les rayons des monstres et autres créatures malfaisantes. Que le suspens établi soit plus tangible.

La principale raison de mon attachement à l’intrigue est triviale et personnelle. Les prénoms des frères sont ceux de deux frères d’armes, amis d’enfance, de mon cercle. Cela m’a fait sourire. Et a bien évidemment été partagé aux principaux intéressés. Les deux premiers tiers du roman m’ont tenue en haleine, puis l’ennui s’est invité. Bad Man d’Anton Auerbach a souffert de ma sédentarité et de mon manque d’entrain du moment. Ainsi que d’une publicité mensongère qui le dessert même avant d’entamer la lecture.

Malgré tout, bonne lecture à vous !

Bad Man d’Anton Auerbach est disponible aux éditions 10/18