Love Rhapsody

Feel Good

Rhapsodie : (Nom féminin) Poème ou partie de poème contenant un épisode épique, spécialement emprunté aux poèmes homériques. Car oui l’Amour peut  se transformer en épopée, on se bat et c’est beau, même si ça blesse parfois. Mais quel intérêt y-a-t-il à vivre si on ne prend pas quelques risques parfois.

Amours Solitaires, Morgane Ortin

All you need is love, love is all you need (The Beatles)

Avant toutes choses, laissez moi vous expliquer ce titre abscons. Il fait référence non pas à mon groupe préféré depuis que je suis toute petite (même si je n’ai pas beaucoup grandi depuis) – Queen si vous n’aviez pas trouvé – , mais au titre Brandt Rhapsody de Benjamin Biolay. Et surtout à ce bel échange : »J’ai passé une nuit délicieuse // Même si j’ai un peu la migraine//Tu es belle quand t’es odieuse //Je te dis à dans une semaine« . Oui je radote quelque peu. Mais cette chanson a quelque chose de vraie. Et les sentiments se disent et se vivent par répondeurs interposés. Une sorte d’ode à l’amour 2.0.

J’ai découvert le compte Instagram Amours Solitaires un peu par hasard. Mais ce fut le coup de foudre immédiat. Des morceaux d’histoires, de passions, de pauses que des amoureux de l’amour se sont échangés dans l’attente d’une réponse ou juste par beauté du geste. Bienvenue dans les échanges épistolaires 2.0. Qui nous rappellent que l’amour est ce dont nous avons besoin, plus que tout. Et ce n’est pas cette période de l’année qui va me contredire. Plus que quelques jours pour pouvoir visionner en boucle Love Actually et The Holiday ! J’attends le 1er décembre pour succomber à la frénésie de Noël. Après cette date, je ne réponds de rien pendant un mois.

Morgane Ortin est la personne derrière ce recueil de messages, la tête pensante et le cœur vivant d’Amours Solitaires. Certains viennent d’elles, d’autres de contributeurs doués de jolis mots pour écrire leurs sentiments qui le sont plus encore. Son idée la plus géniale a été d’en faire un roman. Une histoire d’amour dont les messages sont échos de la vraie vie et des moments de partage. Pour les néophytes, je vous laisse découvrir le quatrième de couverture : « Autrefois, les amoureux échangeaient des lettres. Aujourd’hui, ils s’envoient des textos. La poésie n’a pas disparu entre temps. Depuis qu’elle a créé le compte Instagram Amours Solitaires, Morgane Ortin a recueilli des milliers de conversations intimes d’amoureux anonymes. Des mots doux, des mots crus, exaltés, érotiques, simples, drôles, sensuels, habiles, piquants. Elle en a sélectionné 278 pour composer l’histoire d’amour que vous vous apprêtez à lire. Une histoire que l’on pourrait introduire comme suit : des amours, il en a connu avant. Elle en a vu passer aussi. Ce livre raconte le leur. Celui qui tombe comme un couperet, ici et maintenant. »

J’ai littéralement englouti Amours Solitaires. J’ai aimé cette histoire, qui débute timidement sur des doutes, une fêlure, un manque de confiance en soi, en l’autre. Rassurez-vous, ce n’est pas la partie que j’ai préféré mais elle est souvent intrinsèque aux nouvelles histoires. En tous cas, elle l’était aux miennes. Puis la passion et la naissance du sentiment amoureux. Et surtout, ces mots pour en parler. La beauté de ces mots, ces phrases et même de ces silences. J’ai vécu ma lecture, eu mal au ventre, les larmes aux yeux, pour finalement la reposer sereine et heureuse.

A l’instar des romans / recueils épistolaires plus traditionnels, la date a son importance. Ici, au regard de l’instantanéité des échanges, l’heure en a encore plus. On en devine une urgence, une impatience. Mais également des moments volés, des moments vécus. En bref, une histoire d’amour actuelle, belle, inconditionnelle.

Je ne saurai trop vous conseiller d’offrir ou de vous faire offrir ce superbe roman pour les fêtes, il vous mettra du baume au cœur et vous fera vivre une histoire épique digne de Roméo et Juliette. Plus belle histoire d’amour s’il en est, à mes yeux tout du moins.

Belle lecture à vous ! 🎈

Amours Solitaires de Morgane Ortin est disponible aux Éditions Albin Michel. Vous pouvez également consulter son compte Instagram, Amours Solitaires.

L’effet papillon

Non classé

Effet papillon : (Locution) chaîne d’événements qui se suivent les uns les autres et dont le précédent influe sur le suivant. Ou les films d’Alejandro Gonzales Iñarritu (hormis Birdman, qui n’en est pas moins excellent).

La Tresse, de Laetitia Colombani

D’aussi loin que je me souvienne, le septième art est pour moi la quintessence de l’art moderne. On peut y exprimer visuellement des sentiments complexes et peu aisés. On peut aussi assister à des chuchotis navrants (coucou le festival de Cannes), mais globalement la notion d’art est bien réelle, puisque subjective après tout !

J’ai découvert un artiste hors normes il va y avoir une dizaine d’années désormais, j’ai nommé Alejandro Gonzalez Iñarritu. Avec son film Babel, le troisième de sa filmographie après Amours Chiennes et 21 Grammes, il nous livre un film choral et poignant. Comment un coup de feu tiré au Maroc peut influer sur des vies aux États Unis et au Japon. L’effet papillon dans toute sa splendeur. C’est donc tout naturellement que j’ai pensé à ce film tout au long de ma lecture de La Tresse, de Laetitia Colombani.

Je me suis intéressée à cet ouvrage sur les bons conseils de ma Tatie. Pourtant, après achat, il est longtemps resté traîner sur ma table de chevet, sans que je ne m’y intéresse vraiment. J’ai enfin franchi le pas et l’ai dévoré en une journée. Je vous livre les quelques lignes du quatrième de couverture, afin que vous puissiez vous faire votre propre opinion : « Inde. Smita est une Intouchable. Elle rêve de voir sa fille échapper à sa condition misérable et entrer à l’école.
Sicile. Giulia travaille dans l’atelier de son père. Lorsqu’il est victime d’un accident, elle découvre que l’entreprise familiale est ruinée.
Canada. Sarah, avocate réputée, va être promue à la tête de son cabinet quand elle apprend qu’elle est gravement malade.
Liées sans le savoir par ce qu’elles ont de plus intime et de plus singulier, Smita, Giulia et Sarah refusent le sort qui leur est réservé et décident de se battre. Vibrantes d’humanité, leurs histoires tissent une tresse d’espoir et de solidarité.
Trois femmes, trois vies, trois continents. Une même soif de liberté.
 »

Trois femmes, trois pays, trois destins. Elles ne se rencontreront à aucun moment et ne sauront pas quels sont les tourments des unes et des autres. Trois vies malmenées, trois cœurs brisés qui vont faire front face à l’adversité. Trois femmes que tout oppose mais pourtant si proches, malgré elles. Trois forces de la nature qui nous donnent une belle leçon de vie. L’espoir malgré tout. L’espoir contre tout. Se sentir enfin libre et pourvoir vivre pleinement.

Ce roman m’a bouleversée autant qu’il m’a fait me questionner. Tant sur la condition humaine que sur la place de la Femme, des femmes dans la société. Vivant dans un pays de droits, nous avons tendance à oublier que nous sommes privilégiées de bien des manières. Même si cela paraît anodin, surtout parce que c’est notre quotidien.

Je ne saurai que vous conseiller ce bel ouvrage, dont les mots sont savamment pesés et posés, joliment maniés dans ce texte où point l’espoir malgré tout.

Belle lecture à vous ! 🎈

La Tresse de Laetitia Colombani est disponible aux Éditions Livre de Poche.

Une jolie fable

Feel Good

Fable : (nom féminin) récit en vers d’où l’on tire une morale. Les plus connues sont celles de Jean de La Fontaine, bien que leur lecture soit différente à l’âge adulte. Il ne fait pas toujours bon de grandir je vous le dis.

Am Stram Gram, ce sera toi que me plairas ! de Catherine Rose Barbieri

Pour ne pas heurter la sensibilité des plus jeunes, mon verre à la Olivia Pope est hors champs.

Catherine Ringer a un jour chanté sur un rythme endiablé de Fred Chichin, que les histoires d’amour finissaient mal, en général. Je me plais à lui donner tort, au détour de films, de la littérature et plus particulièrement dans la vraie vie.  Étant une grande romantique à mon corps défendant, je me suis toujours plu à lire des scénarios improbables sur de possibles rencontres, d‘histoires d’amour qui débutent de manière farfelue, dont les quiproquos mènent aux doutes mais qui finissent sur une note joyeuse.

Quelle n’a pas été ma surprise de découvrir qu’Am Stram Gram ce sera toi qui me plairas de Catherie-Rose Barbieri contenait la parfaite recette qui répondrait à toutes mes attentes en la matière, même les plus loufoques.

Ce livre, je l’ai découvert sur les réseaux sociaux. Pas un jour sans que je ne voie cette couverture accompagnée de critiques dithyrambiques. Prise d’un besoin compulsif, j’achetai le livre sans consulter le quatrième de couverture. Je commence à vivre dangereusement, je crois bien. Mais dans ma grande bonté, je vous le fais découvrir malgré tout : « Camille bosse dans une grosse boîte. Elle n’a pas d’attachement particulier pour son boulot. Ni pour ses collègues. Ni pour grand monde, d’ailleurs, si ce n’est pour son amie Anna et son voisin de palier septuagénaire, Monsieur Lambert. Dans son appartement, chaque soir, elle s’évade en dévorant films, séries et livres, du moins quand elle ne peste pas contre la piètre isolation phonique au sein de l’immeuble, et notamment contre son voisin du dessus, aux mœurs mystérieuses et certainement dissolues. Et puis un jour, au travail, elle trouve un courrier inattendu dans sa boîte mail… Inattendu et anonyme. Commence alors un jeu de piste improbable pour en démasquer l’auteur, qui va forcer Camille à ne plus seulement croiser les gens sans les voir, mais à prendre le temps de les regarder et parfois même de les apprécier. Entre situations burlesques et malentendus, la jeune femme apprendra à dépasser ses préjugés pour enfin décider de la suite de sa vie, réparer ses erreurs et peut-être même tomber amoureuse… ? »

J’ai adoré le postulat de base de cette histoire, à savoir que Cupidon est bel et bien vivant, et qu’il prend la forme d’un corbeau, plutôt que d’un angelot rubicon. Pas de méprise, je ne me passionne pas pour la découpe et le collage des journaux. Mais qui n’a jamais rêvé de recevoir une jolie déclaration ? Signée ou pas, je trouve le geste chevaleresque. Si cela m’était arrivé, je crois que je me serai laissée embarquer dans cette folle aventure. Mais avec ma chance légendaire, je serais certainement tombée sur un bizarre…. amateur de lettres découpées. CQFD.

Nous assistons à un effet papillon, à double niveau sur notre nouvelle amie, Camille. Un courriel qui aurait pu rester lettre morte va déclencher un certain nombre de réactions en chaîne, qui vont permettre à Camille de sortir de chrysalide et de basculer avec perte et fracas dans l’âge adulte. Elle va réussir à panser un passé douloureux avec intelligence et surtout beaucoup de cœur.

Sitôt la lecture d’Am Stram Gram […] commencé, on ne peut facilement s’en défaire. La temporalité joue beaucoup. Nous vivons au rythme de l’héroïne sur une dizaine de jours. Nous vivons ses rencontres, et forgeons de nouvelles amitiés, voyons naître un coup de cœur… Autant cette dernière allait gentiment au coucher, autant moi, je ne peux en dire autant, voulant à tout prix savoir ce qui se passerait après. C’est le cœur gros malgré tout que j’ai lu le mot fin. Un goût de trop peu à mes yeux.

Catherine-Rose Barbieri signe un très joli premier roman, addictif et tellement doux, un vrai morceau de caramel au beurre salé, qui nous redonne envie d’y goûter rapidement.  Je n’aurai qu’un mot, vivement le prochain !

Belle lecture à vous ! 🎈

Am, Stram, Gram … Ce sera toi qui me plairas ! de Catherine-Rose Barbieri est disposnible aux Editions Eyrolles.