Les petites robes noires

Feel Good

« On vend ce qu’on veut, lorsqu’on sait vendre ! Notre triomphe est là. » extrait d‘Au bonheur des dames d’Emile Zola. Cette citation résume parfaitement la ruche hors du temps, bulle suspendu de luxe et de volupté que représentaient les Grands Magasins. A l’heure du prêt à porter, se vêtir ne revêt plus du luxe mais de l’usuel et cette magie a quelque peu disparu. Les Grands Magasins étant devenus des boutiques comme les autres, accessibles à tous. Quoique les vitrines des Galeries – surtout à cette période – me font toujours rêver.

Les petites robes noires, Madeleine St John

Il est rare de par mes lectures que je parte à la conquête de l’Australie, ou alors comme c’est le cas ici, dans un univers feutré dont le décor pourrait être tout autre pays après guerre. A l’exception de la France qui se place en parangon de la mode, avec les belles maisons qu’étaient – que sont toujours – Dior et Chanel, entre autre.

J’avais besoin d’évasion, et fait étrange, c’est enfermée, et entourée de robes, que mon imagination a pris son envol. C’est ainsi que je me suis laissée portée par la plume de Madeleine St John et ses petites robes noires : »1959. Au deuxième étage du grand magasin F.G. Goode’s de Sidney, des jeunes femmes vêtues de petites robes noires s’agitent avant le rush de Noël. Parmi elles, Fay, à la recherche du grand amour ; l’exubérante Magda, une Slovène qui règne sur les prestigieux Modèles Haute Couture ; Lisa, affectée au rayon Robes de cocktail, où elle compte bien rester en attendant ses résultats d’entrée à l’université… Dans le secret d’une cabine d’essayage ou le temps d’un achat, les langues se délient, les vies et les rêves des vendeuses se dévoilent« 

Nous voilà dans un huis clos qui donne la part belle aux femmes, uniformément de noir vêtu, qui se plaisent à imaginer la vie de celles qui partagent les allées du grand magasin, au rythme des saisons. Des vies imaginées, des désirs supputés, des jugements émis en sourdine, dans une valse incessante de tissus et paquets.

Quatre destins, de femmes qui se détachent, n’ayant en commun que le Goode’s. La femme mariée malheureuse dans son ménage et sa routine, enviant et jalousant la célibataire aux multiples conquêtes. Qui n’aspire qu’à trouver l’amour et être heureuse, en comprenant et apprenant peu à peu que la vie peut être belle grâce à l’art et à la lecture. Celles d’une jeune stagiaire brillante. Qui va trouver en l’exubérante européenne le pygmalion dont elle avait besoin pour éclore.

Quatre destins de femmes, si différentes mais intimement liées par leurs petites robes noires, qui n’aspirent qu’à une seule chose, être heureuses malgré tout. Etre heureuses malgré les hommes parfois non éclairés et peu dégourdis qui les entourent. On sent l’indépendance poindre, la révolution comme portée par un charmant vent européen.

J’ai passé un très bon moment de lecture avec Madeleine St John et son roman de mœurs qu’est Les Petites Robes Noires. A offrir sans hésiter en cadeau de dernière minute. La petite robe noire a cela de parfait qu’elle ne se démodera jamais.

Bonne lecture à vous !

Les petites robes noires de Madeleine St John est disponible aux éditions Le livre de Poche

2 réflexions sur “Les petites robes noires

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