Trois petits tours et puis s’en vont

Feel Good

Ritournelle : (nom féminin) au sens figuré, ce que l’on répète continuellement. Une sorte de radotage dans un sens. Mais il me semble que je souffre déjà de ce mal, lorsque je retrouve mes vieux amis. 

Trois baisers, Katherine PancolIl y a des lieux, des saveurs, propres à l’enfance, qui ont ce goût de madeleine de Proust. En grandissant, on essaie de retrouver ses souvenirs, qui ont souvent été amplifiés dans notre subconscient, au fil des années. Parfois il arrive de retourner dans nos pas antérieurs, mais pour ma part, cela vire souvent au fiasco. J’exagère peut être mais j’ai grandi depuis, mes goûts se sont affinés. De fait, les lieux me semblent plus exiguës, les goûts plus sûrs ou plus fades. Je crois que certaines choses doivent rester en mémoire plutôt que d’être à nouveau vécues. Ainsi remanger un savane de Papi Brossard n’a pas été la plus brillante idée de cette année.

Il va y avoir dix ans que j’ai croisé le chemin de Katherine Pancol avec Les Yeux Jaunes des crocodiles, et je crois que j’ai eu un coup de foudre pour cette plume métaphorique aux envolées lyriques impossibles. J’ai été séduite par les personnages forts, que ce soit par leurs forts caractères ou par l’absence de ce dernier, par leur métier insolite ou par leur valeur familiale contradictoire. J’ai suivi les aventures de ses protagonistes pendant six tomes et il me tardait de les retrouver dans Trois Baisers.

«Trois baisers, Trois baisers et l’homme caracole, libre, flamboyant, crachant du feu et des étoiles. Ses sens s’affolent, il voit mille lucioles, des pains d’épices, des incendies »

Je suis sortie assez pantoise de cette dernière lecture. Déçue par les personnages. Que j’ai trouvés au final plats, et sans trop de saveur, comme un plat qu’on aurait trop réchauffé. Quelques épices ajoutées à la va vite mais qui ne donnent pas vraiment de liant. Pardonnez moi cette métaphore culinaire mais je me suis mise à cuisiner depuis peu. Les conséquences joyeuses de mon entrée dans la trentaine. Déçue également par la prose, trop alambiquée par moment, et qui m’a fait perdre le fil d’Ariane de cette histoire de famille atypique, tantôt riante, souvent sordide. Je me plais à croire que toutes les familles ne sont pas aussi dysfonctionnelles et intrinsèquement malheureuses.

Si comme moi vous avez été happés par « la valse lente » des protagonistes lors de vos précédentes lectures, ne passez pas votre tour, vous serez peut être moins critiques que moi, qui peine à trouver une lecture vraiment réjouissante ces dernières semaines.

Bonne lecture à vous ! 🎈

Trois baisers de Katherine Pancol est disponible aux éditions Livre de Poche, ainsi que les 6 précédents opus, que sont Les Yeux jaunes des crocodiles, La Valse lente des tortues, Les Écureuils de Central Park sont tristes le lundi ainsi que la trilogie Muchachas.

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