Une épopée chimérique

Feel Good

Chimère : (Nom féminin) monstre imaginaire, à la tête de lions et queue de dragon, qui crache des flammes. // idées sans rapports avec la réalité. Les deux définitions se valent pour cette histoire à deux niveaux.

Garçon, un café et le Roi Lion !

Je vous ai déjà parlé d’Eric Metzger, il y a quelques semaines, enfin surtout de son précédant roman Adolphe a disparu. Je récidive aujourd’hui pour vous parler du petit dernier, qui a bientôt un an – que le temps passe vite – j’ai nommé Les Orphée.

Drôle de titre s’il en est. Je l’ai immédiatement associé au dernier des douze travaux d’Hercule, qu’est la descente aux enfers. Je vous l’accorde, le lien est ténu mais mes cours sur la mythologie grecque et romaine datant du collège, je suis toute excusée.

Mais Orphée dans tout cela me direz vous. Il est bien descendu aux Enfers , et après avoir endormi Cerbère, a pu rencontrer Hades et Persephone pour sauver son Eurydice. Pour ce faire, il ne devait pas se retourner avant d’être sur la terre ferme. Chose qu’il fit pourtant et il perdit Eurydice à jamais. Noir destin que celui d’Orphee de perdre par deux fois son aimée.

Le titre du roman ne fait pas état d’un, mais de plusieurs Orphée. Le quatrième de couverture nous aiguille un peu plus : « Un jour, Louis, trentenaire à la vie monotone, achète un vieux téléphone dans une brocante. Une fois chez lui, alors qu’il s’amuse à le tester, Louis découvre que son nouvel appareil est en réalité une machine à téléphoner dans le passé. Grâce à celle-ci, il parvient à joindre son père, pourtant défunt depuis des années. Le téléphone pourra-t-il empêcher la disparition de ce dernier ? Un soir, Orphée décide de partir à la recherche d’Eurydice. Malheureusement, il ne connaît rien d’elle, ne sait pas du tout à quoi elle ressemble : elle est un fantasme impossible, une lumière au bout d’un couloir sans fin. Tout ce qu’il espère finalement, c’est qu’une fois dans ses bras, il trouvera enfin la paix. L’enfer d’Orphée, c’est la nuit, les soirées, l’alcool, les souvenirs. Il l’arpente, guidé par le fidèle Virgile, et dévore les cercles nocturnes les uns après les autres, remplis de nymphes et de démons : Eurydice, où es-tu ? Louis et Orphée, le jour et la nuit, chacun poursuivant une chimère. Jusqu’où la folie peut-elle les conduire ?« 

Les chapitres alternent la vie de jour de Louis, trentenaire parisien qui perd peu à peu pied avec la réalité, suite à l’achat d’un téléphone. Ce dernier pense pouvoir sauver feu son père. Ou est-ce son deuil qu’il devrait entamer ? Au fil des pages diurnes, il s’isole de tous, de son travail, de ses amis, de sa compagne. Et la nuit, avec Orphée qui cherche son Eurydice dans les cercles de l’Enfer. Il descend au fil de ses péripéties nocturnes un peu plus profondément, et ne rencontre que la fange des bas fonds. J’aime bien cette métaphore filée faite sur les soirées parisiennes, elle est si vraie. On perd son maquillage, et sa dignité, au fil des heures passées. Cela pourrait être pire, on pourrait y perdre notre humanité comme Orphée.

On se perd dans les méandres de l’esprit et de la nuit. La porosité entre le réel et l’imaginaire se fait de plus en plus forte au fil des pages, des jours, des nuits. Jusqu’au climax. Louis et Orphée, Orphée et Louis.

Avec Les Orphée, Éric Metzger nous offre un troisième roman bien écrit et plein de jolies références. Nous continuons à chercher l’âme et le sens de vie de ces trentenaires damnés. Et je dois avouer que cela me plaît , de par certains aspects, me retrouver en eux.

Belle lecture à vous ! 🎈

Les Orphée d’Eric Metzger est disponible aux éditions Gallimard, collection L’Arpenteur

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