Le Tourbillon de La Vie

2018, Rentree Litteraire

Solitude : (Nom féminin) état de se retrouver sans compagnie, coupé des autres. Cela peut être choisi ou subi. Laquelle est la plus salvatrice ? Je ne saurai vraiment dire.

C’est ce roux là que je voulais !!

Je pense que cela doit être une réminiscence de ma seule et unique année à la fac, mais la rentrée se passe en octobre dans mon esprit ! De fait, ce n’est absolument pas en retard que je m’intéresse à la Rentrée Littéraire. Vous ai-je déjà dit que je pouvais être un parangon de mauvaise foi ? C’est désormais chose faite.

La vraie raison de cette procrastination est que je n’aime pas trop « les romans de la réalité », froids, cliniciens qui dépeignent la société et nous laissent vidés de toute positivité.

J’ai mis du temps à franchir le cap, mais mon premier choix s’est posé sur le roman de Carole Fives, surtout grâce à la couverture. Je trouve cette photographie subjuguante et pleine de poésie, un appel à l’imagination. N’est ce pas l’un des buts de l’art après tout? Le quatrième de couverture m’a toutefois laissée quelques réserves. L’impression de voir Dr Jekyll et de lire Mr Hyde : « Et l’enfant ? Il dort, il dort. Que peut-il faire d’autre ? » Une jeune mère célibataire s’occupe de son fils de deux ans. Du matin au soir, sans crèche, sans famille à proximité, sans budget pour une baby-sitter, ils vivent une relation fusionnelle. Pour échapper à l’étouffement, la mère s’autorise à fuguer certaines nuits. A quelques mètres de l’appartement d’abord, puis toujours un peu plus loin, toujours un peu plus tard, à la poursuite d’un semblant de légèreté. Comme la chèvre de Monsieur Seguin, elle tire sur la corde, mais pour combien de temps encore ? « 

J’avais peur que ce roman soit trop dans le pathos, trop dans le jugement. Cela a été une première surprise agréable. Carole Fives décrit un quotidien de mère célibataire en galère, que ce soit émotionnelle ou financière. Mais elle le fait avec détachement, presque froideur.

La critique est sociétaire. Le jugement vient des autres, que ce soit des institutions, des voisins et d’inconnus sur les forums, ou pire, de ce qu’on imagine que les autres pensent. On lit l’histoire d’une femme qui essaie de passer outre cela, non sans mollesse quant il s’agit de se battre, de construire sa vie avec son enfant, capricieux et perturbé par l’abandon du père.

La comparaison en filigrane de la fille de cette femme avec la chèvre de Monsieur Seguin donne une ampleur dramatique. On s’attend à un dénouement terrible. Il le sera peut être. C’est la vie après tout, nous ne sommes pas dans un conte de fées.

La plume est facile à lire. Je regrette toutefois le postulat suivant, qu’une mère, célibataire ou non d’ailleurs, doit s’oublier pour faire vivre son foyer. Mon avis est relativement mitigé, la rentrée littéraire débute sur une déception.

Belle lecture à vous ! 🎈

Tenir jusqu’à l’aube de Carole Fives est disponible aux éditions Gallimard dans la collection l’Arbalète.

2 réflexions sur “Le Tourbillon de La Vie

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